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TISSU GONJONGTIF ET VOIES DE LA LYMPHE DU PARENGHYME RÉNAL

Capsule libreniie dn rein. — Le rein est entouré sur toute sa péri phérie, même lorsqu'il est très lobule, par une capsule fibreuse continue. La capsule fibreuse prend son origine, comme je l'ai dit plus haut, dans la différenciation primitive de la marge de la calolte mésodermique du rein embryonnaire. Elle est formée par du tissu conjonctif modelé dont les faisceaux s'entre-croisent, par séries, en diverses directions, et se disposent en assises de nombre variable avec le volume du rein. Elle est reliée très lâchement avec l'atmosphère celluleuse du rein, et double la substance corticale, dont elle se répare nettement lorsque le parenchyme rénal est sain. Quand on l'enlève par arrachement^ elle vient dune pièce. Mais il est facile de voir qu'elle envoie dans 1 ecorce une série de petits tractus droits, qui se rompent lun après Vautre et consèquemment sont distants entre eux. Sur des coupes perpendiculaires a la surface du rein convenablement durci, comprenant tout k la fois Técorce et la capsule fibreuse» on reconnaît que les petits tractus grêles répondent pour la plupart à rextrémité des bandes de tissu conjonctif satellites des artères et des veines inter-lobulaires. Un plus petit nombre répond au passag*^ de vaisseaux sanguins du parenchvme cortical dans l'épaisseur de la capsule. C'est par TintermétHaire de ces vaisseaux que» chez le Lapin comme je l'ai indiqué d'abord avec HoRTOiiis et aussi chez VHomme, une injection de nitrate d'argent, poussée par Tartêre émulgente la veine étant liée, vient imprégner rendotliélium des vaisseaux sanguins contenus dans le muscle carré lombaire, et ceux même delà peau eu arrière de ce muscle.

La question du tissu conjonctif du rein a donné lieu à beaucoup de recherches et davantage encore à dea discussions. Pour ce motif,

(1) l, Rknaut, Sur Tœdètne aigu congestîf et la faussie imperméabilité du rein, etc. (Acad, de médecine, 1890).

12) TuFFî^B. et Lejahs, Lea Tdiae« de It capsule dti reio (A rch, de physiùlogie^ p. 42-50, 1891 )•

1626 TISSU CONJONCTIP DE LA PYRAAnDE ET TIGE MUQUEUSE CENTRO-LOBDLAIBB.

j'ai moi-même repris cette étade avec des méthodes analytiques. J'exposerai ici ma manière personnelle de voir.

lissn eoB|oBetil de la |^«|^UIe et de la |^7r«Bilde de Halpisbi. — La

papille de la pyramide renferme un petit nombre de tubes collecteurs de Bellini, et une couronne plus ou moins exactement marginale de tubes de Henle. De plus, tout autour du pore papillaire, règne un riche anneau de capillaires veineux d*où partent des veines droites, souvent très larges et musclées surtout dans le sens longitudinal. L'extrémité des artères droites occupe aussi la papille. Toutes ces diverses formations sont unies et séparées par du tissu conjonciif, lâche quoique les faisceaux connectifs et le réseau des cellules fixes suivent sensiblement le trajet des tubes droits ou de Henle, et celai des vaisseaux sanguins. Dans le rein du Cobaye dont la papille et la pyramide ont été bien fixées par les vapeurs osmiques dans la chambre humide, on voit les faisceaux conjonctifs délicats, mais fibrillaires, former un stroma dans les intervalles des tubes droits et des vaisseaux. Après coloration par Téosinehématoxyliquecu rhèmatéine etTéosine, on distingue les cellules fixes anastomosées plus ou moins régulièrement par leurs prolongements membraniformes ou filiformes. Enfin, on peut observer le long des vaisseaux sanguins la couche rameuse périvasculaire. Dans le rein humain, la disposition est essentiellement la même. Vers la pointe de la papille, le tissu conjonctif est nettement fibriUaire. Vers la base de la pyramide, il ne l'est plus. Il revient progressivement à la forme jeune : c'est un tissu muqueux constitué par un réseau très délicat de petites cellules étoilées, reliées par une substance fondamentale homogène où viennent se fondre, à la région moyenne de la pyramide, les faisceaux connectifs délicats partis du tissu conjonctif difi'us de la pointe de la papille. Les capillaires traversent ce tissu conjonctif jeune avec leur couche périthéliale satellite. Si l'on colore avec Téosine soluble dans l'eau une coupe sagittale de la pyramide dont los vaisseaux sanguins ont été injectés par une masse à la gélatine et au bleu de Prusse, puis qu'on l'examine dans la glycérine formiquée à 4 pour 100, on voit d'emblée le réseau des cellules fixes dont je viens de parler occuper les espaces inter-tubulaires et inter-vasculaires.

