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FiG. 903. — Lobules de la surface du foie du Lapin dont les vaisseaux ont été injectés avec une masse à la gélatine et au carmin. Ces lobules sont vus de front par leur base répondant à la capsule de Glisson. — Conservation dans le baume du Canada. Faible grossissement.
p,p, braochcs do la veine porto distribuant a droito et ù gauche les vaisseaux, afférents des lobules hépatiques (disposition bipectinée) ; — e^e, étoiles do Hering, répondant à la tsrminai- Hon des vcIlcs sus-hépaliques par de petits bourgeons renfles en ampoules ; — a, point où lo parenohjme de doux lobules voisins reste continu entre eux.
prolongements de la bande porto-biliaire. Exactement et sans aucune discontinuité, les intervalles de tous les capillaires radiés sont occupés par les cellules glandulaires du parenchyme sécréteur, ou cellules hépatiques. Ces cellules comblent les mailles du réseau capillaire de l'îlot. Leur ensemble constitue comme une masse qui serait coulée
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dans l'interstice des capillaires (1). Si donc on enlevait ceux-ci par la pensée, il resterait un système de travées anastomosées entre elles dans tous les sens, dans tous les plans et de section arrondie, puisqu'elles se moulent sur les mailles inter-capillaires arrondies qu'elles occupent — et non par un système de « feuillets » formés de
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FiG. 904. — Travées de cellules hépatiques du foie du Rat dont les capillaires ont été débarrassés des globules rouges. Coupe épaisse parallèle à la surface. Coloration par rhématéine. Conservation dans le baume du Canada, après paesage successif dans Talcool éosiné, l'essence de girofles et l'essence de bergamote. — (Ocul. 3, obj. 6 de Leiiz ; chambre claire.)
c, c, coupes de» capillaires radiés : ceux-ci ne renferment plus que quelques globules rouges gr, la coupe ayant été débarrassée de ceux-ci par l'agitation dans Tean sur le diapason ; — n, noyau des cellules hépatiques ; — <ï, anastomoses des travées entre elles du plan superficiel aux plans profonda ; — e, e, noyaux endothéliaux des capillaires radiés, faisant corps avec la partie des travées hépatiques adjacente aux capillaires.
cellules, tels que les ont décrits Hering (2) et ensuite Kollikbr (3). Ces travées communiquent les unes avec les autres et forment par leur ensemble un réseau continu (ûg. 904), partout où les capillaires radiés
(i) Ranvier, Les membranes muqueuses et le système glandulaire (Journal de micrographie, t. IX, p. 157, 1885).
(2) Hering, Manuel de Stricker, édit. anglaise de New- York, p. 412, 1872.
(3) KoLLiKER, Eléments d'histologie humaine, 2« édit. française, p. 559.
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communiquent entre eux dans un même lobule ou de lobule à lobule. Elles répondent aux tubules sécréteurs ou cylindres de Remak du foie tubulé modifiés d'une certaine façon, et aussi aux travées en apparence pleines du foie embryonnaire décrites par le même auteur. Je leur conserverai donc, dans ma description, le nom de travées ou de cordons de Remak. Il faut d'abord étudier les cellules hépatiques qui forment ces travées glandulaires et constituent l'élément le plus important du foie, le plus constant aussi dans sa constitution histologique essentielle.
Ceiiaie» hépatiqBc». — Si lon essaye de dissocier dans le sérum sanguin, avec des aiguilles, un petit fragment du parenchyme hépatique prélevé sur le vivant (Rat, Chien, Cobaye, etc.), on n'y parvient pas : les cellules hépatiques se disloquent et se brisent, parce qu'elles sont à la fois très délicates et soudées entre elles solidement en série pour former les travées de Remak. Au contraire, si l'on racle une section franche du foie cadavérique, on met en liberté ces cellules très aisément et Ton peut déterminer leur forme générale. Par une sorte de coagulation post mortem, elles ont pris alors une certaine rigidité et, en même temps, le ciment qui les unissait s*est dissous, comme celui des épithéliums sur le cadavre au bout de quelques heures. On reconnaît alors que chaque cellule est un polyèdre non pas régulier et à huit faces toujours, comme le croyait Hering, mais plus ou moins irrégulier et à faces de nombre variable, dont pourtant les diamètres sont à peu près égaux. Chaque cellule renferme un noyau, quelques-unes en ont deux et le polyèdre cellulaire est alors un peu allongé. 11 n'y a pas de cellules sans noyau, telles que les avait décrites Asp. Les cellules hépatiques ainsi isolées sur le cadavre ont un protoplasma granuleux, dont les grains irréguliers se colorent par le picrocarminate presque aussi énergiqueraent que le nojau lui-même. Mais ce sont là des éléments altérés par la coagulation spontanée survenue quelque temps après la mort.
