TRANSITION ENTRE LES SPERMAT0G0NIE8 ET LES CELLULES DE SERTOLI
par la formation de cloisons dues à l'invagination de la membrane propre dans son intérieur.
Les changements de forme du noyau sont faciles à constater : le noyau s'étire, se contourne, émet des prolongements lobaires, prend même parfois une forme annulaire.
Le cloisonnement est plus délicat à observer. Il se forme à la surface du noyau une dépression linéaire étroite mais à double contour, comparable à la dépression que Ton produirait avec un couteau dans une boule de cire à modeler. La cloison ainsi formée est cohstituée par la membrane propre adossée à elle-même et entraînant avec elle les granulations chromatiques appliquées à sa surface interne. Elle s^ctend de plus en plus, et finit par couper le noyau en deux parties que l'on peut voir encore accolées. Puis, les deux noyaux fils s'écartent Tun de Tautre. Les dernières phases du processus paraissent s'accomplir très rapidement, car il est rare de rencontrer des cellules-filles saisies au moment précis où va s'effectuer la séparation.
J'ignore encore quelle est la signification respective des changements de forme et du cloisonnement dans ce processus amitotique. J'incline à penser que les changements de forme sont des phénomènes préparatoires à Tamitose, et que le cloisonnement, comme l'a vu aussi Bouin, est le fait essentiel.
En tout cas, dans le testicule de Cobaye que j'ai étudié, il s'agit d'une amitose très active : un très grand nombre de cellules de Sertoli sont en train de se diviser. Je ne puis dire encore si l'activité amitotique de ces cellules est périodique comme les autres phases de la spermatogénèse. Il est d'ailleurs à prévoir qu'elle est d'autant plus considérable que la spermatogénèse est plus active.
Ainsi donc, les cellules de Sertoli peuvent se diviser amitotiquement à Tétat normal, avec une grande activité. La question se pose alors de savoir si les cellulesfilles résultant de la division restent des cellules de Sertoli, dégénèrent ou bien si elles se transforment en spermatogonies. Dans ce dernier cas, les cellules de Sertoli seraient véritablement les cellules génératrices de l'épithélium séminal. Or, je pense que la plus grande partie des cellules de Sertoli néoformées deviennent des spermatogonies, car : !<> on trouve en abondance des formes de transition entre la cellule de Sertoli et la spermatogonie typiques , et 2o les formes dégénératives sont rares.
Les formes de transition entre les cellules de Sertoli et les spermatogonies sont représentées par des cellules dont le noyau est vésiculeux, moins irrégulier que celui des cellules de Sertoli, mais plus irrégulier que celui des spermatogonies. La chromatine y est disposée sous forme de grains très fins et très nombreux fortement colorables. Le nucléole, quand on le voit nettement, ce qui n*est pas toujours le cas, est plus petit que celui des cellules de Sertoli. Ce sont peut-être ces cellules que V. Lenhossék considère comme intermédiaires entre la spermatogonie au repos et la spermatogonie de transition. On voit souvent deux de ces cellules juxtaposées apparemment jumelles, dont l'une se rapproche du type spermatogonie, et l'autre du type de Sertoli.
Enfin, la l'areté des formes dégénératives dans les cellules de Sertoli fait douter que ce soit là leur terme normal. Pour moi, la phase de multiplication de la spermatogénèse est représentée par la cellule de Sertoli. C'est elle également qui représente l'élément cellulaire de réserve, capable de fournir les innombrables générations de cellules séminales qui remplaceront celles qui achèvent leur évolution au moment considéré.
Cette manière de voir permet de concevoir très clairement l'agrégat formé d*ane cellule de Sertoli et d'un groupe isogénique de spermatozoïdes. Le groupe isogénique représente l'ensemble des cellules nées d'une spermatogonie soeur ou fille de la cellule de Sertoli sise à la base du groupe; il représente une branche latérale terminale dans l'arbre généalogique de cette même cellule de Sertoli. Quant à la constitution même du apermatophore, je m'en tiens à l'opinion de Prenant, qui le