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DU REIN

Je m'occuperai ici des artères et des veines, et seulement des voies lymphatiques à propos du tissu conjonctif du rein. Je ferai seulement remarquer derechef que les vaisseaux de distribution, artères et veines, branches des vaisseaux émulgents, forment sur la limite de la substance médullaire et de la substance corticale une série d'arcs, dont la convexité regarde la substance corticale et y projette les vaisseaux inter-lobulaires, tandis que la concavité regarde la substance médullaire et le bassinet. Les arcs artériels, par leur concavité, émettent les artères droites, destinées à la substance tubuleuse de la pyramide et à la papille.

Chez tous les mammifères, le système vasculaire du rein définitif ofire une grande fixité. Il suffit donc de l'étudier dans le cas le plus simple, par exemple chez le Lapin où le rein se compose d'une seule pyramide, pour en prendre une idée exacte au point de vue de l'ana-

DISTRIBUTION DBS ARTÈRES — ARTÈRBS INTBR-LOBULAIRBS. 1621

tomie générale. Pour étudier simplement la distribution des vaisseaux et les voies de communication entre les divers réseaux de capillaires concourant h former la vascularisation du rein, on fait une bonne injection à la gélatine et au bleu de Prusse ou à la gélatine et au carmin. Pour se rendre compte des différences existant entre les divers vaisseaux au point de vue de leur endothélium et de la distribution des fibres musculaires lisses le long des artères, des branches artérielles et des artérioles, on injecte successivement dans les vaisseaux de l'eau distillée, puis une solution de nitrate d'argent, ou mieux le mélange de liquide osmio-picrique et de nitrate d'argent (liquide B). On voit alors les vaisseaux, les capsules glomérulaires et les tubules du col ainsi que très souvent sur une certaine étendue les tubes contournés, tout à la fois imprégnés d'argent et fixés dans leur forme à l'état de distension.

mstribaUoB des artères. — Les arcs artériels de distribution émettent par leur convexité les artères inter-lobulaires destinées à la substance corticale, et, par leur concavité, les artères droites destinées à la substance médullaire, c'est-à-dire à la pyramide de Malpighi. Les premières montent droit vers la surface du rein; les secondes descendent également droit vers la pointe de la pyramide et le bassinet.

Artères inter-lobulaires. — Elles montent droit des arcs de dis* tributioQ vers la capsule, renfermées dans le prisme de tissu œnjonctif lâche que j'ai nommé « tige inter-lobulaire n en èmettaiit, dans une série de sens et au moins dans trois, les branches afférentes des glomérules. Celles-ci ont, de l'artère au corpuscule de Malpighi correspondant, un Irajet absolument direct. Chemin faisant, elles n'émettent point de capillaires. Elles affectent une direction générale transversale ou légèrement arquée. Elles ont, comme je l'ai dit, une couche de fibres musculaires continue de leur origine à leur terminaison, qui est le pied du glaraérule. Là, elles se résolvent en autant de bouquets de capillaires que le glomérule compte de floccules, et nous savons dèjÈi que les capillaires glomérulaires restent iïidèfiniment erabryonnaires. — De leur coté, les capillaires des divers floccules se résument tous, sur le pédicule du glomérule, en un vaisseau artériel unique, l'artériole ou branche efférente du glomérule, qui sort du corpuscule de Malpighi exactement à côté delà branche afférente (fig, 958). C'est cette disposition qui fait du glomérule un vrai réseau bipolaire artériel, La branche efférente artérielle n'a qu'un tout^)etit anneau de muscles lisses, juste k son issue du glomérule. Au delà, c'est un simple capillaire artériel. Mais sa direction esta peu près constamment . arquée. Puis le capillaire artériel descend plus ou moins dans les intervalles des tubes contournés ; et en même temps il entre en communication avec le vaste réseau des capillaires inter-tubulaires, formé

FiG. 958. — Le glomérule, ses vaisseaux afférents et efierents pris sur une coupe sagittale d'un rein de Chien dont les vaisseaux ont été injectés par une masse à la gélatine et au carmin. Durcissement par Talcool ; coupes à main levée colorées légèrement par la purpurine. Baume du Canada. — (Ocul. 1, obj. 4 de Leitz; chambre claire.)

ai, artère inter-lobulalre ;—&a,&a branches aférentes glomérulaires derarière inter-lobulaire ; — {,/, ^ capillaires artériels des trois floccules dont se compose le glomérule; — - be^ branche arlérielle effèrenle da glomémle : elle se jette à ane courte distance du corpuscule de Malpigbi dans le réseau des capillaires sanguins inter^tubulaires ci,ct; — o, capillaira veineux se dégageant du réseau des capillaires întertubulaires ; — ty tubes contournés du rein.

et auxquel celles-ci apportent le sang artériel qui a déjà passé par les petits réseaux bipolaires admirables des corpuscules de Malpighi.

Chaque artère inter-lobulaire porte ainsi, comme un rameau ses fruits, un certain nombre, d'ailleurs variable, de glomérules répondant chacun à un corpuscule de Malpighi. A sa terminaison sous la capsule fibreuse, elle se résout ordinairement en deux branches glomérulaires dont les glomérules émettent une branche artérielle efférente qui se termine par un réseau de capillaires superficiels, tributaires des grands confluents veineux qu'on appelle les ê'ÏôiY^s de Verheyen, Au contraire, les glomérules les plus voisins du pied des artères iûter-lobulaires (c'est-à-dire du point d'origine de celles-ci sur la convexité des arcades artérielles de distribution), oct une braoche afférente glomérulalrê qui ressemble à toutes les autres, mais une branche efférente préseutant cette particularité quelle garde son individualité sur un long trajet. Elle se recourbe en arc et descend dans la substance médullaire comme une artère droite ; puis elle se résout en capillaires intermédiaires aux tubes de Bellini et à mailles grêles et allongées, aussi comme font les artères droites.

