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CELLULES DES GLANDES PYLORIQUES ET CELLULES PEUNCIPALES

infusions cI'Eberle. II est non moins certain que le suc qu'expriment ces glandes en revenant sur elles-mêmes, quand on congèle sous un jet de chlorure d'éthyle un fragment de muqueuse pylorique, est nettement acide. L'épithélium y jouit donc des deux principales propriétés sécrétoires caractéristiques des glandes gastriques. Toutefois, ses cellules renferment aussi des boules d'un mucigène délicat qui, en cas d'inflammation catarrhale soutenue, redevient du mucigène ordinaire. Enfin, les cellules épithéliales des glandes pyloriques des amammaliens sont franchement mucipares. 11 en faut conclure qu'une même flexion morphologique s'opère, dans les glandes du fond sur les cellules primordialement granuleuses, et dans les glandes pyloriques sur les cellules primordialement mucipares, pour les ramener les unes etles autres à l'état d'éléments séro-zymogènes. L'aboutissant de cette flexion est histologiquement très semblable dans les deux ordres de cellules, encore qu'initialement elles aient été très diflerentes et que celles des glandes pyloriques conservent, très amoindrie, la fonction mucipare comme une marque de leur origine première et gardent une aptitude persistante à récupérer cette fonction dans certains cas.

En revanche, les cellules principales, quelques semblables qu'elles puissent devenir à des cellules à mucus par la position de leur noyau, sa forme, etc., ne redeviennent mucipares dans aucune circonstance pathologique. Quand elles ont fonctionné au maximum pendant un certain temps, comme c'est le cas dans le fond des tubes sécréteurs chez le Chien en pleine digestion, elles ont en revanche pris les caractères exclusifs des cellules séreuses parfaites, des cellules aquipares telles que celles de la glande lacrymale par exemple. Au sein de leur protoplasma, on ne rencontre plus que des vacuoles, souvent de grande dimension, ouvertes les unes dans les autres, et séparées par des travées protoplasmiques que l'éosine hématoxylique teint en bleu pâle. Ces travées ne renferment dès lors que des granulations protéiques ; on ne peut y reconnaître l'existence d'aucun grain de zymogène coloré en rouge, comme l'est celui des cellules de revêtement.

Les cellules de revêtement, quant à leur signification morphologique, représentent 'des cellules glandulaires gastriques ayant évolué vers la fonction exclusivement zymogène. En dehors des granulations qui fixées net par l'acide osmique ou le sublimé se teignent en rouge vif par l'éosine et en jaune d'or par le picrocarminate d'ammoniaque, le protoplasma homogène et comme sirupeux, très réfringent de ces cellules, ne montre jamais de vacuoles ni pendant le repos, ni lors du fonctionnement digestif maximum. Ce sont là d'ailleurs des cellules très nettement différenciées. Je ne puis donc me ranger k l'opinion des auteurs qui comme Stôhr, Edinger et Orth, Trinklkr, Pilliet, en

Rknaut, — Histologie pratique, IL 84

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4328 SIGNIFICATION DBS CBLLULES DB REVÊTEMENT.

font des cellules principales modifiées (1). Je le répète, le point de départ de la différenciation n'est pas ici la cellule principale , mais une cellule glandulaire séro-zymogène comme celle des glandes gastriques des vertébrés non mammifères. Cette cellule devient ou une cellule principale si elle développe de préférence la fonction séreuse, ou une cellule de revêtement si elle développe exclusivement son activité sécrétoire zymogène. Toutes les fois que le suc gastrique doit être sécrété sous la forme d'un liquide aqueux et très abondant, la double différenciation s'opère. Elle se poursuit aux dépens des éléments cellulaires jeunes dans les glandes en voie de croissance, et tout aussi bien dans celles de l'adulte aux dépens des cellules épithéliales de remplacement. Dans l'état pathologique, cette évolution des cellules jeunes peut donner naissance soit à un plus grand nombre de cellules de revêtement, soit à des cellules principales plus nombreuses au prorata des modalités fonctionnelles devenues aberrantes. C'est ainsi que dans le catarrhe chronique, on voit des cellules de revêtement prendre rang dans les régions profondes des glandes du fond, ou même dans les glandes pyloriques qui en sont dépourvues d'ordinaire.

