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CANAUX HEPATIQUES — CYLINDRES DE REMAK

Les canaiLX hépatiques, occupant la concavité du foie dans le hile, sont de dimensions variables et leur constitution est caractéristique. Ils ont tous une mince paroi connective et une lumière large, bordée par un épithélium formé d'un seul rang de cellules cylindriques claires. On les voit se brancher en une série de sens. Il est facile de se convaincre que certains d'entre eux émettent latéralement des diverticules, fermés en doigt de gant, soit après un court trajet où ils restent indivis, soit après s'être subdivisés. A mesure qu'on s'éloigne du centre du hile occupé par les gros canaux, on voit ceux-ci devenir progressivement de section moindre. Puis, brusquement, commence le règne du parenchyme proprement dit, où il ne s'engage plus qu'un petit nombre de canaux biliaires à lumière large et à épithélium clair (fig, 899), formant des sortes de rayons pénétrants .

Le parenchyme entoure le hile renfermant les canaux biliaires, tout comme la substance corticale d'un rein entoure et enveloppe sa substance médullaire et le bassinet. Il estformé par l'emmêlement d'une foule de cordons anastomosés en réseau qui, de prime abord, paraissent pleins et que séparent des capillaires sanguins. Ce ^oïii\e% cylindres de Remak. En réalité, chacun de ces cylindres répond à un tube glandulaire dont la lumière est toute petite, tandis que celle des canaux hépatiques est très large.

Les cylindres de Remak répondent aux tubes sécréteurs du foie, tandis que les canaux hépatiques représentent ses tubes excréteurs. Quand on a fixé net les fragments du parenchyme hépatique par les vapeurs osmiques dans la chambre humide, la section en travers de chaque cylindre montre que celui-ci est formé par la réunion de trois, quatre ou même six cellules rangées en ordonnance épithéliale et limitant une lumière centrale de si petite dimension qu'elle s'efface absolument quand les réactifs fixateurs ont légèrement gonflé les cellules épithéliales avant de les fixer dans leur forme (1). Sur les plus

(1) Ainsi agissent, par exemple, Talcool fort et le liquide de Millier, et même parfois la solution aqueuse d*acide osraique à 1 pour 100.

Fig. 899. — Les canaux biliaires de petit calibre au milieu des travées hépatiques lubuleuses du foie de YAmmocœtes hranchtalxs. (Même préparation que dans la figure 897. Obj. 8, ocul.l deReichert, chambre claire.)

c&, pelit canal biliaire A lumière large et à cellules épithéliales cylindriques, sectionné en Ira^ ers ; — th^ Iravées hépatiques lubuleuses coupées en divers sens; — c, capillaires sanguins inter-trabéculaires; — ^«globules rouges dans les capillaires inler-trabéculairos.

Googlt

1430 LUMIÈRE ET GBLLULEâ GLANDULAIRES DES CTLINDRES DE KEMAK.

petites travées, la lumière est interceptée par trois cellules et parfois t; même par deux seulement. Elle est régulièrement circulaire et s'en-

s fonce dans l'axe de la travée sur toute Tépaisseur de la coupe,

l comme un trou d'aiguille.

[^ Les cellules glandulaires du cylindre de Remak diffèrent absolument

f de celles des canaux hépatiques . Leur noyau occupe la région moyenne

de leur corps .cellulaire prismatique. Il est volumineux, arrondi, vési- ^ culeux et nucléole. Il renferme peu de chromatine et se colore en bleu

l pâle par Thématoxyline ou Thématéine, difficilement, à la façon des

! noyaux des éléments cellulaires hautement différenciés. Le proto-

plasma est formé par un réseau de travées dont les points nodaux sont occupés par des granulations protéiques, et qui rayonnent du noyau ^ vers la marge de la cellule. Le corps cellulaire prend de ce chef une

