FORMATION DE SOUTIEN. — FIBRES RADIALES
les unes des autres, s'accolent, s'emmêlent, forment des appuis adhésifs, lien résulte une apparence de réseau (fig. 614) dont,, comme aussi dans Téctoderme malpighien, les corps cellulaires, représentés ici par les grains, occupent les points nodaux.
B. Formation de soutien, fibres radiales, — Les fibres radiales émanent aussi de la croissance de certaines cellules épendymaires, mais elles se comportent tout différemment. Elles répondent à des cellules du névraxe épithélial qui, au lieu de se multiplier par division indirecte, s'allongent entre la limitante épendymaire et la vitrée du névraxe (voy. fig. 613, 1). Les cellules de cette espèce se multiplient au fur et à mesure que le névraxe épithélial croît en étendue, et elles subissent en même temps des modifications qui leur sont propres. Elles répondent à Vèpithélium de soutien au neuro-épithélium. Elles ontla signification de pièces de charpente et non plus celle d'éléments actifs du système nerveux.
Quand on isole les fibres radiales par dissociation, on les voit se dégager sous forme de longs filaments déjà brillants et relativement rigides, marchant droit de la limitante de Tépendyme à la vitrée du névraxe. On peut même observer l'implantation de certaines fibres sur cette vilrée, soit par un pied légèrement élargi en forme de cône, soit par une série de pieds résultant de la bifurcation de la fibre en plusieurs filaments au-dessous de son noyau, qui est placé sur le trajet du corps cellulaire, mais pas toujours à la même hauteur. 11 prend en effet place soit dans la ligne épendymaire, soit à diverses hauteurs audessous. Quand il est placé dans la ligne épendymaire, la fibre radiale apparaît nettement comme une cellule de Tépendyme prolongée en longue fibre par son pied. C'est ce que Hannover avait d'abord désigné sous le nom même de « fibre radiale ». Au-dessus et au-dessous du canal de Tépendyme, au pôle de fermeture et au pôle ventral où j'ai déjà dit que l'épithéiium neural ne donne pas de chaînes de prolifération, toutes les cellules épendymaires prennent la forme de fibres radiales, plus courtes et plus épaisses dans la région qui répondra à la commissure antérieure.
En traversant la couche des grains, les fibres radiales envoient latéralement une série de fibres ou d'expansions membraneuses fines qui s'imbriquent avec les prolongements arqués des chaînes de prolifération et constituent avec celles-ci le rets inextricable dont j'ai déjà parlé plus haut. Ce rets concourt à enfermer chacun des grains, représentant chacun aussi une cellule neuro-épithéliale embryonnaire, dans une véritable cage de filaments entre-croisés. Mais initialement les cellules de 'soutien sont indivises et rectilignes, s'étendant de la limitante épendymaire à la vitrée pour s'y insérer par un pied élargi. Ce pied devient ensuite multifide sur quelques cellules d'abord, puis sur la grande majorité, sauf aux régions des commis-
DËPLAGBMBNT INTERSTITIEL DBS FIBRES RADIALES.
sures (1). Le pied se subdivise, exactement à la façon de celui des fibres de Mùller de la rétine, au niveau des points où vont prendre place des formations de substance blanche (2). Il est'problableque, là aussi, ces pieds rétablissent la continuité du revêtement épithélial sur la vitrée.
En étudiant les fibres radiales à l'aide de la méthode de Golgi, Retzids, puis Ramon y Gajal et Sala y Pons (3) ont vu en outre que certaines fibres radiales perdent leurs connexions avec la ligne épendymaire. Leur prolongement périphérique, au lieu de s'étendre du noyau à la limitante de Tépendyme, ne la rejoint plus, émet une série de prolongements filiformes et devient semblable au corps d'une grosse « cellule araignée » de la névroglie. Leur pôle d'implantation continue au contraire à se comporter comme le pied d'une fibre radiale. Il gagne la vitrée du névraxe après s'être ou non divisé pour s'implanter en prenant rang à côté des pieds issus de fibres radiales ayant leur origine dans la ligne épendymaire. C'est de ce fait que Ramon y Gajal conclut que les cellules de la névroglie ne sont autre chose que des cellules de soutien transformées, résultant du déplacement interstitiel et de l'évolution (desarrollo) des cellules du fulcrum radial (fig. 615).
11 est incontestable que le système radial de soutien, très régulier au début de la formation du névraxe, subit une série de morcellements, de dislocations et de déplacements, surtout dans les parties du système nerveux où les assises ganglionnaires se multiplient et donnent, à la partie du névraxe où elles se développent, une épaisseur considérable. Les énormes cellules épineuses, toujours d'ailleurs en petit nombre, que met en évidence la méthode de Golgi et que communément on rapporte à la névroglie, me semblent bien en effet n'être autre chose que des restes du fulcrum radial, dont on peut retrouver les traces en une multitude de points des centres nerveux et qui subsiste à peu près entier dans la moelle d'une Grenouille adulte.
G. Névroglie et chemins de la substance blanche. — Mais outre les fibres radiales et leurs dérivés, le névraxe embryonnaire renferme des cellules beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus petites, qu'on peut bien mettre en évidence par la dissociation soit dans le névraxe, soit dans le « filum terminale » d'un embryon de brebis de
(1) LBNHOSSBK,Der feinere bau der Nervensystems im Lichte neuester ForschuDgen (Forsch d. Medicin, Bd. X, 1892).
(2) G. Retzius, Zut Kenntniss der Ependymzellen der Centralorgane (VerhandU des hiol. Vereins in Stockholm, 1891).
(3) Sala y Pons, Estudios de Histologia coiaparada, La neuroglia delos ver^ tebrados (thèse de Madrid, juin 1894), a résumé dans ce travail les travaux et les idées de l'école de Golgi et de Ramdn y Gajal, sur les fibres radiales et leurs relations avec la névroglie.
NÉVROQIJB.
12 à 35 mUliraètres (voy. fig. 613, 3). Elles affectent le plus ordinairement une direction tangentielle, concentrique à la courbe du névraxe,
Cp
Fig. 615. — Coupe transversale de la moelle d'un embryon humain de 15 centimètres (région cervicale). — (G. Retzius, figure empruntée à Déjerine ; chromate d'argent).
Ce. cône épendymaire antérieur; — Gp, cône épendymaire postérieur; — Ep, cellules épendyinaires; — îig. cellules du fulcruin radial (le pointillé indique les limites des cornes antérieures); — Ca, Sillon antérieur, au fond duquel est le c6ne épendymaire antérieur.
et ont dès le début les caractères des éléments de la névroglie (1). Ce
(l) Il est facile de se rendre compte de h différence existant entre les grosses cellules épineuses, que les histologistes étudiant exclusivement les ccrjtres nerveux par la méthode de Golgi rapportent seules à la névi*oglie, et les véritables cellules