GRAINS ET CELLULES INTERMÉDIAIRES
élastiqaes, se colorant en jaune vif après fixation par les bichromates et en rouge par Téosine, exactement comme les fibres de soutien et celles de la névroglie. Ce sont là les filaments protoplasraiques des chaînes de prolifération qui ont achevé d'évoluer. Ils l'ont fait non pas en développant les propriétés du protoplasmà actif, mais en réduisant celui-ci à l'état de formation ne jouant plus qu'un rôle de soutènement tout mécanique. Les filaments des chaînes arquées, ainsi transformés par révolution, présentent à leurs points de croisement des grains bipolaires, tripolaîres ou multipolaires par rapport à leur mode de concours sur leurs pôles ou à leur surface. Ils font corps du reste avec la surface des grains comme les filaments d'union des cellules du réseau de Malpighi font corps avec la surface des cellules malpighiennes. Mais on trouve, entre les grains et les cellules nerveuses ganglionnaires reconnaissables de prime abord, une série dUntermédiaires. Ce sont des grains plus gros que les autres et à la surface desquels les fibres des chaînes arquées prennent seulement un appui tangentiel ; puis des corps cellulaires présentant autour du noyau un protoplasma distinct et granuleux. Les fibres des chaînes arquées forment à la surface du protoplasma des sortes de cages. 11 en est de même sur les cellules ganglionnaires tout à fait développées (voy. fig. 618), émettant des prolongements protoplasmiques puissants et un cylindre d'axe reconnaissables ici au premier coup d'œil, car ces cellules sont de dimensions colossales et souvent visibles à la loupe ou même à l'œil nu. Il résulte de là que le réseau qui unissait primitiveynent toutes tes individualités cellulaires d'un même système de chaînes de prolifération, se réduit secondairement en une pure formation de soutien, vestige de la première poussée du développement neuro-épithélial. La neurilité définitive des éléments du névraxe se développe secondairement, par la poussée du prolongement cylindraxile et celle ensuite des prolongements protoplasmiques de chaque cellule. L'un et l'autre de ces deux systèmes de prolongements n'ont désormais plus rien à 7oir avec le rets primitif des filaments protoplasmiques des chaînes de prolifération.
ÉpithéUuB épendynuiire. — C'est quand ce dédoublement est achevé, qu'au pourtour du canal central du névraxe ou des ventricules qui représentent ce canal dans l'encéphale, il s'opère une dernière difi'érenciation. Dans la ligne épendymàire^ sous la limitante, les cellules immédiatement subjacentes continuent à se multiplier, mais exclusivement par des figures de juxtaposition. Elles se développent ensuite comme des cellules épithéliales et forment ïépithélium de Vépendyme dans les centres nerveux, et la couche des cellules visuelles dans la portion évaginée du névraxe répondant au feuillet rétinien de la vésicule optique.
De l'ectoderme de la gouttière médullaire sort ainsi le neuro-
6:î4 nature ÉPITHÉLIALE DES TROIS FORMATIONS ESSENTIELLES DU NÉVRAXE.
épithélium du névraxe tout entier, avec son épendyme dont les éléments ont la valeur morphologique de cellules sensorielles ou du moins peuvent l'acquérir (cellules visuelles de la rétine), ses cellules nerveuses des divers ordres, et ses formations de soutien (fibres radiales, névroglie, ancien réseau d'union des chaînes de prolifération). Tout ceci peut s'effectuer sans l'intervention des vaisseaux san -
ty*'', } JL.
F[û, 618. — Ependyme et ganglion sous-épendymiaire (partie inférieure du noyau latéral) du sinus rhomboïdal du Petromyzon marinus. — Fixation par le liquide de Millier pendant plusieurs mois; coupes à main levée par le travers du névraxe; èosine hémaloxylique. — (Ocul. 1, obj. 7 de Vérick, tube levé, chambre claire.)
«, cellules épendymaires; — <•» leurs cils; — /, limitante interne de rèpendyrae; — y, grains ^dditiateurs; — /"r, pied des cellules épendymaires étiré en tibr^ radiale de Hannovrr; — nr, faisceau transversal de la névroglie de Reissnkr ; — n, n\ cellules nerveuses ganglionnaires, mujlipolaires et coinplctement dûveloppâes; — i i, c Unies intermédiaires (neuroblastes de His); - n\ prolongement de Deiters d*une cellule multipolaire; — /'/'/*, fibres nerveuses — p\ grains répondant à des éléments du névraxe non ditTérenciés.
Ce point du névraxe est absolument dépotirvu de vaisseaux sanguins.
gains (fig. 618). Car chez les cyclostomes, la moelle tout entière, jusqu'à son union avec la partie encéphalique du névraxe, s'édifie et poursuit ses différenciations et tout son développement jusqu'à l'état adulte, sans qu'aucun vaisseau sanguin ait franchi la vitrée du névraxe (1).
(!) Ce fait a été signalé pour la première fois par Reissner (Miillers Archiv.^