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REACTION A DISTANCE

paru. Le noyau lui-même n'occupe plus sa position ordinaire dans le corps cellulaire ; il se porte sur l'un de ses côtés et fait quelquefois une légère saillie au dehors (van Gehuchten). — Tout ce mouvement débute autour du noyau et me semble consécutif à la formation, dans le protoplasma du corps cellulaire, de vacuoles qui peut-être expulsent des gouttes sarcodiques et, en tout cas, mobilisent le noyau comme celui d'une cellule dont le protoplasma subit la vacuolisation. Il répond à ce queMARiNESCO a désigné sous le nom de y^éaction ù distance. La réaction à distance est, entout cas, engagée par le retentissement d'une lésion du prolongement nerveux sur le corps cellulaire qui l'a émis : que ce prolongement soit d'ailleurs celui d'un nerf sensitif et résume des prolongements proloplasmiques, ou qu'il soit celui d'un nerf moteur et, conséquemment, un cylindre-axe. Déjerine,Marinesco, ont de même fait voir que la réaction s'opère aussi bien quand le cylindre-axe est lésé par une névrite périphérique, que lorsqu'il a été interrompu par une section. Tout ceci n'est guère d'accord avec la conception d'un évitement possible du corps cellulaire par l'onde nerveuse qui parcourt le neurone de ses extrémités dendritiquesà ses terminaisons cylindraxiles. On en tire forcément cette conception que le neurone est un organisme mono-cellulaire dont la vie nutritive, évolutive et fonctionnelle, règne^dansun tout indivisible.

La réaction à distance peut, d'après les recherches de Marinesco, se borner à des modifications de la substance chromatique du corps cellulaire et des priiicipaux prolongements protoplasmiques de la cellule nerveuse. La lésion est dès lors réparable. Le prolongement nerveux, tranché ou détruit par la névrite, se reproduit par le mécanisme bien connu delà régénération des nerfs après leur section. Mais, dès que la substance achromatique a été lésée et détruite à son tour, le segment central du nerf sectionné subit une dégènération progressive ; puis la cellule nerveuse s'atrophie et disparaît. Il faut donc conclure que la substance chromatique est liée à la portion nutritive du protoplasma (trophoplasma) et que la substance achromatique, formée de fils nerveux unis et séparés par le protoplasma hyalin, est bien celle qui jouit de la vie propre à l'élément nerveux considéré en tant que cellule (protoplasma actif ou kinétoplasma). Ainsi s'explique l'absence totale du protoplasma granuleux dans nombre de cellules nerveuses : — les grains, par exemple. Toutes les cellules ganglionnaires, même les plus volumineuses, commencent du reste, dans la phase fœtale de leur développement, par avoir un corps cellulaire réduit au protoplasma achromatique, hyalin, qui de prime abord semble envelopper le noyau comme d'un vernis. Ce protoplasma est donc bien celui essentiel à la cellule nerveuse : celui qui est l'origine et l'instrument, le siège exclusif aussi, du mouvement nerveux. C'est lui qui se différencie en prenant place autour du noyau (cellules

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nerveuses embryonnaires et fœtales, grains adultes). La substance chromatique nucléairi! est alars la seule que possède la cellule nerveuse ; et les observations de Njssl ainsi que les expériences de L, UoR tendent à montrer que celle-ci ise modifie lorsque la cellule fonctionne intensémenL Magini (1) a également fait une observation intéressante au sujet du noyau dos cellules gangliouDaires du lobe électrique de la Torpille. Quand celle-ci meurt spontanément, ce no3^àu occupe un point quelconque a rintérii^ur du corps cellulaire et le nucléole reste central. Quand on tue l'anima], ce qui suscite chez lui une série de décharges électriques réitérées, on trouve ensuite tous les noyaux des cellules nerveuses du lobe électrique transportés sur un seul et même côté <iu corps cellulaire, vers Tori^ine du prolongement cylindre-axe. Les nucléoles sont tous appliqués contre la membrane du noyau dans la direction du point d'émergence du filament axile. Un te[ phénomène ne peut être expliqué que par la mise en jeu de la coclracLilité protoplasmique s' exerçant dans le sens même de Tonde nerveuse, c'e^t-îj-dire axipète^Toutefcus, il s'agit ici d'une observation limitée h un ordre unique et tout particulier' d'éléments (cellules motrices-électriques}, et depuis lors nul n^est parvenu a la reproduire. LuGARO, par exemple, n'a observé aucun mouvement du noyau et du nucléole comparable à celui relaté par Magixi dans les cellules ganglionnaires fixées a l'état de pleine excitation.

Mehémn praiJMoIre de la «oti»tlluUoi» et de la fooctlonaRilié de In ce?!-

luieoeriouftc. — ^'oici, cu résumé, comment actuellement à mon sens on peut se faire une idée de la cellule nerveuse au point de vue de sa constitution histologique et de sa fonction rialité générale* II faut considérer le corps de la cellule (c'est-à-dire la portion de celle-ci qui renferme le noyau), comme le centre de la vie individuelle du neurone* Cest le corps cellulaire qui suscite et entretient l'activité du neurone tout entier au point de vue fonctionnel ; c'est aussi k son niveau que s'opèrent les échanges premiers entre le milieu ambiant et la substance propre de la cellule nerveuse. Aussi, suivant une loi formulée depuis longtemps par Pikrre-t, le volume du corps cellulaire d'une cellule nerveuse est -il proportionnel a sa portée physiologique (2). Par

(1 ) Magint , L^orienlation des nucléoles des œlhde^ tierveusca matrices dans le ïobe électrique de Ui Torpille ix l'état d'excitation (Àrch. liai, de Biologie^ t. XXll, ISQi)^.

(i) A* PîEEinETa déniûiiti'é absolurrniit ce fait (Camptes rendus de tAcad<'mie des sciences i p. i 422- 1425, 187S), ])our le cas particulier des centres norveui de l'Homme. 11 a vu, par eït^mpl^, qu'à la région dorsale de la moâlle, lea cellules (motrices) dei cornas anti^rieures ^imt de moi Lié plu^ petites que leuis homolog'ues de la région loinhairo^ qui coinuiuudeiit les muscles très éloijs^OHa de^ membres iaférieuré. Dans la régioïi cervit^alet ou cea mêmes cellulcjî commandent \iia muacles de* membres thoiaciques moins éloignés de la moelle qua oêuï ûes membres pelviças, les cellules dea corner aalérieures sont [ilus g^i*oa,^fa que dana La région dorsale et moins grosses que dans la région lombaire, eËc.

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