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DEVELOPPEMENT

Nous ne ferons que rappeler brièvement la période initiale, pendant laquelle la glande génitale encore indifférenciée commence à s'ébaucher, grâce à la prolifération et à la pénétration réciproque des éléments vasculo-conjonctifs et épithéliaux de Téminence génitale.

Pendant cette période très courte et dont la limite est difficile à préciser dans Tétat actuel de nos connaissances, la glande génitale qui, vue à la loupe, apparaît comme une excroissance du corps de Wolff, est constituée dans les deux sexes par deux formations : une couche superficielle, Vépithelium germinatif de Waldeyer, qui s'épaissit de plus en plus, grâce à la multiplication active de ses cellules et à leur stratification, et une couche sous^jacente de tissu conjonctif embryonnaire bientôt vascularisé qui est le stroma de l'organe. Ces deux formations ne tardent pas à se pénétrer réciproquement. On voit alors l'épithélium germinatif se prolonger dans le stroma par des cordons cellulaires pleins, courts et trapus, anasto mosés, séparés par de minces fusées vasculo-conjonctives. Dans l'épithélium germinatif et dans les cordons, on distingue deux sortes de cellules :les ovules primordianx, volumineux, arrondis, avec un noyau clair et un protoplasma abondant, et les petites cellules épithéliales, à noyau plus fortement colorable, à protoplasma moins développé. En cet état,' il est encore impossible de savoir si la glande génitale serait devenue un ovaire ou un testicule.

Période d'organogénèae. — Peu à peu, la glande génitale grossit; sur des embryons de plus en plus âgés, on la voit se détacher du corps de Wolff, auquel elle reste cependant toujours unie par un méso longitudinal. L'ovaire ne tarde pas à se distinguer du testicule par sa forme plus régulièrement ovoïde, par sa situation et ses rapports avec le rein primitif.

La période d'organogénèse est caractérisée par la formation des follicules de de Graaf primaires ou embryonnaires.

ROLE DE L*BPITHELIUM OERMINATIF. I74I

Nos premières notions exactes sur la formation des follicules sont dues àVALBNTiN (1838) et à Pfluger (1863). Ces auteurs avaient constaté que l'ovaire, chez l'embryon et le nouveau-né, est constitué par des tubes (plus exactement par des cordons) tortueux, bosselés, anastomosés, contenant des ovules primordiaux et de petites cellules. Ils admirent que les follicules primaires se forment par étranglement ou segmentation de ces cordons. Pfluger pensait que les ovules primordiaux contenus dans les cordons se multiplient par division, s'entourent d'une rangée de petites ceUules et s'égrènent dans le stroma de l'ovaire. Waldeyer (1870) confirma ces données fondamentales et leur ajouta quelques notions d'itnportance secondaire. D'aprj*s liu, répithêliuiii germinatif joue dans tout ce processus le rulecapitaL Les cellules qui le composent se multiplient activement; les unes restent à l'état de petites cellules, les autres augmentent de volume et prennent les caractères des ovules primordiaux. Le stroma vasculo-conjoûctif se développe, lui aussi, rapidement. Il pénètre dans les couches profondes de l'épi thélium germinatif et les segmente aussitôt en amas plus ou moins volumineux composés à la fais d'ovules primordiaux et de petites cellules. Au fur et à mesure que, par ga face profonde, répitliélium germinatif est décomposé, morcelé en amas cellulaires indépendauts, il prolifère par sa partie superficielle et de nouveaux ovules se forment par transformation des petites cellules épilhélîideâ. Pendant ce double processus de morcellement dans la profond^r, de prolifération et de transformation des cellules épitliéliales en ovules à la surface, Tovaire s'accroît peu à peu. En même temps que se constituent les amas ou nids cellulaires (fi g. 985), les ovules eux-mêmes augmentent de volume. Sur les coupes perpendiculaires à la surface, ori voit aisément, comme l'avait dêjk constaté Pfluger, que les ovules sont d'autant plus volumineux et plus âgés qu'on se rapproche du centre de Torgane, Dans chaque amas, les ovules vi les petites cellules sont répartis sans ordre, ces dernières occupant de préférence les intervalles anguleux laissés par les ovules, La morcellement par le lîssu vasculo-conjonctif ne s'arrête pas â la formation des amas; il se continue plus profondément, découpant les amas en agglomérations plus petites, jusqu'à ce qu'enfin chaque ovule primordial soit isolé de ses congénères et entouré d*une couche de petites cellules.

L'unité organique ainsi constituée et consistant en un ovule central entouré d'une couche de cellules méritant désormais le nom de cellules folliculeuses, est un follicule de de Graaf primaire {fig. 986). Tous les éléments du follicule proviennent ainsi directement de Tépithélium germinatif; les cellules folliculeuses et ovulaires sont sœurs.

Oa trouve des follicules primaires tien individualisés dans le centre de l'ovaire, alors que là nèoformation des amas d'ovules et

THEORIE DE WALDEYER.

leur morcellement se continuent à la surface. Mais il arrive un moment, ordinairement vers la naissance, ou même avant, chez la femme, où la néoformation des ovules et l'activité de Tépithélium germinatif s'arrêtent. De cet épithélium, une seule assise de cellules persiste, qui devient Tépithélium ovarien ; au-dessous de lui se forme une bande de tissu conjonclif fascicule, dans laquelle les derniers amas d'ovules primordfaux et de petites cellules achèvent de se morceler en follicules primaires : dès lors, la période organo-génétique est terminée. Les follicules et les derniers amas cellulaires apparaissent alors, sur les coupes épaisses, ordonnés en cordons noueux.

FiG. 985 — Nid d'ovules primordiaux et de cellules folliculeuses dans l'ovaire d'une Chatte nouveau-née. I/un des ovules primordiaux contient deux noyaux.

irréguliers et anastomosés qui, d'après Waldeyer, correspondent aux cordons de ValeiNtin et de Pflijger ; mais ceux-ci ne seraient qu'un dispositif secondaire.

La doctrine de Waldeyer peut être résumée en quelques principes essentiels : Le tissu conjonctif de l'éminence génitale ne prend aucune part à la constitution des follicules primaires; l'épilhélium germinatif est la malrice commune des cellules folliculeuses et des pvules primordiaux; les ovules primordiaux ne sont que des cellules épithéliales transformées, ils ne se multiplient pas par division; la néoformation des ovules primordiaux cesse dès que l'épithélium germinatif est devenu un simple épithélium unistratifié; les cordons de Valentin et do PFJ.u^iER répondent à un dispositifsecondaireet sans importance.

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