JUSTIFIER LA ROUE.— G Y L. EN PIERRE
struite et telles qu’on les trouve dans les montres ou chez les marchands de fournitures d’horlogerie.
Aux détails d’exécution d’une roue sont jointes toutes les instructions nécessaires pour sa mise en place et de hauteur dans la montre.
Justifier une roue de cylindre.
402. On sait que cette opération consiste à égaliser les chutes intérieures et extérieures.
Dans la pratique courante, si les chutes intérieures sont inégales, on justifie la roue sur la plus petite dent, qui doit entrer jusle dans un trou d’une étroite filière-à-trous en laiton faite pour cet usage. Ce même trou servira ensuite à mesurer les autres dents.
Pour égaliser les vides, et faute d’autre moyen, on les mesure avec un arbre lisse cylindrique, passant, sans jeu, entre la pointe et le talon suivant du plus grand vide.
La matière qui est de trop est enlevée, avec un fer chargé de pierre broyée à l’huile, ou plutôt, et préférablement, avec une petite lime en rubis ou en saphir.
Ce mode d’opérer ne donne pas toujours une rigoureuse égalité aux chutes, il faudrait pour cela que la filière embrassât en même temps un vide et un plein de la roue, mais il suffit au travail courant.
On attaque de préférence les dents par leurs pointes (411).
On trouve chez les marchands de fournitures d’horlogerie des outils à justifier les roues de cylindre. Quelques-uns sont décrits à l’article qui traite de la justification des roue§ d’échappement dans la suite du Guide-Manuel.
Details pratiques sur le cylindre.
Le cylindre en pierre
403. Le cylindre garni d’une tuile en rubis est à peu près indestructible, sauf accident, s’il est entretenu d’huile. On en rencontre cependant de temps en temps où cette tuile est fortement piquée ; ce qui doit provenir principalement de l’emploi vicieux des rubis balais ou spinelle , au lieu et place des rubis ou saphirs d’Orient, les seuls qui présentent la dureté convenable.
Les frottements sur le cylindre en pierre sont plus doux que ceux auxquels donne naissance l’action de l’acier contre l’acier, mais cette espèce de cylindre a contre elle une plus grande difficulté à régler, et
dont la cause principale réside dans un moindre frottement sur les repos.
Les ennemis quand même des frottements vont crier au paradoxe sur ce dernier article. Voudraient-ils alors nous expliquer le fait suivant, connu de tous les rhabilleurs? La plupart des échappements en pierre ne sont bien réglés qu’au bout de quelques semaines, et même de quelques mois de marche, et précisément quand les huiles ont acquis une consistance plus grande.
Le fait d’ailleurs comporte, selon nous, une explication facile, et tout ce qui précède peut être résumé en deux mots.
404. Les proportions de la plupart des échappements en pierre ont été simplement copiées sur des échappements en acier. Il en résulte que le rapport primitif entre la puissance de l’impulsion et la résistance de la pression sur le repos (le frottement) est détruit. L’harmonie entre les éléments principaux ne saurait alors s’établir qu’à la condition que l’on combinât à nouveau les organes de l’échappement, et dans le sens indiqué par une diminution de frottement (864).
L’abandon du cylindre en pierre tient non-seulement à son prix élevé, mais peut-être encore plus aux vices de construction, dus aux ouvriers qui le fabriquaient. Ainsi nous avons rencontré bon nombre de ces sortes d’échappements qui présentaient un ou plusieurs défauts, tels que :
1° De dépasser les limites assignées à la grosseur des axes; 2° de placer au centre du balancier un poids trop considérable par rapport au poids de sa circonférence; 3° de ne pas tourner rond; h° d’exiger deux goupilles de renversement ou un plot très-large; ce qui rétrécit l’espace disponible pour le mouvement du balancier, et produit assez souvent, quand les huiles sont fraîches, le rebattement de ce balancier.
L’ouvrier qui se trouvera dans la nécessité de substituer un cylindre d’acier à un cylindre en pierre fera bien de s’assurer, par les moyens que nous avons longuement développés plus haut, que ce balancier a les qualités requises. Dans le plus grand nombre des cas de ce genre, que nous avons été appelés à résoudre, nous avons rencontré un balancier qui était trop petit ou trop lourd pour le cylindre d’acier substitué au cylindre en pierre.
Le chapitre vm indiquera la méthode usitée dans l’exécution d’une monture de cylindre en pierre.
Le cylindre en acier.
403. Le cylindre simplement en acier, trempé dur aux endroits où