DEGAGEMENT DE LA. MEMBRANE PROPRE DU NÉVRAXE
elle, et de la pie-mère vasculaire, est une membrane idéalement mince. Elle est élastique, transparente comme le verre et ne renferme aucun noyau. En revanche, elle porte l'empreinte des pieds des fibres névrogliques et de leurs champs ou plateaux basaux, sous forme de petits godets limités par des lignes brillantes sur lesquelles le sel d'argent ne se réduit point du tout.
On pourrait supposer que les champs dont je viens de parler répondent seulement aux pieds d'implantation des cellules épendymaires. rangées autour du canal central en ordonnance épithéliale et étirées en fibres radiales ou arquées jusqu'à la vitrée neuraxiale. Mais il n'eu est rien. Les champs sont trop nombreux pour être rapportés seulement à une telle origine. De plus, on peut constater, par exemple sur les bords latéraux de la moelle, que la plupart des fibres névrogliques qui se termiuent par un pied répondant à un champ basai n'ont aucun rapport avec Vépiihélium épendvmaire. Elles vont s'engager dans le réseau serré des fibres et des cellules névrofjliques de la substance grise et y rejoignent ces dernières cellules. D'autre part, la méthode du chromate d'argent met aisément en évidence la chute, directe ou indirecte sur la vitrée, de la majeure partie des fibres névrogliques issues des « astrocyles » étrangers totalement au rang des cellules épendymaires bordant le canal central. Il en résulte qu'il faut conclure que toutes ces fibres, insérées sur la marge du névraxe par un pied que termine un plateau basai soudé h ses voisins en ordonnance épithéliale, oit à la fois la valeur de pieds de cellules épithéliales et celle de fibres névrogliques. Les champs basaux sont de leur côté à la fois si nombreux et si petits, qu'il saute aux yeux qu'il y en a au moins un pour insérer le prolongement d'insertion de toutes les cellules névrogliques renfermées dans le névraxe, à quelque calégorie que celles-ci appartiennent d'ailleurs (1).
(1) Ces observations que je viens de faire tout récemment et aloi's que le paragraphe consacré à Tctude de la névroglie était déjà imprimé, ne laissent plus aucun doute ni quant à la nature épithéliale de la névroglie, ni quant à la continuité de la cellule névroglique avec les fibres névrogliques remises en question par les travaux de Wei- GERT. Weigert avait parfaitement raison de dire, comme Ranvier et moi l'avons toujours soutenu, que les fibres névrogliques sont de toute longueur : puisque je viens <lc démontrer que toutes celles qu'on peut suivre ju^qu au bout se terminent par uu plateau basai sur la mpmbranc propre du névraxe des cyclostomes. 11 avait tort de i^upposer que ces moines fibres constituent une formation indépendante des corps cellulaires : puisqu'il est désormais évident qu'elles repi*ésentent le pied, ou les pieds multiples d'insertion des cellules névrogliques sur cette même membrane propre. Les fibres ne semblent indépendantes des cellules, dans les piéparaliocs faites par la méthode de Weigeut, que parce que celle-ci vi.«e électivement la difie eociation liisto cliimique subie par les fibres et à laquelle les corps cellulaires n'ont pas participé. Kn tout cas, la conception de Vastroci^te à prolongements libres tombe net du coup, et avec elle toutes les hypothèses qu'on s'est complu à former sur son jeu physiologique.