MUSCULAIRE MUQUEUSE
lymphatiques, est eiactement limité par l'assise externe ou longitudinale de la musculaire muqueuse. Son assise interne ou à fibres annulaires participe au contraire largement à la constitution de la muqueuse proprement dite. Elle appartient à cette dernière et la pénètre encore plus largement que la muqueuse de l'estomac par ses relèvements.
Bien que les glandes de Lieberkûhn ne forment pas des grotipes de tubules agminés comme les glandes gastriques, les petits feuillets musculaires venus de la mw5c?u/am s'engagent entre une série d'entre elles de distance en distance, et non pas entre chacune d'elles. Les faisceaux de fibres musculaires lisses pénètrent surtout dans la couche glandulaire avec les vaisseaux sanguins de distribution qui montent dans la muqueuse. Us suivent aussi les trajets lymphatiques collecteurs, à la paroi desquels ils adhèrent de façon à former des cônes contractiles à base profonde, dont la mise en jeu dilate nécessairement la lumière vasculaire. Dans l'épaisseur de la couche glanduleuse, les feuillets musculaires éparpillent leurs fibres lisses de façon qu'on ne trouve plus, entre les tubes de Lieberkiîhn, de faisceaux proprement dits, mais bien des filets ascendants de cellules musculaires, dont la direction devient tangentielle vers la surface entre les pieds des villosités. Ces pieds eux-mêmes reçoivent, comme je l'ai dit, chacun un véritable cône de fibres musculaires ouvert en bas, et se continuant en haut, dans l'axe de la villosité, avec le petit système des muscles de Briicke constitué comme je l'ai aussi indiqué. Il résulte de là que la muqueuse entière est une véritable éponge musculaire, organisée de telle façon que la mise en jeu des muscles exprime les glandes tubuleuses de la profondeur vers la surface. En même temps, elle exprime en sens inversele parenchyme des villosités, la ligne épithéliale elle-même par le rapprochement des pieds des cellules cylindriques, et elle ouvre largement en somme toutes les voies de débit vasculaire.
Un fait intéressant, et qui montre bien que la musculaire fait absolument partie de la muqueuse au point de vue fonctionnel, c'est que les mêmes vaisseaux sanguins artériels de distribution fournissent des réseaux capillaires à la musculaire muqueuse, à la couche glandulaire et aux villosités. Cette communauté d'origine de tous les vaisseaux est facile à mettre en lumière chez le Lapin par une injection vasculaire bien faite, et montrant dans une même préparation tout le dispositif de l'irrigation sanguine intestinale.
Foiiienies ciofl UoiéH (on de Brunner). — Dans la dernière partie du duodénum et même, chez le Chien, un peu au-dessus de l'ampoule de Vater, la muqueuse intestinale renferme un certain nombre de follicules clos isolés (fig. 886). Le nombre de ceux-ci augmente de beaucoup dans le reste de l'intestin grêle, où apparaissent de leur côté les follicules clos agminés constituant les plaques de Peyer. Au point
P0LUGULE8 CLOS ISOLÉS DE L'INTBSTIN GRÊLE.
de vue de leur constitution en tant qu'organes lymphatiques, j'ai déjà décrit complètement ces follicules (1) ; je parlerai à nouveau des pla-
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Fio. 886. -^ Coupe transversale du duodénum du^Chien, au-dessous de la zone des glandes de Brunner et passant par un follicule clos isolé. — Fixation par Talcool fort ; inclusion dans la paraffine ; coloration au carmin aiuné ; conservation dans le baume du Canada. — Faible grossissement ; chambre claire.
/, tète du follicule clos; — «r, son col; — cp, son corps; — m, musculaire muqueuse prolongée en m' an -dessous du corps du follicule clos; — cfy calice du follicule; — ç^ glandes de Lieberkûhn; — g't9\ glandes de Lieberkûhn engagées dans le follicule; — v^ villosité; — M, couche annulaire du muscle moteur général de l'intestin ; — M' couche longitudinale du muscle moteur général de Tintestin.
Dans le voisinage de follicule clos, il existe une zone diffuse d'ioAltraiion adénoïde et Ijmphoide.
(1) Voy. t I, p. 932 à 940.