Quand, au contraire, on a fixé convenablement (1) les cellules par 'Tacide osmique sur de petits fragments du parenchyme hépatique vivant, il est aisé d'isoler ces cellules et d'observer les fins détails de leur structure. Le noyau est arrondi, vésiculeux. Il se colore faible ment par l'hématoxyline et la purpurine, comme tous les noyaux des éléments hautement différenciés. De son pourtour rayonnent des tra-
(1) On sacrifie uii Rat, un Cobaye ou uu Chien par la décapitation ou la saignée. On enlève de petits fragments du foie de 2 millimètres environ de côté, et on les place dans quelques centimètres cubes d'une solution d'acide osmique à 1 [)Our 100 dans Teau distillée. On les y laisse pendant douze ou vingt-quatre heures. Ou les lave ensuite à Teau distillée et on les dissocie dans l'eau sur la lame de verre avec des aiguilles. La dissociation est facile, parce que la consistance des cellules csl devenue suffisante. On peut ensuite colorer les cellules hépatiques et les observer.
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vées protoplasraiques délicates, interceptant par leur concours des mailles aux points nodaux desquelles sont les granulations protéiques, (]es mailles radiées vont rejoindre, à la périphérie de chaque cellule, une bordure mince formée par leur fusion entre elles sur tout le pourtour de l'élément et répondant à une lame de protoplasma demeurée homogène, car elle ne renferme ni granulations, ni vacuoles. C'est la couche protoplasmique marginale qui limite chaque cellule hépatique à son pourtour (voy. fig. 901, ki), 11 n'y a point là de véritable membrane cellulaire : la cellule hépatique est une cellule nue.
Glycogène. — Si maintenant on ajoute à lit préparation une goutte de sérum fortement iodé ou de solution iodo-iodurée, on reconnaît qu'un certain nombre de cellules hépatiques prennent la coloration brun-acajou caractéristique du glycogène. Le glycogène siège en dehors du noyau, dans l'écart des travées du protoplasma. Il gonfle ce dernier comme un liquide sirupeux les mailles d'une éponge. Quand il est très abondant, il masque complètement les travées protoplasmiques en les noyant. Une coloration très ménagée fait voir que ni les travées elles-mêmes, ni les granulations occupant leurs points nodaux, ne renferment trace de glycogène. Elles se colorent seulement en jaune faible comme toutes les substances albuminoïdes en présence de l'iode. Il en est de même de la zone protoplasmique marginale, qui ne contient pas de glycogène. Le glycogène des cellules hépatiques est bien disposé, dans les vacuoles séparées par les mailles du protoplasma, sous forme d'un liquide sirupeux et non pas sous celle de grains solides comme le croj'^ait Cl. Bernard. Il s'échappe, en effet, entraîné par les gouttes sarcodiques,des cellules hépatiques frappées de mort par la congélation ou revenues lentement sur elles-mêmes par rigidité post mortem (Ranvier). Ces gouttes commencent par se rassembler dans certaines régions de la cellule avant d'exsuder par sa marge. Il est facile de le démontrer en fixant les unes après les autres, par les vapeurs osmiques, des coupes du foie du Rat pratiquées ï l'aide du microlome à congélation et ensuite traitées simultanément par le sérum fortement iodé (1). Le glycogène n'apparaît sous forme «le grains solides que lorsqu'on l'a coagulé, en traitant les fragments du foie par l'alcool fort. Les grains répondent, dans ce cas, à une série de boules sarcodiques formées par le retrait brusque de la cellule sous l'influence du réactif fixateur. C'est pourquoi on trouvesouventces grains réunis, comme les boules sarcodiques qui prennent naissance dans les coupes du foie congelé, sur un même côté de la cellule qui répondait à leur voie d'issue au dehors.
Ce départ du glycogène est constant dans les cellules hépatiques
(1) L. Ranvier Journal de micrographie t. IX, p. 59.