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ACCOMMODATION DES CELLULES VISUELLES

rouge, tandis que Técart minimum, répondant au retrait le plus marqué, est de quatre dixièmes de [x, c'est-à-dire la longueur d'onde du violet (1), on est tenté d'admettre-que les variations de tension amenées par le jeu des cellules pigmentaires aboutissent k une accoynmodation véritable des parties impressionnables des cellules visuelles aux conditions d'une bonne réception des divers rayons du spectre.

En outre, comme je l'ai constamment soutenu, le mouvement de baisse du pigment autour des bâtonnets et des cônes, s'opérant lentement quand la rétine passe de l'obscurité à la lumière, a un autre but : protéger les parties réceptives des cellules visuelles contre une action lumineuse trop intense en agissant, pour modérer celle-ci, à la façon d'un verre enfumé, et probablement aussi pour leur fournir les éléments de leur réparation continue durant la période de plus grande dépense (2). Le mouvement du pigment ne s'effectue pas, d'ailleurs, uniquement sous l'action directe de la lumière, mais aussi, comme l'a fait voir van Genderen Stort, quand on insole le corps (d'une Grenouille, par ex.), alors que la tête a été maintenue dans l'obscurité. G est dire qu'il s'opère alors en vertu d'un réflexe. La baisse ne se produit non plus qu'àpartir du vert jusqu'au violet : c'est-à-dire pour les rayons du spectre détruisant l'érythropsine et formant desoptogrammes. Quand donc, de quelque façon, l'épithélium pigmenté reçoit le signal de la présence de la lumière dans ces limites de l'étendue du spectre, il fait jouer ses franges et mobilise son pigment de manière à déterminer l'attitude, le déploiement et la tension des segments externes en vue de la réception convenable du choc lumineux, et de façon aussi à en assurer l'impression ménagée.

(1) Voici les longueurs d'onde X dans Tair correspondant aux principales raies du spectre :

Raie B (rouge) X = 0 {i, 6878

— G (rouge). ........ = 0 |i, 6564

— D (jaune) = 0 |i, 5888

— E (vert) !.. = 0 |i, 5260

— F (bleu) = 0 {1, 4843

— G (violet) , . = 0 (i, 4291

— H (violet) , . = 0 ïi, 3928

(2) J*ai exposé cette manière de voir dans mon cours public de la Faculté de Lyon pour la première fois le 30 janvier i882 (25« leçon) et je l'ai toujours soutenue depuis, klle a été reprise avec beaucoup de talent et étayée de faits nouveaux récemment par L. DoR, Tun de mes élèves. Doa (loco citato) fait observer avec raison que la lenteur avec laquelle varient les mouvements du pigment ne permet pas de voir en eux Tagent de transformation des mouvements de Téther en vibrations nerveuses. Une telle hypothèse ne permet pas de comprendre la vision chez les albinos, ni Taccommodation laborieuse, mais cependant réelle, de Tœil à la lumière ambiante quand la pupille a été paralysée par Tésérine ou par Tatropine. Tous les faits observés conduisent, en revanche, à admettre que les mouvements pigmentaires ont pour but une accommodation rétinienne.

ATTITUDES DE REPOS ET D'ACTIVITÉ DBS CELLULES VISUELLES. i !93

Il accorde ainsi àruoisson de chaque vibration lumineuse les segments externes des bâtonnets et aussi ceux des cônes longs. Car, contrairement à ce qu'avait avancé Bqll, la hausse et la baisse du pigment existent aussi bien dans les rétines n'ayant que des cônes que dans celles renfermant à la fois des cônes et des bâtonnets. J'ai constaté le fait positivement chez le Caméléon, dont tous les cônes sont longs et adhérents par leur extrémité périphérique à Tépithélium pigmenté.

cj Tout ceci montre que la zone de la rétine, répondant à la couche des cônes et des bâtonnets engagés dans le chevelu des franges pigmentai res, réalise un dispositif où s'exécutent des variations de tension des segments externes aboutissant à leur mise en état d'attitude réceptive, variable suivant les divers rayons du spectre. Dans la position d'obscurité, les segments externes sont tendue avec leur strjation transversale déployée. L'écart des bandes de cette striation^ répond sensiblement aux longueurs des ondes lumineuses entre le vert et le rouge. Les franges pigmentaires, non contractées, mais élongées par tension élastique entre leurs cellules épithéliales et la limitante externe, peuvent de leur côté vibrer à grande amplitude et petite force. Dans la position d'illumination rétinienne, au contraire, les segments externes sont raccourcis entre l'épithélium pigmenté et la limitante externe par la contraction des franges pigmentaires. Provoqués par voie directe ou réflexe, les mouvements pigmen- j

laires agissent h l'égard des segments externes de la même façon |

(van Genderen Stort). Ceci montre bien que tout ce jeu de pro- j

tection par le pigment à la grande lumière colorée, de dégagement i

des bâtonnets et des cônes à la lumière faible ou monochromatique ■

jaune et rouge, et de variation de l'état des segments externes j

qui lui est liée, sont non seulement favorables, mais abssolu- ;

ment indispensables à la réception des impressions lumineuses |

par les cellules visuelles. Car lorsqu'on a séparé la rétine de Tépi- ;

thélium pigmenté, elle conserve son courant propre, mais la variation j

électrique constante et positive suscitée par le choc lumineux ne se produit plus (J. Dewar et Mac Kendrick). Or la variation électrique, dont le temps perdu est sensiblement égal à celui de la sensation lu mineuse (i), dont Tamplitude diminue et qui finit par s'effacer par la fatigue» qui reparaît enfin quand on a fait reposer suffisamment a robscuritéla rétine électriquement épuisée, signifie que les neui^oïies rétiniens ont reçu des cellules visuelles leur excitation sensorielle. Cette excitation ne leur parvient plus quand l'union des segments externes à répithéliura pigmenté a cessé d'exister. La cellule sensorielle subsiste, mais elle ne peut plus, dès lors, s'adapter à la réception

(1) Ucdixlcmê do aecoude.

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