TIffe eoBiieetlire eentro-lobalaire. — Ce tisSU COnnectif, jeune et

dépourvu de trame conjonctive, s'engage avec les irradiations médullaires dans les lobules de la substance corticale du rein comme je l'ai indiqué plus haut. Dans toute son étendue, il constitue un milieu qui peut servir de voie aux migrations leucocytaires, mais qui n'est nullement développable. Dans l'irradiation médullaire, il se raréfie du reste considérablement et se réduit à un rets de cellules fixes à mailles rares et grêles vers la pointe de la pyramide de Ferrein. C'est la tige connective ou plutôt muqueuse centra lobul aire ^ constituant le

Ferrein.

Hnscles llMesde* i^apUlM réaales. — DdDS le reiû du Chien, de

rHomme et du Mouton, ou trouve très développé au sein de la papille le petit système musculaire lisse signalé autrefois par Henle et bien étudié par Engelmann. Les fibres musculaires dessinent autour des pores papillaires des sortes d*anneaux. De plus, d'autres pinceaux de fibres s'insèrent d'une part au voisinage du canal papillaire, d'autre part sur les tissus fibreux.de la paroi interpapiliaire du bassinet. Les anneaux agissent, bien entendu» comme des sphincters, les pinceaux comme des dilatateurs du canal et du pore papillaire. Si l'on faitune injection interstitielle du mélange osmio^picro-argeutiquedans la papille, on peut en outre reconnaître que roii a affaire à de véritables petite feuillets musculaires rubanés, où les fibres lisses se touchent toutes, sont parallèles entre elles et séparées seulement les unes des autres par de minces lignes de ciment, qui réduit Targeot en noir.

Dans la majorité des reins composés de plusieurs rénicules et ayant par suite plusieurs pyramides, Tintervalle des papilles et l'écart de la paroi fibreuse de leurs calictîs est comblé par les festons adipeux bien connus, en dehors desquels prennent place les prolongements interpyramidaux de la substance corticale connus sous le nom de colonnes de Berlin ^

tImu coiii«»B«tii d« récorce du rein. — Amené Bû petite quantité et sous forme d'un tissu muqueux au centre de chaque lobule par Tirradiation médullaire qui en occupe le centre, Iti tissu conjonctif suit d'autre parties vaisseaux sanguins inter-lobulaires et prend place avec eux de distance en distance entre les lobules. Mais, celte fois-ci, il s*agit d'une formation de tissu conjonctif diffus ordinaire, développable et pouvant devenir le siège de l'œdème : ce qui est sa caractéristique majeure. Je lui donnerai le nom de tige co}inective péri-lobulai7^e.

La tige connecti^'epérilobulaire prend sa racine dans le tissu conjonctif qui suit les arcs vasculaires de distribution, artériels et veineux, sur la limite des deux substances corticale et médullaire. Elle s'élève avec les vaisseaux inter-lobulaires vers la surface du rein, en affectant la forme d'un prisme de tissu conjonctif délicat> qui s*atténue |)eu à peu et, sur la marge de l'organe, se relie à la capsule tibreuse sous forme de petits tractuscelluleux dont j'ai déjà parlé. Le prismede tissu conjonctif est limité sur son pourtour j nettement, par la substance des trois ou des quatre lobules dont il occupe Tintervalle. Il renferme (fig. 959) Fartère inter-lobulaire le long de laquelle ses éléments se disposent dans un sens décurrent pour jouer le rôle d'adventice. 11 est formé de faisceaux conjonctifs le plus souvent délicats, dans l'intervalle desquels règne le réseau des cellules fixes- Les espaces inter^fasciculaîres sont occupés par un petit nombre de cellules migratrices si le

rein est sain. La veine inter-lobulaire occupe au contraire Fun des plans-côtés du prisme de tissu conjonctif. Souvent même elle est plus ou moins engagée dans le labyrinthe : de Ib, sur les coupes en travers, sa section en forme d'étoile. Dans tous les cas, elle adhère par une de ses faces à la substance tubuleuse et fait corps avec elle : c'est pourquoi elle est toujours béante.

