LYMPHATIQUES. CANAUX BILIAIRES &ES ESPACES PORTES
portaux » de Hering (1) et les crevasses lymphatiques de Mac GiLLAVRY (2). Avec un peu de soin, on peut les injecter aveg le mélange osmio-picro-argentique et les observer flxés-déployés et en même temps imprégnés d'argent. Ce sont tous de grands ou de petits capillaires lymphatiques, prenant leur origine dans la bande connective porto-biliaire par des ampoules closes constamment situées à l'extérieur des lobules.
Les canaux biliaires, que renferment en plus ou moins grand nombre les bandes porto-biliaires, y forment des anastomoses lâches entre eux. Ils présentent dans leur voisinage un grand nombre de cellules connectives jeunes et des cellules lymphoïdes également nombreuses, ainsi que des capillaires sanguins appartenant à Tartère hépatique et qui sont sectionnés en divers sens. Ils sont limités par une membrane propre absolument sans structure. Sur cette vitrée, reposent les cellules épithéliales qui sont cylindriques, limitées sur leur pôle libre par le plateau cuticulaire décrit par Eberth (3). La ligne des plateaux borde une lumière circulaire. Le noyau de chaque cellule est arrondi ou ovalaire dans le sens de la hauteur de l'élément. De son pourtour partent des séries de granulations disposées en rayons au sein de travées protoplasmiques également radiées. Ranvier (4) a fait voir que, dans le foie tubulé de la Grenouille, ces cellules renferment du glycogène tout comme les cellules hépatiques.
Sur les préparations faites après injection des vaisseaux sanguins par une masse à la gélatine et au carmin, on reconnaît que les capillaires issus des artérioles hépatiques forment des mailles élégantes tout autour des canaux biliaires, qu'elles enveloppent d'un rets. Sur le pourtour des plus gros canaux biliaires occupant les espaces stellaires de Kiernan, on peut même voir (foie du Lapin), de petites branches artérielles dessiner autour du canal, en dehors de sa vitrée, un anneau presque complet d'où partent de distance en distance de petits bouquets de boucles capillaires refoulant la vitrée en dedans. Ces relèvements papilliformes répondent è de petites fossettes de la paroi du canal biliaire ayant déjà chacune, dans les intervalles des lobules, la signification d'un petit crypte analogue à ceux qu'on trouvera plus développés tout le long des canaux hépatiques et du canal cholédoque.
PaMUfea de Hering. — Sous Ce terme, je désigne les points de raccordement des canaux biliaires avec les travées hépatiques et des lumières de ces canaux avec les canalicules biliaires capillaires
(1) E. Hering, in Manuel de Stricker^ trad. anglaise de New- York, p. 424
(2) Mac Gillavry, Sitzungsbericht der Wiener Ahademie d, Wissensck,, 28 avril 1864.
(3) Eberth. Archiv fur mikrosk, Anatomie, t. III, p. 423.
(4) Ranvibr, loco citât»
PASSAGES DE HBRING OU FOIE LOBULE. 1465
occupant Taxe de ces mêmes travées. Leur étude a été faite, en effet, en premier lieu par Hbring (1). J'ai déjà dit comment s'effectue ce passage dans le foie tubulé type, celui de l'Âmmocète. La lumière large du canal biliaire se continue avec la lumière très étroite du tubule sécréteur (voy. flg. 907). Un fait à remarquer, c'est que presque immédiatement au delà du point de raccord, le tubule sécréteur se coude et passe dans un autre plan que le canal biliaire. C'est pourquoi il est en somme très difâcile de mettre en lumière le point de passage sur des coupes minces.
Cette disposition coudée me paraît générale ; elle existe en effet dans le foie tubulé de la Grenouille et des Lézards. D'autre part, Ranyier a découvert chez la Grenouille verte un fait intéressant (2). Quand les voies biliaires ont été injectées au bleu de Prusse soluble, on voit que leur lumière envoie des diverticules entre les cellules épithéliales cylindriques des derniers canaux biliaires, ceux qui font suite aux points de passage, tout comme elle le fait entre les plans-côtés des cellules hépatiques des cylindres de Remâk. C'est là une nouvelle preuve de la parfaite homologie existant au fond entre les travées hépatiques et les canaux biliaires.
Dans le foie des mammifères, les plus petits canaux biliaires interlobulaires commencent par longer la surface du lobule. Leurs-cellules épithéliales deviennent prismatiques basses, de cylindriques qu'elles étaient, puis pavimenteuses. Quand, après des divisions et des anastomoses successives, le canal biliaire est venu tangentiellement au contact des lobules, « les cellules épithéliales s'allongent, s'aplatissent; leur noyau, tout aussi volumineux, devient plat, elliptique, avec son grand axe parallèle à l'axe » du canal (Ranvibr). Puis, brusquement, ce canal se coude et entre dans le lobule où il se raccorde avec une travée ou un nœud de travées. Sa lumière se poursuit par celle des canalicules biliaires capillaires. Son épithélium ne dépasse jamais la première rangée des cellules hépatiques.
tim« eonioaetu fi« lobule. — J'ai dit déjà que, sur la marge du lobule hépatique, le tissu conjonctif développable cesse d'exister là où commencent les travées de cellules hépatiques séparées les unes des autres par les capillaires radiés. De cette marge au pourtour immédiat de la veine sus-hépatique, on n'en trouve plus : je suis sur ce point entièrement d'accord avec Ranvier. Tout autour de la veine centrale, et lui formant une mince gaine occupant les intervalles des capillaires radiés qui s y déversent tout le long de son parcours dans le lobule, on retrouve des faisceaux de tissu conjonctif lâche, princi-
(1) E. HgRiNa, Manuel de Strxcket\ trad. anglaise de New -York, p. 420,1872.
