PLEXUS SPIRAL INTERNE — FIBRES DU TUNNKL DE CORTK
distinguer individuellement les fibres nerveuses amyélî niques h ce niveau. Toute la région comprise entre la membrane basîlalre etia cellule ciliée interne est en bloc colorée en violet foncé* En tout cas, c'est de cette région que se dégagent des branches fibrilla ires, qui s insinuent entre les pieds des piliers internes de Corti pour pénétrer dans le tunnel formé par l'écart des piliers internes et externes. C'est DEriERS qui» le premier, a décrit ces fibres ; elJes traversent U tunnel comme des fils tendus et certaines sont branchées en Y. Là, elles baignent -dans le plasma liquide du tunnel, qui les soutient et d*autre part les laisse voir même sur les préparations à Tacide osraique qui les fixent sans les colorer électivement. La méthode de l'or les met mieux en évidence, et montreaussileur engagement dans les intervalles des cellules de soutien. On voit alors les coupes transversales des fibrilles nerveuses apparaître comme une série de points violets entre les cellules de soutien, ce qui montre qu'elles ont ét^ pour la plupart coupées en travers. Ranvier (1) a conclu de là qu'elles forment trois
ménage la membraDe de Reissner qui répond à la voûte de ce même canah Elle permet en outre d'obtenir des images très instructives deâ cellules neoeoriallea de Torgane de Corti, et des détails intéressants au point de vue ûe la distribution des fibres nerveuses amyéliniques dans le neuro-épitbélium.
Le limaçon d'un Cochon d'Inde étant convenablement dégagé et fenèti^, on Le place dans quelques centimètres cubes d'une solution à 1 pour 100 de chJorure d'or dans l'eau distillée. A ce premier bain, on ajoute peu à peu (^uelque^; eenlimètrès cubes de la même solution de chlorure d'or à 1 pour lOO à laquelle on a ajouté de l'acide formique dans la proportion d'un quartj et qu'on n. fait bouillir ensuite. L'acide formique ne commeuce ainsi à agir sur ï^ paJties osseuses de li cochlée qu'après que les éléments de celle-ci sont déjà k peu près fiios par le chlorure d'or du premier bain. 11 se dégage des bulles d'âcide carbonique, résultant de la décalcification, par les ouvertures qu'on a pratiquées dans lea ramper. Aranl d'achever la décalcification, on détermine la réduction de L'or sur les élémeati nerveux, et sensoriels en exposant le limaçon à la lutiiiere diffuse, penflant deui ou trois jours, dans un bain d'eau acidulée par l'acide acétique dilué (I à ][ gauite^ d'acide acétique cristallisable pour 20 grammes d'eau/. L/acide acétique n'attaquQ pas les sels calcaires, et conséquemment la solution acide ne se neutralise pas su fur et à mesure. Quand s'est opérée la réduction de l'or sur les éLémentïi du lima^oQ dont le chimisme est tel qu'il détermine celle-ci, on poite ce lima^^on dans ralcool fort qui, comme on sait, arrête net la réduction de l'or et la rend fixe. Au bout de vingt-quatie heures, on suspend le limaçon dans une solutioû concentrée d'acide picrique abondante (250 à 300 grammes) où la décalcificalion se poursuit. On renouvelle cette solution tous les deux ou trois jours jusqu'à ce que Vos soit entièretnéîit décalcifié. On enlève ensuite l'acide picrique par un lavage prolongé dans Ttau distillée ; puis on achève le durcissement par la gomme et L'aleool et l'on fait ensuite des coupes axiales du limaçon calé dans un fragment de moelle de sureau tenu b la main ou monté dans le microtome. Ces coupes sont difficiles à faire, mais ee «oiit les seules qu'on parvienne k bien orienteret à faire ainsi p^Aser exactementdansTaxe limacéen. Du reste, on peut d'abord traiter le limaçon pfjr Talcool absolu et Tindure dans la paraffine, puis le couper au microtome et en obtenir des coupes axiale-"^ en série. On les fait alors sans difficulté, mais leur orientation e^t souvent défectuâuse-
(1) Ranvier, Traité technique cT Histologie , 2^ édition, p. 783.
TERMINAISONS DES NERFS DANS LE NEURO-EPITHELIUM DE CORTI. i24t
« plexus spiraux externes », répondant aux cellules de soutien des trois rangées de cellules externes .
La méthode du chromate d'argent, appliquée à l'étude du neuro épithélium deCorti par Retzius, van Gehdchten, Ramôn y Cajal et V. Lenhossék, a conduit à un résultat plus complet et qu'on peut même considérer ici comme définitif. Elle a fait voir que les prolongements externes des cellules du ganglion spiral, qui sont toutes bipolaires, se résolvent en des branches fibrillaires qui, après avoir traversé plus ou moins obliquement le canal de Corti ou son plancher, s'engagent obliquement entre les plans-côtés des cellules de soutien (ce qui explique que dans les coupes minces on les voit là en majorité coupées en travers). Puis ces branches donnent naissance, immédiatement au-dessous des cellules auditives, à un faisceau: de tiges terminales enveloppant le fond du dé à coudre répondant à la base de chacune des cellules sensorielles. Enfin elles se terminent par des tiges libres dans les intervalles de ces cellules. Je ferai remarquer que cette terminaison, comparée à celle observée h la surface des cellules des bourgeons du goût, s'effectue également ici par des extrémités libres, il est vrai, mais aussi tenues au contact adhésif de la surface des cellules sensorielles. C'est pourquoi, quand on isole celles-ci par dissociation, on voit souvent partir de leur base un prolongement nerveux qui paraît les continuer et qui a été signalé par la plupart des auteurs depuis Deiters. Ce prolongement répond, en réalité, à la réunion en une seule fibre des tiges terminales péricellulaires. La corbeille de fils nerveux ascendants, tout comme celle entièrement semblable qu'on peut observer par les méthodes ordinaires autour des cellules auditives des cyclostomes lorsqu'elles font hernie sur la surface libre de Tépithélium, est donc adhérente à la cellule sensorielle, bien qu'elle ne soit, en réalité, continue par aucune de ses fibrilles nerveuses avec la substance propre de cette cellule.
Épithélium sensoriel et terminaisons nerveuses du vestibule et des canaux semi-circulaires. — Au sein de l'épithélium non difi'érencié du saccule, de Tutricule et des ampoules des canaux demi -circulaires, il existe des îlots plus ou moins étendus, où la disposition neuro -épithéliale reparaît pour former des crêtes acoustiques secondaires. Ce sont là des formations beaucoup moins difierenciées que le neuro -épithélium de Corti du canal cochléaire, ou que celui de la <; cysticule » àeé poissons et de la « lagena » des oiseaux qui représentent, morphologiquement, ce même canal moins développé et non tourné en spirale. Leur constitution les rapproche de la crête acoustique des cyclostomes en ce que les cellules sensorielles y sont également de nombre indéterminé. D'autre part, elles s'éloignent de celle-ci en ce qu'elles ne possèdent ni bourrelet, ni gouttière interne. On les reconnaît à l'oêilna chez les vertébrés inférieurs (poissons, batraciens,