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Grande montre d’homme

Un mot sur ce tableau et observations finales

389. L’examen de ce tableau, et nos études antérieures, nous font voir qu’il ne faut pas dans les montres des calibres modernes, en partant des dimensions moyennes, aller au-dessous du rapport de 1 à 1 6; et qu’il y a presque toujours avantage à augmenter un peu le diamètre du balancier.

Ces chiffres seront pour nous d’excellents guides, mais ils ne peuvent nous fournir un rapport définitif que si nous tenons compte de ce fait, que le frottement, l’un des éléments de la combinaison, varie d’une montre à l’autre, et qu’une légère différence dans la pesanteur des bras ou de la serge du balancier influe sur son diamètre. Car, il ne faut pas l’oublier non plus, le diamètre réglant se détermine d’après la circonférence de percussion (45) , et le rayon de cette circonférence varie de longueur : 1° par une répartition différente de la matière (354) ; 2° par le plus ou le moins de poids de la charge au centre, poids qui dépend des dimensions plus ou moins considérables du cylindre et de la virole du spiral.

390. Nous terminerons par une observation, que nous sommes obligé de renouveler souvent, et par des faits à l’appui.

ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE

11 existe en horlogerie certaines règles empiriques déduites de l’observation, mais il ne faut en aucun cas les ériger en principes. Dans la construction de toutes les machines, quelles qu’elles soient , il n’y a d’autres principes à suivre que les lois profondes sur lesquelles la science de la mécaniqne est basée.

Le réglage des montres, des horloges, etc., ne résultant pas d’une forme particulière, d’une mesure plutôt que d’une autre, etc. ; mais tenant essentiellement à l’ensemble de la combinaison , à la pondération des effets (2X0), voilà pourquoi l’on rencontre des montres bien réglées avec des inclinés haut et bas, droits ou courbes; des cylindres plus ou moins ouverts; de grands et de petits arcs de levée, etc., etc. Une pièce même réglée aujourd’hui ne prouve qu’une chose, à savoir : que la combinaison convenable des effets existe pour le moment; mais il serait imprudent d’en conclure qu’elle continuera d’exister si l’on n’est pas à même d’apprécier d’avance les changements qui pourront survenir dans les frottements et dans la puissance du moteur.

Tout ceci est tellement vrai qu’on rencontre chaque jour des montres cie la plus basse qualité allant parfaitement bien sans que les horlogers incapables puissent dire pourquoi. La raison pourtant est toute simple. L’équilibre des causes en opposition tient à des défauts neutralisés par d’autres; mais comme dans ces montres mal travaillées, la somme des frottements change de valeur en assez peu* de temps, certaines influences deviennent prépondérantes, et, au bout de peu d’années, la plupart de ces montres, qui avaient bien marché pendant deux ou trois ans au plus, sont devenues tout à fait incapables de donner l’heure avec régularité.

Faits pratiques.

391. Les deux faits que nous allons rapporter, et qui sont relevés de notre pratique journalière, complètent cet article et portent en euxmêmes leur enseignement.

Nous vendîmes, il y a quelques années, une montre à cylindre dont la régularité était vraiment surprenante. A peine faisait-elle une minute de retard par mois. A la fin du premier semestre, nous n’eûmes à corriger que quatre minutes, et vers la fin de l’année légèrement plus. A la suite d’une chute, que fit cette pièce, le pivot inférieur du cylindre fut cassé. 11 fut rapporté avec beaucoup de soin, mais laissé un peu plus gros, et le rubis qui recevait le premier pivot étant un peu égrisé au bord, fut remplacé par un rubis de marchand de fournitures. Ce dernier rubis,

dessiner l’échappement.

un peu moins bercé que l’ancien, n’était pas aussi bien poli. En somme, le frottement sur le pivot inférieur du cylindre était un peu plus considérable qu’avant la chute. Ce surcroît de frottement a suffi pour apporter une petite perturbation dans la marche. La montre a donné l’heure depuis avec régularité, mais avec un retard de deux minutes, et quelquefois trois dans un mois.

392. Le second fait se rapporte à une montre à cylindre exécutée vers le commencement de ce siècle, et qui donnait l’heure avec beaucoup de précision. Tous ses pivots roulaient dans du laiton, et elle portait un de ces spiraux forgés, d’assez mauvaise apparence, en usage à cette époque. Ce spiral, qui n’avait que sept tours de lame, se déveloopaitbien et paraissait doué d’une bonne élasticité.

Taquiné par la triste apparence de ce ressort, l’horloger propriétaire de la montre, et quoique nous l’eussions engagé à n’en rien faire, subsistua au spiral forgé un spiral laminé moderne, très-beau à l’œil, et présentant sur le même diamètre que l’autre douze tours de lame ; mais cet horloger fut tout surpris que sa montre, qui marchait avec une fort grande régularité avant, allât fort médiocrement après.

Elle ne reprit sa première exactitude que quand on lui eut rendu son spiral forgé (350).

DESSINER L’ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE

393. Pour bien comprendre les effets et la marche des organes d’un échappement, pour en trouver les proportions exactes, un des meilleurs moyens consiste à le dessiner au préalable en grand et dans toutes ses positions.

Voici la méthode que nous suivons, quand nous avons à tracer l’épure d’un échappement à cylindre.