(2) Ranvieb» Journal de micrographie^ t. IX, p. 390.
1466 TISSU GONJONCTIP' DU LOBULE.
paiement longitudinaux et formant Tadventice de la veine. Ce tissu conjonctif suit la veine parallèlement à son sens de marche. Il cesse brusquement d'exister à une petite distance du vaisseau : on ne le voit pas se dissocier et envoyer des pinceaux dans Tépaisseur du parenchyme lobulaire. Ces faits peuvent être observés très aisément et ne sauraient laisser le moindre doute. En revanche, l'existence d'un stroma connectif, à espaces d'ailleurs non développables, entre la mai^e du lobule et sa veine centrale, a donné naissance à de multiples recherches et aussi à beaucoup de discussions (1).
(1) E. Wagner (Œstrische Zeitschrift fij^r praktische Heilhunde^ 29 mai-s 1861) est le premier auteur qui affirma Texistence de cellules du tissu conjonctif à Tintérieur du lobule hépatique. Cette manière de voir fut aussi adoptée par Engel- Reimers (Explic, de tel. Uepat. conjunct., Berolini, 1860), par Kôllirer et aussi par FÔRSTER (voy. Kôlliker, Handbuch der Geioeblehrè V. Aufl., S. 438). Toutefois, à cette époque, Henle contestait Texistence des cellules conjonctives dans le lobule, tout en admettant que les capillaires radiés sontaccompagués dans leur parcours par des filaments connectifs tellement fins,qu*ils n'apparaissent en section transversale que comme de simples points. Hering, qui cite Topinion de Henle à la suite des précédentes dans son article sur le foie du Manuel de Stricrer, fait observer avec raison que les divergences peuvent provenir de ce que les auteurs qui ont décrit des cellules conjonctives dans le lobule n*ont pas noté avec précision si leurs observatiouB concernaient la portion centrale ou la portion périphérique du lobule, et des f«dea entièrement normaux ou non, frais ou non, etc. Dans le foie sain du Chien adulte, Hering admet que le tissu conjonctif inter-lobulaire engage seulement dans la portion marginale du lobule un petit nombre de faisceaux connectifs grêles, qui se pénicillent ensuite en une série de fils homogènes très fins, reliant les capillaires radiés comme par une dentelle réticulée, mais sur les mailles de laquelle on ne voit point de noyaux indicateurs des cellules conjonctives. Il ajoute que ces fins filaments réticulés et sans noyaux « sont les seuls éléments figurés dont l'existence soit clairement prouvée dans les lobules » en dehors des capillaires radiés et des cellules hépatiques.
Malgré un certain nombre de recherches nouvelles sur ce point particulier, la question ne me paraît pas beaucoup plus avancée que du temps de Hering. — Pour J. Disse (L'eber die Lymphbahnen der Sàugethierer Leber, Arch. f. mikroskopische Anat.^ t. XXXVI, p. 228, 1890), les capillaires radiés seraient entourés chacun d'une gaine péricapillaire. Il développe cette gaine en poussant une injection par la veine porte, de façon à obtenir une transsudation de la masse à travers la paroi des capillaires radiés. Après quoi, la coloration des préparations par l'hématoxyline lui permet de reconnaître que cette gaine, comprise entre les capillaires et les travées hépatiques, est cloisonnée par une foule de filaments fins. Quant aux cellules conoectivesou<( cellules étoilées du foie », elles seraient appliquées sur la surface externe des gaines péricapillaires. Le traitement au pinceau des coupes du foie congelé le coudait k la même conclusion, et de plus à celle-ci : c'est à savoir que les fibrilles parties lies gaines péricapillaires s*étendraient entre les cellules hépatiques en foimant le stioma des travées, à peu près comme l'avait dit depuis longtemps Fret (Histologie et histochimie, trad. franc., 2© édition). Dans tout ce stroma fenêtre, Disse voit l'une ►le? origines des lymphatiques par un vaste système de lacunes non revêtues d'ea- Jottiélium. Nous savons positivement aujourd'hui qu'une telle conception est erronée, et 4[ue les lymphatiques ne s'ouvrent jamais dans aucun espace inter-organique dépourvu d'endothélium. On peut faire aisément la critique du travail de Disse. l/hématoxyline, qu'il a employée comme colorant, détermine fréquemment des appa-