Quant au rôle fonctionnel des granulations zymogènes des cellules de revêtement, il n'a pas été jusqu'ici déterminé avec précision, bien qu'on ait fait à ce sujet de très nombreuses hypothèses.

Je signalerai tout d'abord celle émise récemment par Contejban (2), parce qu'elle s'appuie à la fois sur des faits physiologiques faciles à vérifier et sur des observations histologiques parfaitement exactes. Il admet que le zymogène disposé sous forme de grains brillants, nettement figurés et insolubles dans Veau au sein des cellules de revêtement, est de la « propepsine insoluble » que ces cellules seraient chargées de sécréter, tandis que les cellules principales claires sécréteraient de la (( propepsine soluble ». On sait, en effet, qu'ARM and Gautier (3) a démontré que la muqueuse stomacale renferme ces deux variétés de propepsine. Or, les granulations brillantes disposées sous forme de grains dans les cellules épithéliales des glandes gastriques de la Grenouille sont identiques à celles que renferment les cellules de revêtement des glandes gastriques des mammifères. D'autre part, les glandes œsophagiennes de la Grenouille sont formées de cellules séreuses pepsinigènes histologiquement identiques à des cellules principales. Cela posé, Contejean a trouvé que l'œsophage de la Grenouille renferme beaucoup de propepsine soluble et la muqueuse

(1) Voy. à ce sujet le travail de Pillibt (Journal de l*Anat, et de la Physxolo^ //{#; Sur révolution des cellules glandulaires deTestomoc, t. 23, p. 464, 1887).

(2) Contejean, thèse citée, p. 33, 34.

(3) Arm. Gauthier, Traité de chimie biologiqtie, Paris, 1892.

PROPBPSINE SOLUBLB ET PROPBPSINE INSOLUBLE. 1329

gastrique très peu. Au contraire, la muqueuse gastrique est riche en propepsine insoluble et Tœsophage n'en fournit qu*une quantité très minime, qu'à la rigueur on pourrait attribuer aux cellules granuleuses des espèces de croissants de Giannuzzi que présentent les glandules œsophagiennes (1).

A l'appui de l'hypothèse de Gontejban, je ferai remarquer que, lorsqu'on congèle sous un jet de chlorure d'éthyle une muqueuse stomacale de Chien, de Cobaye ou de Lapin, puis qu'on fait des coupes très minces et qu'on les examine dans la solution physiologique de sel marin à 7 pour 1000 ou même dans l'eau, toutes les cellules épithélialesdesglandesdufondderestomac,aussibienlesprincipalesquecelles de revêtement, renferment une foule de granulations brillantes et d'un jaune clair. Si ensuite on abandonne les coupes dans l'eau pendant une ou deux heures, les granulations des cellules principales disparaissent en majorité. Celles des cellules de revêtement subsistent et c'est alors seulement qu'on peut distinguer, même sans coloration élective, les cellules de revêtement des cellules principales devenues claires et criblées de vacuoles. Il est donc très probable qu'elles sécrètent le ferment soluble tandis que les cellules de revêtement élaborent un ferment d'abord insoluble figuré en grains, peut-être pour le céder lentement au fur et à mesure d'une transformation secondaire, soit au liquide de la sécrétion, soit aux cellules séro-pep tiques.

( 1 ) Voici i' expérience de Comtejean . — « On fait infuser pendant Tingt- quatre heures dansla même quantité d'eau pure ( 100 gr.) cinq œsophages de GrenouiUe d'une part, et d'autre part cinq estomacs du même animal. On obtient ainsi deux extraits renfermant la presque totalité de la propepsine soluble contenue dans les glandes de ces régions du tube digestif. On acidulé ces extraits à 1 pour 1000, et on leur fait digérer des morceaux égaux d'albumine coagulée. V extrait œsophagien est beaucoup plus actif que Vextrait stomacal^ qui attaque très lentement le bloc d'albumine.

« On fait ensuite digérer à + 38 degrés pendant vingt-quatre heures ces oesophages et ces estomacs épuisés par Teau, en les plaçant séparément dans deux flacons renfermant chacun la même quantité (100 gr.) d*acide chlorhydrique à 1 pour 1000. Ces deuxièmes extraits fournissent la propepsiue insoluble transformée en pepsine active. On fait ensuite digérer de Talbumine coagulée à ces nouvelles infusions. Le deuxième extrait œsophagien est beaucoup moins actif que le premier, tandis que l'inverse a lieu pour l'estomac. »

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