Avec chaque branche transversale glomérulaire de Tarière interlobulaire, il part du tissu con- : JA,^ ; r^ jonctif lâche une mincebande- 1/ , lette (bandelette de Vartè-

."; /:J riole afférente) qui suit ce V ' petit vaisseau jusqu'au corpuscule de Malpighi. Là, cette bandeletteconjonctivediverge en un petit cône répondant au pédicule du glomérule (coin gl07né7^laire) , pour embra sser le corpuscule de Mal pighi et former autour de sa capsule une ou deux minces lamelles, à la surface et dans l'intervalle desquelles on voit des cellules plates, disposées conçentriquement au corpuscule. Ce sont les lamelles péri-^iapsulaires; elles meurent sur le col du corpuscule de Malpighi. — Au delà, dans le labyrinthe des tubes contournés, il n'y a plus d'espace de tissu conjonctif développable. Chaque tige connective inter-lobulaire est située, de distance en distance, au confluent de trois lobules au moins. Elle envoie donc au moins aussi dans trois directions la série de ses prolongements intra-lobulaires, répondant à la pénétration des branches glomérulaires émises par l'artère interlobulaire qu'elle renferme. Comme les corpuscules de Malpighi primordiaux de la portion peclinée du corps de Wolfi", ceux du rein définitif et leurs vaisseaux artériels afi'érents sont donc plongés au sein d'une formation continue de tissu conjonctif.

Espaecs later-tabulalres dUa« le labyrlalhe. — Les vaisseauX capil-

tlUiAUi)QO

FiG. 959. — Coupe parallèle à la surface du rein du Lapin, dont les vaisseaux sanguins ont été injectés par une masse à la gélatine et au bleu de Prusse. (Purpurine, alcool, essence de girofles, essence de bergamote ; résine Dammar.)

vg\ vaisseaux d*uD glomérule, conatituant un réseau bipolaire artériel ; — v, v, r, capillaires iuler-tubulairea ;— c, coupe transversale d'une branche artérielle interlobulaire; — /«/, veines interlobulaires répondant à cette artère; ^ (, tubes contournés.

laires sanguins occupentexactementles intervalles des tubes contournés à l'intérieur du labyrinthe. Ils forment avec eux un tout indissociable. Il n'y a donc, à proprement parler, pas davantage de tissu conjonctif ici que dans le lobule hépatique. Touterois, il ne s'agit plus de capillaires embryonnaires ni d'une formation épithéliale pénétrée et remaniée par les vaisseaux, mais bien d'une juxtaposition étroite entre les canaux vasculaires et les tubes contournés entremêles et venus au contact exact entre eux. Cela posé, si l'on remplit exactement les vaisseaux du rein par une injection à la gélatine et au bleu de Prusse, par exemple, puis qu'on y fasse des coupes minces après durcissement par l'alcool, il çst facile d'observer nombre de points où les tubes contournés et les capillaires au contact entre eux sont en même temps sectionnés soit en travers, soit en long. Sur les sections simultanées en travers, il y a forcément entre les cercles répondant à la coupe des tubes et des vaisseaux des espaces triangulaires curvilignes. Or, on peut constater, après coloration à la purpurine ou au carmin aluné, qu'il y a des noyaux occupant un certain nombre de ces triangles, et qu'ils répondent à des cellules plates appliquées à la surface des capillaires. Sur les sections simultanées en long, on reconnaît que ce sont là les cellules tlupérithélïumd'Eberth. Mais contrairement à ce qu'affirme Zalbsky, il n'y a pas dans le labyrinthe d*autre9 éléments conjonclifs*

