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HYPOTHÈSE DE LA VARIATION PERLEE

de l'onde nerveuse en s'adaptant, si Ton veut, à la demi-longueur de celle-ci pour prendre une comparaison empruntée à la théorie des ondulations telles qu'on les conçoit en physique. J'ai, en outre, supposé que l'agent de cette variation de tension est la variation même du dispositif perlé.

Ni dans les plaques motrices des muscles striés observées sur le vivant, ni dans les épithéliums observés aussi sur le vivant par la méthode du bleu de méthylène, on ne voit les extrémités nerveuses, ici incontestablement libres, subir des mouvements de déplacement individuels. Elles sont donc bien fixées en place. J'ai fait voir, en outre, que dans les intrications perlées interceptées par les arborisations actives de cellules ganglionnaires de la rétine, les fi's nerveux sont également tendus. Là, ni par le chromate d'argent, ni par l'imprégna tion faite sur le vivant par le bleu de méthylène, on ne voit de dispositif terminal comparable h celui des arborisations tactiles intraépilhéliales. La seule disposition qu'on puisse ici rapporter au contact utile (van Gehuchten) ou h Y articulation de Cajal, c'est la série des appuis adhésifs des fils nerveux perlés entre eux. J'ai donc supposé provisoirement que l'articulation se faitlàpar appui : le contact utile pouvant être créé ou au contraire suspendu au gré des variations du mouvement perlé suscitées, dans le prolongement induit, en vertu de l'excitation à lui fournie par le mouvement perlé du prolongement inducteur. Si cette excitation, qui probablement est d'ordre mécanique et chimique tout à la fois, est suffisante, le prolongement récepteur, soit se perlera, soit au contraire réduira ou perdra ses perles, mais de façon à vibrer à l'unisson de Tonde nerveuse parcourantle prolongement inducteur. Si l'excitation est insuffisante ou si la cellule réceptrice est devenue mo mentanément moins excitable, le prolongement récepteur ne variera pas, même après avoir reçu le contact utile, de façon à laisser passer l'onde nerveuse et celle-ci ne parviendra pas au corps du neurone.

Par contre, une fois reçue par le prolongement récepteur, l'onde nerveuse marchera vers le corps cellulaire qu'elle abordera directement, si les prolongements perlés prennent naissance immédiatement au bout des expansions rameuses de celui-ci. Ou bien elle suivra, pour rejoindre ce corps cellulaire, la voie d'une expansion intermédiaire au corps et à l'arborisation réceptrice active, c'csl-à -dire un cordon nerveux. Le corps cellulaire, étant à son tour impressionné, enverra, si l'excitation reçue est suffisante pour mettre en jeu son action propre, une onde nerveuse nouvelle, cette fjis-ci toujours cellulifuge et dirigée vers son filament axile.

Mais — et c'est là un point très intéressant de mon hypothèse appliquée à l'explication des faits révélés par la méthode du bleu de méthylène — le prolongement axile ne recevra pas et ne projettera pas au loin cette onde nerveuse passivement. Pour que l'onde

793 SEGMENT VARIABLE DU FILAMENT DE DBtTKRS.

passe et puisse mettre en jeu Tarborisation active et perlée cjlindraxile terminale, il faudra que le segment perlé ou plutôt variable du cj'litidre-!ixe, placé à petite dislauce de son cône d'émergence et répondant h sa portion la plus grêle, se mette à l'état de tension harmonique avec l'onde qui sollicite le passage, de façon à rouvrir à ceUe*cî- SiuoQ, l'onde n'ira pas plus loin et Texcilation fournie par la cellule restera insu ffisante; elle ne se traduira dès lors par aucune variation correspondante du dispositif perlé de Tarborisation cjlindraxile terminale. Le neurone demeurera in actif.

■ Dans cette conception, l'étal perlé des filaments nerveux constitue essentiellement el avant tout un « dispositif d'accommodation )) au passage de l'onde nerveuse à travers le neurone. Il ouvre son chemin h l'entrée, au niveau de Tarborisation active formée par les extrêmes prolongements protoplasmiques; il ouvre ou ferme la voie cellulifuge du cylindre-axe ; il reparait dans Tarborisation terminale de celui-ci quand rinfliix nerveux doit être distribué méthodiquement ou passer en gardant la forme générale de son mouvement d'un neurone à Tautre, Quand il doit être extériorisé d'un coup et comme par un effet de décharge, l'arborisation du fllamcmt axile garde, au contraîrei h peu près jusqu'au bout le caractère d'un nerf. C'est le cas dans la plaque motrice des muscles striés^ où d'une arborisation cjlindraxile accompagnée par des noyaux se dégagent des bourgeons terminaux courts ; et le fait est encore plus évident dans T arborisation cyHndraxile terminale des nerfs électriques.