Le dessin que nous allons tracer est celui d’un échappement ayant une roue de douze dents. Ce nombre a été choisi eu égard au peu de hauteur des planches gravées, et parce qu’il nous donnera des dents d’assez grandes dimensions, avec lesquelles on n’a pas à craindre, dans un dessin réduit, la confusion des lignes.

On veut connaître les proportions d’un échappement à cylindre devant avoir :

Une roue de douze dents et de dix millimètres de diamètre ;

Un plan d’impulsion formant avec sa base un angle de 20 degrés;

ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE

Une épaisseur d’écorce cylindrique égale à un huitième de la longueur du plan incliné.

Le diamètre de la roue étant connu, on l’amplifie (selon la grandeur du dessin que l’on veut faire), de vingt, trente, quarante fois, etc., ce qui procure un dessin dont chaque partie, en la réduisant au vingtième, trentième, quarantième, etc., donnera les proportions vraies de l’échappement.

L’espace dont nous disposons étant borné, nous nous contenterons d’une amplification de vingt-cinq fois.

Les 1 0 millimètres multipliés par le nombre 25 donnent 250 millimètres pour le diamètre cherché de la roue, ou 125 millimètres pour son rayon.

Sur un fort papier à dessin, assujetti sur une planchette disposée à cet effet, et d’un point central G (fig. 5, planche première ), on décrit avec une ouverture de compas égale à 125 millimètres l’arc de cercle BDQ, ou la circonférence de la roue.

Dans une roue portant 12 dents, l’intervalle qui sépare le talon d’une dent du talon de la dent suivante embrasse un arc de 30°, soit 360° divisés par 12.

Tirons le rayon B/C. Du point B, mesurons un arc BD de 30°, ou, ce qui revient au même, et au moyen du Rapporteur d’un étui de mathématiques., ou bien encore par les moyens plus précis qui seront indiqués à la fin de ce volume, formons l’angle BGD de 30°, et continuons ainsi sur tout le contour de la roue.

Cet angle BGD embrassera exactement sur la circonférence de la roue une dent et un vide, et chacun de ses côtés effleurera un talon de dent.

Le cylindre devant se trouver dans la position BA, quand la dent occupera son intérieur, et ce même cylindre, lorsqu’il sera placé dans un vide entre deux dents, occupant plus tard l’espace AD, il en résulte que les deux diamètres ont un point de contact en A, et que la difficulté est ici de déterminer exactement ce point.

L’angle BAg est composé : 1° de l’angle de levée; 2° d’un petit angle supplémentaire hAg, qui est approximativement et en nombres ronds :

Pour une roue de i 5 dents, de 4°;

Pour une roue de 12 dents, de G0.

Le triangle BgA étant un triangle rectangle, la somme des deux angles B et A vaut 90°. En soustrayant de ce nombre l’angle de levée, augmenté du petit angle supplémentaire hAg, on a pour reste un nombre

dessiner l’éciiappement.

qui donne la valeur en degrés de l’angle IBf; et l’on tire la ligne B f, qui forme cet angle.

Pour avoir le .apport entre les diamètres extérieur et intérieur,, on dispose lè centre du Compas de réduction {Guide-Manuel) , de façon que la longueur des petites branches soit à la longueur des grandes comme 8 est à 10.

Du point B, centre de mouvement de la petite branche, et du point D centre de la grande, on tâtonne l’ouverture du compas jusqu’à ce que les deux arcs de cercle tracés l’un du point B avec les petites branches, et l’autre du point D avec les grandes, se coupent en un point commun appartenant à la ligne BA f. Le point A est alors déterminé.

En joignant le point A aux deux points B et D, on aura les diamètres interne et externe du cylindre et on connaîtra ses deux positions successives.

On trace alors les circonférences k,u,p.

Tout ce tracé a dû être fait à la pointe de crayon finement taillée; car il faut, avant de passer à l’encre, contrôler toutes les parties du dessin, et surtout rectifier au besoin l’angle de levée.

Du point C, on décrit la circonférence XtnZ, qui passe par le milieu des inclinés, et l’autre circonférence AArE, qui passe par les pointes des dents.

Les petites circonférences, précédemment décrites, k,u,p, nous serviront à déterminer : 1° l’inclinaison du talon de la dent ; 2° la profondeur de l’U {vv). Cette profondeur doit 'aller en deçà du cylindre, au moins de la moitié du rayon de celui-ci.

On tire la ligne CAw, qui passe par le point de réunion des deux diamètres, et en opérant sur tout le contour de la roue la division de chaque angle de 30° (comme elle est faite, pour l’angle BCD, par la ligne CAw), il sera facile d’obtenir une représentation fidèle et complète de l’échappement dans toutes ses positions successives.

La ligne mn est menée du point n, milieu de l’incliné, perpendiculairement à cet incliné. C’est sur cette ligne que sera placée la pointe du compas qui servira à former l’incliné courbe.

Cette première ligne tirée, on décrit, avec un rayon mC, la circonférence mij. Il suffira ensuite de mener, du milieu de chaque incliné, une tangente à ce cercle pour avoir la direction sur laquelle doit être posée la pointe du compas qui servira à tracer chacun des inclinés courbes.

remarque. — Il ne faut pas oublier que le dessin ne tient cas compte

du jeu nécessaire au fonctionnement de l’échappement, et qu’en conséquence on devra ajouter au chiffre de la levée plusieurs degrés, afin d’obvier à la perte de levée qui résulte : 1° du jeu que la dent doit avoir dans l’intérieur du cylindre; 2° de l’arrondissage des lèvres.

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