CONTINUATION DE LA VARIATION MODELANTE DANS LE FOIE ADULTE
arrondi ou allongé, au sein duquel des rubans épithéliaux en zigzags prennent place entre des vaisseaux ou des traînées pleines de cellules conjonctives embryonnaires polyédriques. A ce moment, là ressemblance avec les points pseudo-folliculaires du petit pancréas du Poulet est presque absolue. Je reviendrai sur ce sujet en parlant du pancréas. Pour le moment, je ferai remarquer que l'existence d'îlots pseudofolliculaires, dans le foie tubulé, constitue un argument morphologique nouveau à Tappui de la conception que j'ai formulée depuis longtemps et qu'ensuite Ranvier a, de son côté, adoptée et développée : à savoir que le foie et le pancréas sont deux modalités d'une seule et même formation glandulaire, d'origine duodénale et devenue conglobée.
Dans le foie lobule, les îlots pseudo-folliculaires ne continuent pas à se développer. Je serais porté à considérer comme leur répondant, chez l'adulte, les petits systèmes de vasa aberrantia qui prennent place entre les branches de bifurcation des canaux biliaires de distribution dont j'ai parlé plus haut, et au sein desquels les tubes glandulaires sont plies et repliés parfois très élégamment sur eux-mêmes dans l'intervalle de bouquets de capillaires, dirigés en divers sens et issus des branches de l'artère hépatique.
C4»iitlBaalloD lente de la ▼arlatlon modelante dans le foie adulte. —
Dans les lobules du foie des mammifères adultes, on trouve constamment des signes histologiques d'une continuation lente de la variation modelante qui a ramené le foie du type tubulé au type lobule. Je rappellerai d'abord que tous les vaisseaux radiés gardent indéfiniment des caractères embryonnaires; leur lame protoplasmique pariétale ne se scinde pas en cellules endothéliales distinctes. J'ai aussi montré que presque tous présentent, sur leur trajet,des pointes d'accroissement ou des bourgeons d'extension en doigt de gant. Certaines pointes se rejoignent, entre les capillaires, par une partie non canalisée. D'autres, végétant en sens inverse l'une de l'autre, ne se rejoignent pas (voy. fig. 906). Ceci porte à penser que, dans le parenchyme lobulaire, les capillaires ne cessent pas d'éprouver un mouvement lent de croissance. D'autre part, un grand nombre de cellules glandulaires des travées hépatiques possèdent deux noyaux ou même trois et parfois un plus grand nombre dans le foie normal du Chien . 11 y a donc là aussi un mouvement lent de croissance continue qu'on peut rapprocher de celui* des capillaires radiés. Enfin le foie adulte, normal absolument, renferme, comme le foie fœtal, un certain nombre de cellules à noyau bourgeonnant et à noyaux multiples. Ces cellules, peu nombreuses, occupent des culs-de- sac des capillaires radiés et sont appliquées contre les travées hépatiques. Certaines les dépriment au point de contact, de façon à éroder la travée correspondante. La travée, coupée tangentiellement, montre une cellule géante au milieu des cellules glandulaires qui se tassent autour d'elle. C'est là, en réalité, la coupe transversale
Rbhaut. — Histologie pratique, II. 95