SUBSTANCE INTER- CELLULAIRE
cellulaire qui les unit et les sépare) se sont rétractées sous rinfluence du fixateur. Dans les dissociations, on rencontre aussi des faisceaux de spermatozoïdes tantôt isolés, tantôt adhérant à une cellule de Sertoli ou à un spermatocyte, ou bien enfin unis directement à un lambeau de membrane du tube, par une tige formée de la même substance intercellulaire. L'existence de cette substance est d'ailleurs universellement admise aujourd'hui : v. Ebner (1888) a longuement décrit la couche de détritus en lesquels elle se résout, et que Ton voit très nettement au-dessous des spermatozoïdes à la surface de rèpithélium séminal quand ceux-ci ont été mis en liberté.
Cette couche, en eflfet, provient de plusieurs sources : résidus des divisions cellulaires (ponts fusoriaux inter-cellulaires et corps intermédiaires de Flemming), restes inutilisés de la métamorphose des spermatides, dégénérescence des éléments cellulaires abortifs de lepithélium séminal (1), etc.
Quant a son rôle, il n'est pas invraisemblable qu'elle soit utilisée de quelque façon pour la nutrition des cellules séminales et des spermatozoïdes en voie de maturation. A un moment donné, la substance ou plasma inter-cellulaire qui unit le faisceau isogénique des spermatozoïdes à la paroi du canal, à la cellule de Sertoli et aux cellules séminales voisines, se ramollit. Le faisceau se désagrège et les spermatozoïdes tombent alors dans la lumière du canal remplie déjà par un liquide albumineux. L'intervalle réduit qu'ils occupaient est alors comblé par la poussée des cellules voisines, et la cellule de Sertoli reprend son aspect et ses rapports primitifs.
Le spermatophore n'existe donc pas en tant que cellule ni même en tant que complexus cellulaire : c'est une simple figuration, ou tout au plus une formation artificielle. Cette formation est d'ailleurs essentiellement contingente. Très développée chez le Rat, elle l'est moins chez d'autres mammifères. Elle peut même faire défaut. Chez une même espèce animale, elle varie avec l'âge et ractivité spermatogénétique. Bien plus^ elle peut avoir pour base une autre cellule qu'une cellule de Sertoli, ou même reposer directement sur la membrane d'enveloppe (Prenant).
Quelle est donc la signification véritable de la cellule de Sertoli ainsi dépouillée de son prétendu rôle de support nourricier des spermatozoïdes ? C'est cette partie du problème qui n'est pas complètement élucidée. L'histogenèse nous a montré que l'épithélium séminal est formé de cellules ayant toutes la même origine. La seule théorie vrai-
(1) Un cerlain nombre de cellules de rèpithélium séminal, principalement des spermatocytes et des spermatides, sont saisies par la dégénérescence au coui*s de leur évolution ; on les retrouve dans la lumière du tube séminifère. Ces éléments cellulaires abortifs se rencontrent dans le testicule adulte même à Tétat normal.
DIVISION AMITOTIQUÈ DES CELLULES DB SERTOLI. 1713
semblable est celle qui fait des cellules de Sertoli des parents ascendants ou collatéraux des sperraatogonies. A tous ceux qui les ont étudiées, elles ont paru jusqu'à présent être des éléments quiescents, c'est-à-dire qu'on ne les a jamais vues en état de karyokinèse. D'autre part, l'opinion de Klein (1880, cité par Prenant, 1887), qui aurait vu des stades intermédiaires entre elles et les spermatogonies, est à vérifier. Mais ces constatations négatives ne constituent pas des raisons suffisantes pour affirmer la stérilité des cellules de Sertoli. Des observations récentes jettent sur la question un jour tout nouveau. Plusieurs auteurs ont observé la division amitotique des spermaioyonies chez les invertébrés et les vertébrés inférieurs. Boom (1897) vient de découvrir un fait très important. Lorsqu'on oblitère les voies spermatiques (ligature ou résection du canal déférent, sclérose de l'épididyme par l'injection sclérogène de Lannelongde, production d'une épididymite tuberculeuse), on constate que les éléments cellulaires de l'épithélium séminal subissent une dégénérescence plus ou moins rapide dont les phénomènes ont fait l'objet d'une étude cytolo gique minutieuse delà part de Bodin (1897). Les cellules de la lignée séminale dégénèrent et disparaissent en général dans l'ordre inverse de celui qui a présidé à leur genèse (fait déjà vu par Mathieu, 1897) jusqu'à ce qu'il ne reste plus dans le tube séminifère que des cellules de Sertoli entremêlées de quelques spermatogonies. Enfin — et c'est ce qui nous intéresse présentement — pendant ce processus, les cellules de Sertoli se multiplient aclivement par amitose. Peutêtre l'amitose est-elle aussi le mode ordinaire de division de ces cellules à l'état normal.
Quoi qu'il en soit, nous admettons que les cellules de Sertoli ne constituent pas une espèce cellulaire à part, qu'elles sont relativement quiescentes, mais non stériles, qu'elles constituent un matériel cellulaire de réserve pour de futures générations séminales.
Depuis la rédaction de ce chapitre, des recherches personnelles que j'avais entreprises sur la spermatogénèse, chez le Gohaye, m*ont donné des résultats importants que je résume ici hrièvement.
On sait que le noyau de la cellule de Sertoli possède une membrane nucléaire très nette, quelques granulations de chromatine, peu nombreuses et très fines, accolées à la surface interne de celte membrane, et un appareil nucléolaire compliqué formé de parties diversement colorables. Dans son ensemble, le noyau se colore faiblement et diffusément ; je ne puis dire si cette coloi'ation porte sur la membrane ou sur le suc nucléaire.
La cellule de Sertoli n'est pas un élément toujours quiescent. Elle ne se divine jamais par karyokinèse, il est vrai, mais, à Tétat normal, je l'ai vue se diviser par le mode direct, ou amitotique, avec une grande activité, comme Bouin vient de le constater sur des testicules pathologiques. Mes observations ont été faites d'abord sur le testicule du Cobaye, puis vérifiées chez le Chat, le Rat et le Chien. Jusqu'à présent je n'ai pu étudier que les phénomènes nucléaires de Tamitose.
Les signes d'activité se maaifeatent par des changements de forme du noyau ei