^ apparence spongieuse. Dans les mailles du réseau est une substance

claire qui, sous Tinfluence du sérum fortement iodé agissant après l'acide osmique, prend dans nombre de cellules la coloration briinacajou caractéristique de la substance glycogène. Au-dessus du noyau, entre celui-ci et la lumière, le protoplasma est chargé de granulations graisseuses que Tacide osmique teint en noir d'ébène. Sur les coupes en travers, on voit ces granulations, qui sont comprises dans l'épaisseur des travées protoplasmiques, dessiner tout autour du petit canal central un cercle d'où partent une série de rayons. Initialement, donc, la cellule hépatique se départit en deux zones : l'une supra-nucléaire, ' dévolue à la sécrétion de la graisse, l'autre infra-nucléaire, réservée à

la sécrétion du glycogène (fig. 900).

Ainsi constitués, les tubes sécréteurs du foie s'anastomosent entre eux dans tous les sens et dans tous les plans, pour former le parenchyme spongieux disposé tout autour du noyau connectif central d'où rayonnent les branches artérielles, les branches veineuses portes de distribution et les canaux hépatiques. Dans leurs intervalles, le tissu conjonctif ne pénètre pas. Les espaces inter-tubulaires sont exclusivement occupés par les innombrables capillaires sanguins, issus des branches portes et gagnant les veines sus-hépatiques en dessinant autour de chacune d'elles une ordonnance radiée, mais ceci sur un court trajet. Là où règne cette ordonnance, les tubes se • créteurs se disposent, eux aussi, plus ou moins comme des rayons au pourtour de la veine sus-hépatique (voy. flg. 898). Cette tendance à l'arrangement régulier des canaux sécréteurs par rapport aux vaisseaux efférents, est la première caractéristique du remaniement de la glande par ceux-ci. Elle deviendra beaucoup plus marquée dans le foie tubulé des amammaliens supérieurs aux cyclostomes.

Mais, dans les points mêmes où la direction des canaux sécréteurs ne paraît pas subordonnée à la position des veines sus- hépatiques, la relation des vaisseaux sanguins avec ces canaux est devenue toute

MEMBRANE PROPRE DES TUBULES SÉCRCTEURS.

différente de ce qu'elle était dans les glandes ordinaires. Tubules sécréteurs anastomosés et capillaires sanguins occupant leurs intervalles, forment un tout inséparable et indissociable. Les parois vasculaires font absolument corps avec celles des tubes sécréteurs. Toutefois ici, les capillaires et les tubules peuvent être considérés comme ayant une membrane propre distincte. Car, lorsqu'ils s'écartent un peu les uns des autres pour diverger, on voit entre eux de petits triangles curvilignes, sur les côtés desquels leurs membranes respectives se déga-

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FiG. 900. — Travées hépatiques tubuleuses du foie de rAmmocète ooupées en long et en travers. — Fixation par les vapeurs osmiques. Picrocarminate. Baume du Canada. (Ocul. 1, obj. 8, de Reichert; chambre claire.)

7^, lumièro glandula ro d'une travée coupée en travers; — Vg\ lumière glandulaire d'une travée coupée en long sur une certaine étendue; — n, noyaux des cellules glandulaires; — %*^ zone supra-nucléaire granuleuse des cellules glandulaires; — ziy zone infra-nucléaire des cellules glandulaires; — cap, capillaires sanguins longeant un canal biliaire terminal à cellules cylindriques et à lumière large sectionné un peu obliquement; — g^ globules rouges du sang de ces capillaires, qu'on voit se continuer avec les capillaires inter-trabéculaires; — ne^ noyaux endothèliaux des capillaires inter-trabéculaires : ils font corps avec la paroi propre des travées hépatiques.

gentun instant. L'aire des triangles est le plus souvent occupée par des chromoblastes. C'est tout; il n'y a point dans le parenchyme spongieux, d'espaces développables de tissu conjonctif.

Sehém* da foie primordial. — De cette analyse se dégage une conception synthétique du foie remarquablement simple et très instructive:

A. — Dans son ensemble, le foie est une glande tubuleuse ramifiée dont les branches de végétation s'arborisent d'abord comme celles d'une glande ordinaire. Puis ces branches commencent à communiquer

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