PORTEE PHYSIOLOGIQUE DES CELLULES NERVEUSES
portée physiologique, il faut entendre la distance à parcourir par le mouvement nerveux : soit du point où il est transmis de la périphérie au corps de la cellule, soit du point où il est projeté à la périphérie sur un muscle, une glande, un organe électrique ou sur les prolongements réceptifs d'un autre neurone par cette même cellule. En d'autres termes, c'est la distance des extrémités réceptives (celles des prolongements protoplasmiques) au corps, et la distance du corps aux ultimes terminaisons cylindraxiles. La portée physiologique d*une cellule nerveuse est également fonction des aires desservies par ses prolongements protoplasmiques ou son arborisation cylindraxile. Si le chevelu des uns et des autres est très riche et ^e distribue sur de grandes surfaces bien qu'à une petite distance du corps cellulaire, la cellule a néanmoins une portée physiologique étendue et son corps cellulaire est de volume proportionnel à celle-ci.
Quand une cellule nerveuse est petite et de courte portée — comme par exemple un grain bipolaire de la rétine dont Tétendue est inférieure à l'épaisseur de cette mince membrane — son corps cellulaire est donc peu développé. 11 ne renferme alors non plus aucune substance chromatique, ni celle de Nissl, ni une autre. Si la cellule est volumineuse et de portée longue (ex. cellule des cornes antérieures de la moelle), ou étendue (ex. grosses cellules amacrines de la rétine), le corps cellulaire devient de constitution complexe. Outre le protoplasma actif, achromatique, il renferme une quantité plus ou moins considérable de protoplasma granuleux. Celui-ci sert de support à une série de matériaux de réserve dont la substance chromatique de NissL fait partie ; mais il y en a d'autres. C'est ce protoplasma qui est le siège de mouvements de nutrition et d'échanges divers, aboutissant souvent à la formation de granulations pigmentaires. 11 prend place entre les fibrilles et groupes de fibrilles du protoplasma actif, diffé rencié pour l'action nerveuse, comme celui d'une cellule musculaire entre les cylindres primitifs de substance contractile.
Ce qu'on observe dans la réaction à distance à la suite des sections nerveuses ou des névrites périphériques permet de supposer que, de même que le protoplasma indifférent et nutritif de la plupart des cellules, celui des cellules nerveuses peut être le siège d'un mouvement vacuolaire. De là à conclure, comme le fait Cajal, que c'est lui qui dans les prolongements de la cellule jouit de la contractilité et en détermine la rétraction, de façon à les désarticuler d'avec des terminaisons cylindraxiles excitatrices, il n'y a qu'un pas, mais qu'avec van GEHDCHTENJejugetrop grand. On ne peut non plus faire d'hypothèses scientifiques sur la constitution intime du protoplasma actif au sein du corps cellulaire. On voit seulement qu'il édifie des formations fibrillaires qui se poursuivent dans les prolongements protoplasmiques et qui se résument dans le filament axile, parfois si ténu à l'issue de son