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FIBRES NERVEUSES ACOUSTIQUES

pénétration des vaisseaux sanguins dans le plan épithélial de la « strie vasculaire » a été découverte, dès 1852, par Kôlliker (1) : c'est le premier exemple de remaniement para-épithélial qu'on ait constaté. — La strie vasculaire du canal cochléaire, ainsi pénétrée en sa partie épithéliale par les vaisseaux sanguins, constitue à la fois une formation homologue et un perfectionnement de Taire pigmentée, siégeant sur une portion peu étendue delà paroi externe du labyrinthe primordial des cyclostomes et dont j'ai parlé plus haut. Dans cette dernière, en effet, l'épithélium pigmenté n'est pas abordé par les vaisseaux sanguins; mais en revanche, il occupe exactement la même position que la strie vasculaire de la cochlée, par rapport à la crête acoustique primordiale et au bourrelet interne de celle-ci, à l'opposite duquel il est placé sur la paroi externe de la région postérieure de la vésicule auditive — celle parcourue d'arrière en avant par la crête acoustique primitive et répondant, en fin de compte, à un canal cochléaire qui ne s'est pas contourné en hélice.

Terminaisons du 7ierf acoustique dans le neuro-épithèlium de Corti, — Les cellules nervedses du ganglion spiral, renfermé dans l'axe du limaçon, sont toutes des cellules bipolaires comme relies du plan superficiel du ganglion acoustique subjacent à la crête acoustique primordiale chez les cyclostomes. Mais leurs deux prolongements, dont l'un, de signification protoplasmiqueet réceptive, vient se terminer dans l'épithélium de Corti, et l'autre, cylindraxile, est une fibre de nerf cochléaire puis de l'acoustique, sont des fibres nerveuses à myéline présentant des étranglements annulaires équidistants. Chaque globe cellulaire occupe le milieu d'un étranglement annulaire; mais la myéline, comme l'a fait voir Ranvier (2), ne se poursuit pas sur la cellule ganglionnaire : elle s'arrête au niveau de ses pôles. La membrane de Schwann, avec le protoplasma qui la double et renferme le noyau du milieu du segment, subsiste seule au pourtour du globe cellulaire et l'encapsule. Il en est autrement chez les poissons osseux. Là, de façon générale, toutes les fibres du nerf acoustique (celles de la cysticule représentant la "cochlée, aussi bien que celles se distribuant à l'utricule, aux canaux semi-circulaires et aux saccules) présentent sur leur trajet également la cellule ganglionnaire placée au milieu d'un segment interannulaire ; mais elle est enveloppée à ce niveau par une mince couche de myéline. Tout comme chez les cyclostomes, il est facile de reconnaître, par exemple chez le Brochet, que la fibre périphérique, issue du globe cellulaire et destinée aux crêtes acoustiques, est plus volumineuse que la fibre cylindraxile ou radiculaire, destinée au cerveau postérieur. A part donc la

(1) Kôlliker, Mikr, Anat,, 1852.

(2) L. Ranvier, Traité technique d' Histologie, *'« édition, p. 780.

HABBNULA PBRFORATA. 1239

myéline qui s'est ajoutée, le dispositif primordial du neurone ganglionnaire sensoriel s'est ici absolument conservé dans toute la série. C'est au fond celui d'un ganglion des paires rachidiennes, achevé sur son type embrj^onnaire à cellules bipolaires.

Cela posé, le nerf cochléaire, dégagé du tronc du nerf acoustique, s'insinue dans un canal osseux creusé dans l'axe du limaçon, et il y .monte en hélice. Au fur et à mesure, il abandonne successivement ses filets au niveau de la base delà crête spirale, de manière à étaler r leurs bouquets prêterminaux en un plan tournant de fibres nerveuses ' juxtaposées. Chacune d'elles présente sur son trajet le globe d'une cellule nerveuse bipolaire occupant le ganglion spiral. Ce ganglion membraneux occupe, lui aussi, l'épaisseur delà crête spirale et monte avec elle de la base du limaçon à son sommet. Par le pôle opposé de chaque cellule ganglionnaire, se dégage l'une des fibres nerveuses périphériques (réceptives) destinées k l'épithélium de Corti. Ces fibres se poursuivent dans la crête spirale pour atteindre sa lèvre tympanique; puis elles arrivent à la face inférieure de la membrane basilaire, trouée de boutonnières pour les laisser passer. C'est ïhabenula perforata, dont les orifices se succèdent tous, le long du bord interne de répttbélium de Corti tourné en spirale, immédiatement eu dedans du pied des piliers internes de Corti. Pour traverser les boutonnières de rhabenula, les fibres nerveuses se groupent en petits fascicules. Au delà, elles perdent leur manchon de myéline; et d'emblée elles se résolvent en arborisations fibrillaires le long desquelles on ne voit plus aucun noyau. On peut aisément se rendre compte de ces faits sur les préparations fixées par l'acide osmique, puis colorées par lepicro-carmioate ou le carmin aluné. Il n'y a donc pas là d'arborisations de Hemak comparables à celles occupant l'épaisseur de la vitrée sous la crête acoustique primordiale des cyclostomes. En revanche, ici comme là, le groupe des cellules nerveuses bipolaires, correspondant aux fibres nerveuses destinées au neuro-épithélium, est rejeté à une certaine distance en dedans de ce dernier.

Les fibres nerveuses qui viennent de franchir les orifices de l'habenula se groupent en une masse compacte (du moins sur les préparations faites après fixation par l'acide osmique), entre les orifices de la membrane basilaire et le fond des cellules auditives de la rangée externe. Ranvikr suppose qu'il s'agit là d'une intrication plexiforme (plexus spiral interne) de ces fibres fines, entrelacées dans toutes les directions, La méthode de l'or (1) ne permet nullement, du reste, de

(1} L'ane dew meilleures méthodes pour observer le canal cochléaire est la mélbûde tle Vùv telle qu'elle a été réglée par Ranvibr (Traité techn. (T Histologie^ ^ étiitioû, p. 7G3-764). C'est même à peu près la seule qui permette d'obtenir des iokages du canal «ntier dans tous les tours de spire d'un même linuiçon ; car elle

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