MARCHE DBS GRANULATIONS GRAISSEUSES DANS L*ÉP1THÊLIUM
diamètre, mais bien sous celle de gouttes huileuses d'inégal volume résultant manifestement de la confluence entre elles des petites granulations figurées. Puis, juste au niveau du nojau de chaque cellule, les gouttes huileuses émigrent toutes par les plans-côtés dans les lignes de ciment interstitiel, qu'elles occupent jusqu'à la membrane limitante. Au-dessous du noyau, le protoplasma des cellules épithéliales n'en renferme plus une seule. — Sur les coupes sagittales ou transversales des villosités, on voit aussi la graisse, noircie par l'acide osmique, former de petits fuseaux allongés entre tous les pieds des cellules épithéliales dans la moitié inférieure de l'assise ; tandis que dans la moitié supérieure de celle-ci, au-dessus des noyaux, les cellules renferment des granulations graisseuses. Quand on observe la ligne épithéliale de front, dès qu'en abaissant l'objectif on voit les noyaux, on voit aussi régner entre les cellules des traînées granuleuses, noires et très réfringentes, répondant aux espaces du ciment interstitiel de la zone profonde occupés par de la graisse et par des cellules migratrices plus ou moins nombreuses, renfermant elles aussi des grains graisseux.
Chaque cellule épithéliale à plateau strié absorbe donc par son plateau une certaine quantité de graisse. Celle-ci, d'abord disposée dans la zone superficielle et ôbroïde du protoplasma sous forme de granula tions régulières, y subit une sorte de digestion qui la ramène à l'état de graisse liquide. C'est dans cet état qu'elle aborde la zone hyaline supra- nucléaire du protoplasma. Il est facile de voir que cette zone renferme de nombreuses vacuoles, indicatrices d'un mouvement protoplasmique plus ou moins actif. Selon toute vraisemblance aussi, c'est ce mouvement qui mobilise, puis rejette les gouttes huileuses dans les lignes de ciment, entre les pieds des cellules épithéliales. Là, cette graisse peut être facilement enlevée et transportée dans le parenchyme de la villosité par les cellules migratrices ; mais il y a un procédé beaucoup plus simple et plus immédiat pour l'y conduire. J'ai fait voir plus haut qu'en se contractant, les fibres musculaires de la villosité sillonnent sa surface d'une série de plis transversaux parallèles. La convexité de chaque pli répond alors à des cellules qui, sur les coupes, se montrent disposées en éventail tout comme dans les « groupes flocculeux D. Les pôles libres de toutes les cellules d'un même groupe sont étalés au maximum et présentent une surface élargie pour l'absorption; tous leurs pieds, au contraire, sont rapprochés et même le sont sous pression, comme l'indiquent les déformations du noyau de certaines cellules. En se rapprochant, ces pieds chassent nécessairement la graisse des lignes de ciment dans le parenchyme de la villosité. Nous sommes en présence de phénomènes très comparables à ceux qui se passent dans une glande dont le matériel sécrétoire est élaboré au sein du protoplasma, mobilisé ensuite hors de la cellule par les
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mouvements protoplasmiques (excrétion exo-cellulaire), puis enfin expulsé en bloc par un appareil moteur annexe (excrétion exo-glandulaire). Seulement, ici, cette expulsion ne se fait pas sur la surface libre, mais bien sous la surface d'insertion des cellules épithéliales. Les yillosités constituent jusqu'à présent le seul exemple d'organes où s'effectue un mouvement de sécrétion interne dont le processus soit quelque peu connu.
Parvenues dans le tissu conjonctif de la villosité, les gouttelettes de graisse sont immédiatement saisies par les éléments du groupe lymphatique, en particulier par les cellules granuleuses. Mais elles sont aussi captées et modifiées par les cellules du tissu conjonctif qui, ici, sont jeunes et actives, et par les cellules endothéliales des vaisseaux sanguins et lymphatiques. Dans les villosités comme dans le lobule hépatique et le glomérule rénal, les capillaires sanguins sont embryonnaires; leur endothélium, réduit à une lame granuleuse de protoplasma, est capable d'absorber les particules figurées et de les transformer par des actions de digestion intra-cellulaire d'ordre « phagocytaire », comme on dit aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, l'observation de Ranvier, bien que purement histologique, me paraît avoir une grande portée physiologique. Elle explique non seulement le passage d'une certaine quantité de graisse dans les racines de la veine porte constaté par les physiologistes, mais encore elle rend compte de la résorption de la graisse en général par les capillaires sanguins.
Après avoir subi une série de modifications au passage dans le protoplasma des diverses cellules fixées du parenchyme de la villosité, ou bien après avoir été captées par les cellules lymphatiques et transportées au loin (dans la sous-muqueuse, par exemple), les particules graisseuses finissent en majeure partie par rentrer soit dans les ou le chylifère des villosités, soit dans les trajets lymphatiques parcourant le tissu conjonctif de la muqueuse. Outre l'expression concentrique vers ce chylifère, déterminée par la contraction des muscles de Briicke, il existe, pendant le repos musculaire de la villosité, un balayage continu de ses espaces conjonctifs par le courant plasmatique dirigé des capillaires sanguins, où la pression est relativement haute, vers le lymphatique central où cette même pression est à peu près nulle. De la sorte, les gouttelettes graisseuses libres sont naturellement amenées en grande majorité vers le chylifère central, dont l'endothélium actif peut les capter directement. En outre, ce chylifère est le point de rassemblement des cellules granuleuses, qui le doublent sur deux ou même trois rangs. Ces cellules, pendant la digestion des graisses, sont remplies de granulations que l'acide osmique teint en noir, et qu'elles livrent progressivement au chylifère par l'intermédiaire de ses cellules endothéliales. Une fois