L'hypothèse précédente rend compte» ou le voit, d'une série de faits qui, sans elle, ne se comprendraient pas. Elle repose elle-même sur des faita et n'implique pas pour rétayer d'autres hypotJiêses secondes : telles par exemple que celle de la contractilité des cellules névrogliques ou celle de la substance chromatique de NtssL. La variabilité du dispositif perlé est elle-même un fait que chacun peut observer, quand biea même on n'est pas encore parvenu a voir comment la variation s'effectue, quel est son sens positif et son mécanisme intime, ni les conditions exactes de sa production. Voilà pourquoi j'ai formulé cette hypothèse et pourquoi je l'applique, de préférence à quelques autres, à ma conception générale de la cellule nerveuse (1).

(1) AauULAï (Année psyclwlogigue, p, 261, 1895;, s'exprime ainsi k propoa du dispositif je rlé que j'ui fait coDiinître en i8'.ï5 : — « La Ihéoiîe âo M. Renatit c:iposùe dans pimjeui'd ai ticlea ilonl 1c^ ibux p: incipûux sont pariifi Ebna le BuUeiin de (\AcnfL fh^ médûct'n^ p, 207, Pûjïa 181 «5, cl dan<ï la Presse turdwale^ \\. 207, Pana i89o, repose aur des faits ré v^^IiU fia longue riate paï- la méthode de Gu[;j:i et d'Ehriicti, et que M. Renaut croit nouvcauï. La plus f/ratufc faxUe de non auteur consista :tiirfout à avoir inioginé la formahon de perles dans les proJonijemenU protoplasynt'/it';^^ peH s qutl arou: acon* Atiuhmenl vn dis parait rr. Uolii^ ali^tracUon faite deg erreura de lechnlque que M» Renaat ne semble pas^ avoir tu éviter, n

^i J'ai vu disparaître les perlesaur lea prolo%^ements proloplof=mi(iuei! des cellules

CHAMPS BASAUX DUNSERTlON DES FIBRES NEVROGIJQUKS. 71)0

Sigalficatioa épUhéliale et mode d'implAntailoa de» cellules névro- Hllqves sur la membrane propre du névraxe. — Quant à ma conception

de la cellule névroglique, elle demeure bien telle que je l'ai formulée en 1882. La névroglie représente l'ensemble des éléments cellulaires issus du neuro-épitbélium primitif, qui n'ont pas évolué sous forme de cellules nerveuses. Les cellules névrogliques sont purement et simplement des cellules épithéliales, toutes reliées h la membrane propre ou vitrée du névraxe (du moins quand il s'achève sur son type primordial) par un ou plusieurs pieds d'insertion, différenciés en fibres névrogliques entre la cellule qui les émet et un plateau basai qui les termine. Tous les plateaux banaux sont soudés jointifs, sur la membrane propre de la moelle et de Tencéphale entier des cyclostomes, par un ciment analogue à celui des épithéliums, et qu'il est facile de mettre en évidence par la méthode de l'argent (1). Il en résulte, sur tout le pourtour du névraxe des vertébrés adultes les plus inférieurs, un revêtement continu très élégant, tout à fait comparable à celui intercepté sur la limitante interne rétinienne par les pieds des fibres de Millier, lesquelles d'ailleurs représentent dans la rétine les cellules restées épithéliales (voy. t. II, p. 46, flg. 385) et conséquemment sont de signification névroglique.

Ce revêtement est formé de champs basaux caractéristiques, mais beaucoup plus petits que ceux de la limitante interne de la rétine. Ils sont polygonaux, inégaux, sans noyau, et réalisent sur tout le pourtour du névraxe le dispositif d'un épithélinm de revêtement sur sa ligne de base. Sur les coupes transversales de la moelle imprégnée d'argent, on reconnaît d'autre part que chaque champ basai répond à l'implantation, perpendiculaire sur la vitrée, du pied d'une fibre névroglique légèrement élargi en cône. La vitrée du névraxe, que je suis parvenu à observer dégagée, comme un pan d'étoffe libre, tout à la fois des champs dessinés par l'argent et que la moelle emporte avec

nerveuses, c*est donc qu^elles y existaient et, par suite, qirelles s*y étaient formées à un moment donné. Je ne discuterai naturellement pas le reste de Targumentation

d'AïOULAT.

(i) J. Renaut, Inseition, sous forme de revêtement épithélial continu, des pieds des fibres névrogliques sur la limitante marginale d*un névraxe adulte (Comptes rend, de CAca^f. des sciences^ 10 mai 1898). — Pour mettre en évidence le revêtement continu formé sur tout lo pourtour du névraxe par les pieds des cellules névrogliques étirés en fibres, j'extrais du canal rachidien, entre deux incisions transversales et en le tirant au bout d'une pince comme d*un fourreau, un segment quelconque de la moelle rubanée d'une Lamproie vivante. Je le lave rapidement à Tcau distillée, puis je Timprègne d'argent en le plongeant quelques minutes dans lo mélange osmio-picro-argen tique (liquide Q). Knfin, je le monte dans le baume, à plat, par les procédés ordinaires après l'avoir fait passer par l'alcool fort et l'essence de giiofieà. Ce segment devenu transparent se montre imprégné d'argent sur toute sa surface, exactement à la façon de la limitante interne d'une rétine traitée de la même manière.

Rknaut. — Histologie pratique, II. 51

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