Dana le rein du Lapin, on peut constater une particularité intéressante quand on a imprégné de nitrate d'argent les vaisseaux sanguins et qu'on les a fixés développés. Le dispositif des muscles lisses varie sensiblement, le long des artères inter-Iobulaires,dans l'intervalle des branches afférentes glomérulaires qu*eUes émettent chemin faisant. La couche musculaire apparaît renforcée en certains points et beaucoup plus faible en d'autres, 11 y a donc là, échelonnés de Torigine de l'artère inter- lobulaire à sa terminaison, une série d'anneaux, régulateurs en somme de la circulation des filtres glomérulaires corres pondauts. Cette circulation deviendra en effet pleine ou réduite suivant le degré de contraction des aortes de petits sphincters dont je viens de parler : chacun d'eux, en se contractant, dérivant le sang en amont dans les branches afférentes glomérulaires, et anémiant au contraire relativement celles-ci en aval. Comme, d'autre part» le vaisseau efférent d*un glomérule possède un petit sphincter annulaire qui le ferme ou rouvre plus ou moins, et que rartériole afférente de tous les corpuscules de Malpighi est également musclée — cette fois ci dans tout son parcours— on voit de combien de variations est susceptible la circulation des diverses parties d'un même lobule, et en particulier celle des glomérules sous Tinfluence des actions vaso-motrices.

Artères droites ^ ~ Nées de la concavité des arcs artériels de distribution, à Toppositedes pieds des artères inter -lobulaires(l), les

(i) J'adopte ici la manière de voir de Lu0Wïa, doat j'ai pu rériûer Texàctilude par l'étude d^s iDJectioiia faites lur le rein du Lapio. Kolueir admet par contre

artères droites descendent dans la pyramide, en se subdivisant en branches nées à petite distance les unes des autres et prenant immédiatement un parcours qui les rend parallèles entre elles. Il en résulte une sorte de bouquet vasculaire comparable à une queue de cheval. Après un certain parcours dans la pyramide, et d'autant plus court qu'elles sont plus internes par rapport à chaque irradiation médullaire composant celle-ci, ces branches se recourbent sur un court trajet. Elles se résolvent ensuite en de grands capillaires, à mailles allongées dans le sens de la marche des tubes de Bellini et des anses de Henle, dont ils occupent les intervalles. Les veinules, puis les veines droites, constituent la voie en retour de ce réseau longitudinal de capillaires. Les artères droites et surtout leurs branches de bifurcation sont remarquables par le peu de développement de leur couche musculaire ; et Ton n'observe aucune variation dans l'épaisseur de celle-ci le long du vaisseau.

DistribBiioB des veinefi. — Contrairement à ce qui a lieu pour les artères, toutes les veines du parenchyme rénal aboutissent à la convexité des arcs veineux de distribution. Ces veines sont les inter lobulaires, qui appartiennent à Técorce et montent dans les tiges connectives inter- lobulaires à côté des artères de même nom^ et les veines droites. Les racines des veines droites ont un trajet analogue à celui des artères droites. Leurs branches se résument sur le troncule collecteur comme se divisent celles des artères. Seulement, les veines droites abordent le pied des veines inter -lobulaires et non pas Tare veineux de distribution.

A toutes les hauteurs, les capillaires inter-tubulaires du labyrinthe, formant un réseau à mailles polygonales et serrées, abordent sur leur face engagée dans le parenchyme les veines inter-lobulaires. A leur extrémité, ces veines se bifurquent un peu au-dessous de la capsule, au-dessus delà dernière assise du parenchyme cortical renfermant des corpuscules de Malpighi. Leurs branches de bifurcation marchent tangentiellement en divers sens sous l'enveloppe fibreuse et concourent, tout en recevant chemin faisant des capillaires inter-tubulaires, d'une part à la formation des étoiles de Verheyen, et d'autre part à celle d'anastomoses très importantes des vaisseaux du rein avec ceux de la circulation générale. Ces anastomoses, dont j'ai tout d'abord

que les arteriœ reclse naissent exclusivement des vaisseaux artériels efférents des glomérules les pJus voisins de la base des pyramides. À l'appui de cette opinion de KôLLi&SR, Testut fournit (Traité d'anat, humaine, t. III, p. 834, 1884) cet argument qu'une injection poussée par l'artère rénale ne remplit jamais les artères droites du rein de l'Homme. Chez le Lapin et le Chien, une bonne injection à la gélatine et au carmin, faite sur l'animal qu'on vient de sacrifier, les remplit au contraire régulièrement, ainsi que les capillaires et les veines droites de la pyramide.

oi^uaic j. t3JLi9iciii;c^i^, uiit ct6 uci;riic9 iiiiuuiitsuseiiioui par lUfFicK

et Lejars(2) en 1891. Elles permettent de comprendre Taction déplétive des saignées locales, effectuées au niveau du carré lombaire, sur le rein annulé par l'œdème soit congestif, soit passif, qui, comme je le montrerai plus loin, aboutit à l'arrêt de toute circulation dans la substance corticale des lobules rénaux qui en sont atteints.

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