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POUSSÉE ÉLECTIVE DES PROLONGEMENTS VERS LEURS CONNEXIONS

cône d'émergence (grosses cellules ganglionnaires de la rétine) qu'on ' n'est guère autorisé à lui supposer une cx)nstitution complexe. Dire qu'il y a là un réseau plutôt qu'un empelotonnement ou un dispositif plexiforme, ou bien que les fibrilles gagnent le cylindre-axe par le plus |;y court chemin à travers le corps cellulaire, — ceci surtout par l'ins-

pection de figures eu silhouette obtenues par le chromate d'argent, — c'est prétendre préjuger de l'organisation intérieure d'un objet dont on verrait l'ombre sur un mur.

Quoi qu'il en soit, le corps cellulaire d'une cellule nerveuse commence toujours par être un grain, c'est-à-dire un noyau entouré d'une mince couche de protoplasma hyalin, actif, achromatique, disposé à sa surface comme un vernis. Puis, il développe ensuite une propriété fondamentale et sur laquelle a dès longtemps insisté Ranvier : celle de pousser des prolongements dont la croissance est continue à partir du corps jusqu'à leur point d'arrivée au lieu où doit s'exercer leur fonction. Cette croissance s'efi'ectue dans un sens toujours déterminé : les prolongements des neurones vont chercher éleclivement, au milieu des tissus et souvent à des distances énormes de leur corps cellulaire d'origine, le lieu de leur dispositif terminal. Et arrivés là, ils le déploient au contact des éléments anatomiques qui doivent les impressionner s'ils sont réceptifs, ou qu'ils doivent soit impressionner, soit exciter s'ils sont inducteurs du mouvement nerveux, c'est-à-dire cylindraxiles. Engagés par exemple dans les intervalles des cellules malpighiennes du museau de la Taupe (1), usés là par le bout et réduits en petites boules qui tombent avec les squames quand l'évolution épidermiqùe a amené à la surface les assises profondes del'épithéliumoîi ils se terminaient tout d'abord, ils continuent à croître comme les ramuscules émondés d'un arbre, pour maintenir leur extrémité réceptive à sa place physiologique dans la nouvelle assise profonde du corps muqueux qui se reforme. Si on les sectionne par leur travers sur leur chemin, ils repoussent comme les rejets d'un arbre taillé et derechef ils se mettent en marche, comme d'un pas sûr, vers le lieu de leur aboutissement fonctionnel. Leur croissance se fait même souvent dans leur continuité, comme je le montrerai en décrivant les segments courts intercalaires des fibres nerveuses à myéline. Tant qu'elle vit, la cellule nerveuse pousse ses prolongements des deux ordres comme un arbre ses branches et ses racines. Elle dirige cette poussée dans le sens exact des connexions nécessaires de l'extrémité de ses prolongements, destinée à la relier aux points d'origine des impressions qu'elle doit recevoir et d'un autre côté aux points d'arrivée des incitations, motrices ou sensitives, dont elle est elle-même lepointde départ. Comparons encore la cellule nerveuse qui se développe au germe d'une plante : en admet-

(1) L Ranvier, Traité lechn. d'Hùtologiey 2« édit., p. 694-695.

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