NEURO-EPITHELIUM AUDITIF ET TERMINAISONS DU NERF ACOUSTIQUE
Le neuro-epit hélium atidiiif àiSère du neuro-épithéliura rétinien en ce qu'il est d'origine tégumentaire, bien que, comme la rétine, il ait pour fonction de recueillir et de rendre perceptible aux nerfs un mouvement vibratoire, et non plus de simples contacts. Il diffère également du neuro'épithélium olfactif en ce que ses cellules sensorielles n'émettent pas de prolongement nerveux comparable aux âbres nerveuses olfactives. Les cellules auditives ne sont donc pas davantage des cellules nerveuses que les cellules sensorielles des bourgeons du goût. Tout comme ces dernières, elles sont mises en relation avec les arborisations terminales des cylindres d'axe d'un nerf sensoriel, le nerf acoustique, sur le trajet duquel on trouve un ganglion particulier, dont la signification morphologique et le développement sont essentiellement comparables à ceux des ganglions des paires rachidiennes. Le neuro-épithélium auditif se différencie dans le revêtement épithélial du labyrinthe membraneux. Le labyrinthe n'est autre chose que la paroi de la vésicule ou ampoule acoustique primitive, extraordinairement modifiée et compliquée par une série de bourgeonnements et de plissements qui, vus au terme du développement, ne permettraient pas d'abord de supposer qu'un tel organe résulte de l'évolution d'une invagination ectoderraique en forme de sac, primitivement comparable de tout point à la cupule, puis à la vésicule cristallinienne, et qui s'est détachée de l'ectoderme tégumentaire de la même façon.
Fosseiteai ei ampoules «ndiiives des invertébrés. — La constitution la plus simple qu'on puisse relever dans la série pour l'épithélium acoustique, est fournie par les fossettes auditives de certaines Méduses fM^ro/ro(?Aa, Tiaropsis), Chaque fossette auditive (1) est une petite cupule ouverte, produite par une simple dépression de l'ectoderme du bord adhérent du « vélum ». L'ectoderme de ces
(1^ 0. et R. Hertwig, Bas Nervensystem u, d. Sinnesorgane d. Medusen, Leipzig, 1878.
ORGANES AUDITIFS DES INVERTÉBRÉS. i2(il
fossettes est formé de deux rangées de cellules superposées. Dans la rangée superficielle, la plupart des cellules épithéliales renferment une petite concrétion : Votolithe. Dans la rangée profonde doublant la ligne des cellules à otolithes, les cellules ectodermiques se sont modifiées. Elles s'allongent comme des sortes de lanières, et leur pôle libre porte des cils ou soies raides — soies acoustiques : ce sont des cellules sensorielles. Les soies acoustiques sont en contact avec la face inférieure convexe des cellules à otolithes. On a donc ici affaire à une simple portion du tégument différenciée pour la fonction senso rielle, mais tendant déjà à se séparer du reste. Chez d^autres espèces, les fossettes auditives deviennent des ampoules auditives par suite du rapprochement et de la clôture de leurs bords. Les cellules à otolithes sont par suite incluses dans l'ampoule (1). Au-dessus d*eUes, c'està-dire du côté de la surface, Tépithélium est formé de cellules cubiques ou plates, Au-dessous d'elles, c'est-à-dire du côté de la portion de <c l'anneau nerveux » doublant à ce niveau Tépithélium, se disposent les cellules sensorielles à soies acoustiques. Une ampoule auditive complète avec tout son dispositif : cellules sensorielles formant une rangée acoustique, cellules épithéliales ordinaires, cellules à otolithes, est de la sorte substituée à la fossette acoustique primitive. En outre, chez les invertébrés et en particulier chez les mollusques, la cavité de l'ampoule acoustique, née comme chez les Méduses d'une invagination de Tectoderme, se remplit d'un liquide particulier : Vendolymphe. Chez les céphalopodes, cette cavité reste unie à la surface tégumentaire par un long canal àépithélium vibratile. L'épithélium qui revêt la surface interne de l'ampoule est formé de deux espèces de cellules : les unes, cubiques, sont en général pourvues de cils qui mettent en vibration l'endolymphe et le ou les otolithes. Les autres, cylindriques, portent des soies raides et répondent à des cellules sensorielles soit isolées, soit réunies en une bande, tache ou crête acoustique. Dans ce dernier cas, la saillie de la crête est déterminée par la hauteur croissante des cellules sensorielles cylindriques, qui font relief à la surface interne de l'ampoule et sont d'autant plus hautes qu'elles sont plus voisines de la partie centrale de l'aire neuroépithéliale. Chaque groupe de cellules sensorielles, chaque tache et chaque crête acoustique sont abordés par des filets nerveux terminaux, s'engageant dans les intervalles des cellules auditives et issus du nerf sensoriel.
H. Fol a suivi chez les mollusques le développement des otolithes. On en trouve soit un seul, sphérique, volumineux et formé de couches concentriques, soit plusieurs, d'apparence cristalline et réunis par une substance molle. Us prennent naissance dans certaines cellules de la
(1) Balfour, a treatise of comparative embryology, vol. II, p. 423-424.