‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 341 sur 489 · LES CAPILLAIRES RADIÉS PONT CORPS AVEC LES TRAVÉES · texte numérisé non relu

LES CAPILLAIRES RADIÉS PONT CORPS AVEC LES TRAVÉES

cellulaire unissant celles-ci. Ce ciment réduit en noir le nitrate d'argent comme dans les épithéliums des glandes ordinaires (Ranvier), mais en certaines de ses parties il renferme un dispositif spécial. Un autre caractère qui le distingue des autres ciments, c'est qu'il se colore en bleu violet par Thématoxyline. Enfin, ce ciment est très mou, de consistance semi-fluide. Les réactifs coagulants y déterminent en effet l'apparition d'une série de vacuoles et de grains, et il se dissout au bout de peu de temps sur le cadavre. Ses caractères sont d'ailleurs les mêmes dans les travées du foie lobule et dans les cylindres glandulaires du foie tubulé. Je reviendrai sur ce point dans un instant.

Les capillaires radiés du lobule font tous corps avec la surface des travées hépatiques. Celles- ci, à leur contact avec les capillaires, sont doublées d'un simple liséré protoplasmique répondant à la paroi du capillaire correspondant. Cette lame granuleuse renferme des noyaux aplatis. Aucune dissociation ne peut la séparer des cellules hépatiques auxquelles elle adhère. Isolées, les cellules glandulaires emportent chacune un lambeau de la paroi protoplasmique du vaisseau sanguin.

Les cellules hépatiques sont très élastiques. Quand les capillaires radiés du lobule ont été fixés vides, comme sur un animal saigné, le polyèdre que constitue chacune d'elles est terminé du côté du vaisseau par une face plane ou même légèrement convexe. Quand, au contraire, les vaisseaux sanguins ont été fixés distendus (1), la face correspondante de la cellule porte une encoche en forme de gouttière, répondant à l'empreinte du capillaire. Lorsqu'enfin le réseau capillaire intra-lobulaire est gorgé au maximum, les cellules hépatiques reçoivent des empreintes profondes, qui donnent aux travées correspondantes l'apparence de rubans étroits et festonnés sur les coupes du parenchyme hépatique. C'est ce qui arrive régulièrement sur tout le pourtour des infarctus du foie hyperémié par congestion collatérale, et à un moindre degré dans le foie des cardiaques asystoliques, consécutivement à la stase parfois énorme dont les réseaux capillaires de la glande entière sont alors le siège. Les empreintes que portent les cellules hépatiques sur leur face répondant aux capillaires intralobulaires dans le foie cadavérique de l'Homme, ne sont donc pas dues à une disposition anatomique permanente, mais bien à ce que ces cellules sont entrées en rigidité, alors que les vaisseaux sanguins du

(1) Ranvibr (Journal de microffraphie, t. IX, p. 13) fait cette démonstration en injectant par la veine porte, la veine cave étant liée au-dessus du foie sur le Rat décapité, une solution épaisse de gélatine à plus de 30 degrés. Puis il laisse la masse se solidifier. Il achève le durcissement par Tacide osmique et dissocie ensuite les cellules hépatiques avec des aiguilles. Ces cellules présentent des gouttières profondes répondant aux capillaires. Biles sont d'ailleurs normales, très chargées de glycogène.

Page 1