Voi«> iTinpbatiqncMi. — Cependant, Lî3Dwi&etZAVABYKiN,eaétudiant les lymphatiques du rein à l'aide de l'ancienne méthode consistant en des injections interstitielles de blende Prusse soluble, ont constaté les deux faits suivants : — 1" En piquant interstitiellement la capsule fibreuse si elle est épaisse, ou au-dessous d'elle si elle est mince, on remplit de bleu les lymphatiques de la pyramide et de la papille. En piquant la papille, on injecte les lymphatiques capsulaires. Il y a donc deux systèmes de lymphatiques, et Ton peut constater le passage des injections de Tun dans l'autre à travers le reio. — 2** Les injections de bleu de Berlin développent, chemin faisant, dans la substance tubuleuse, des espaces stellaires plus ou moins larges, occupant les intervalles des tubes contournés et des vaisseaux sanguins. Ludwig eiZAVARyKiN les considèrent comme des t^ crevasiîes ou lacunes lymphatiques n, — Cette conception était, d'ailleurs, fondée a une époque où régnait la théorie des canaux du suc, et où Ton considérait les espaces du tissu conjonctif comme parcourus dans tous les sens par ces mêmes canaux. Aujourd'hui, nous savons parfaitement que les capillaires lymphatiques parcourent, il est vrai, le tissu conjonctif, mais s'y terminent constamment, ou plutôt y prennent leur origine par des extrémités closes» Il faut donc reprendre la question des lymphatiques du rein par la métliode des injections interstitielles faites avec le mélange de liquide osmio-picrique et de nitrate d'argent^ parce que c'est la seule qui permette d'observer les lymphatiqces axés à l'état de déploiement

parfait, et en même temps de mettre en évidence la paroi endothéliale qui les limite et seule les caractérise.

Par cette méthode appliquée à l'étude du rein du Chien, par exemple, on peut reconnaître que la capsule fibreuse renferme un certain nombre de grands capillaires lymphatiques disposés à peu près comme ceux du feuillet viscéral du péricarde. Des lymphatiques capsulaires, partent en petit nombre des capillaires lymphatiques qui traversent la substance corticale du rein par la voie des tiges connectives péri-lobulaires. Ces lymphatiques, peu nombreux et de calibre réduit, sont dans leur parcours les satellites des artères inter-lobulaires. Puis, ils gagnent la pyramide par la voie des bandes connectives qui suivent les vaisseaux de distribution sur la limite des deux substances. Dans la papille, le rets des vaisseaux lymphatiques est plus étendu. Aucun des vaisseaux dont je viens de parler n*est valvule. Dans le parenchyme rénal, il n'y a donc ni veinules lymphatiques, ni lymphatiques propulseurs. Cet ordre de vaisseaux n'apparait que dans le tissu conjonctif occupant le bile du rein.

Quand l'injection interstitielle a été faite dans la substance corticale ou qu'elle y a pénétré, elle développe et fixe à l'état de déploiement un certain nombre d'espaces stellaires entre les vaisseaux sanguins et les tubes contournés. Ce sont les lacunes de Zavarykin et de Ludwig. Mais leurs parois ne sont pas revêtues par l'endothélium découpé en jeu de patience ; ce ne sont donc point là des cavités lymphatiques, mais de simples espaces inter-vuso-tubulaires. — Toutefois, si l'espace a été développé autour d'un tubule du col du glomérule, on voit un dessin rappelant un endothélium festonné ; mais il répond, comme nous l'avons vu, à l'imprégnation des cellules épithéliales du tubule du col sinueuses sur leur ligne de base. Partout ailleurs, s'il y a une imprégnation sur l'une des parois de l'espace, elle répond à la face externe d'un tube contourné et dessine des champs cellulaires limités par des traits onduleux. Il s'agit de l'imprégnation de l'épithélium strié sur sa ligne de base. Enfin, si l'on expose plusieurs jours à la lumière une coupe un peu épaisse, on voit se dessiner sur les parois des lacunes des figures rameuses réservées en blanc. Ce sont les images négatives des cellules de la couche rameuse périvasculaire. De tout ceci, il résulte qu'on ne doit plus considérer les tubes contournés comme immergés dans un sac lymphatique cloisonné. Il faut admettre au contraire qu'à l'intérieur du lobule rénal, comme à l'intérieur du lobule hépatique, les vaisseaux lymphatiques font totalement défaut. La vie et le fonctionnement parle sang y régnent seuls.

HouYemeMts dlai^édétlqacs et œdèmes du rein. ^— Dans le lobule

rénal, le labyrinthe, constitué par l'emmêlement des tubes contournés et des capillaires inter-tubulaires, est réservé exclusivementàla vie fonctionnelle. Il n'y a là pour ainsi dire point de voies de la nutri-

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