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CYLINDRE TROP OUVERT OU TROP FERMÉ

se font les frottements, s’il est d’une exécution soignée et parfaitement poli, marchera très-longtemps sans qu’il s’y manifeste d’usure; mais il faut qu’on ait le soin, comme pour celui en rubis, de l’entretenir d’huile.

L’acier fondu en branches carrées, dit acier forgé, est celui qui est recommandé comme moins pailleux par la plupart des artistes; et cependant la presque totalité des praticiens suisses et français se servent pour leurs cylindres d’acier tiré, dit acier aux vis , parce qu’ils se sont aperçus qu’il est plus doux et moins sujet à se fendre que l’acier carré. Nous dirons en faveur de l’acier fondu qu’étant plus homogène il se polit mieux et plus également que tout autre, mais que, par contre, il a une plus grande facilité à se brûler à la trempe s’il dépasse le rouge cerise.

Les beaux cylindres, encore si bien conservés, qu’on rencontre dans les montres déjà un peu anciennes, sont tous en acier forgé, mais cet acier exige de tels soins, tant pendant le travail qu’à la trempe, qu’on a bien fait dans les fabriques de lui substituer l’acier tiré à la filière. Nous dirons pourquoi dans l’article de l’exécution du cylindre.

Autrefois les tampons étaient en cuivre dans lequel une petite tige d’acier était ajustée pour former le pivot. Actuellement le tampon et le pivot sont faits d’un seul morceau d’acier trempé et revenu bleu foncé.

Le cylindre fini doit passer avec peu de jeu, s’il est de bonne grosseur, entre la pointe d’une dent et le talon suivant. Son diamètre intérieur est donné par la longueur d’une dent finie, et avec un peu plus de jeu qu’on en a laissé en dehors.

Si la dent se trouvait trop courte , l’écorce du cylindre serait alors très-épaisse; ce qui augmenterait considérablement la largeur des lèvres et l’inégalité des résistances causées par les frottements des repos intérieur et extérieur, parce que ces repos se feraient à l’extrémité de deux rayons très-inégaux. Avec un cylindre épais d’écorce, une montre marche ordinairement très-mal, et l’on se trouve dans la nécessité de le changer.

Cette écorce ne doit conserver que l’épaisseur necessaire pour lui assurer assez de solidité. Le huitième de la longueur du plan incliné sera le maximum que l’on pourra adopter pour cette épaisseur, et dans quelques cas elle pourra être tenue plus mince sans inconvénient.

Le cylindre trop ouvert ou trop fermé.

406. Nous avons démontré que l’ouverture du cylindre n’est pas une quantité arbitraire; que la profondeur plus ou moins grande qu’on doit

lui donner a pour mesure la correction éprouvée du frottement sur le repos. Nous avons en même temps fait remarquer que dans l’hypothèse d’un cylindre ouvert au point convenable, si l’on approfondit l’ouverture graduellement , on voit , graduellement aussi , diminuer l’étendue de l’arc d’oscillation du balancier, et que, dans le cas opposé, celui où l’on remplace ce premier cylindre par d’autres de plus en plus fermés , l’échappement s’engourdit d’autant plus vite par l’épaississement de l’huile que l'étendue des repos est plus considérable.

Ceci bien compris, et en regard des échappements à cylindre de nos montres modernes, où la partie pleine du cylindre embrasse de 196° à 200°, on remarque

Qu’avec le cylindre trop ouvert l’arc de vibration n’est pas assez étendu. En rapprochant l’échappement, on augmente la chute extérieure aux dépens de la chute intérieure, et l’on met l’échappement dans des conditions encore plus mauvaises. Quant au cylindre fermé , il exige que l’incliné de la roue soit plus élevé qu’il ne serait utile sans cela, et par suite il nécessite l’emploi d’une force motrice plus grande, afin d’éviter l’arrêt au doigt. Si l’on ne peut pas augmenter la hauteur de l’incliné, il arrive que sa pointe se présente sur l’arrière des lèvres ou même sur les repos, et butte dessus; ii faut nécessairement, pour faciliter la mise en train d’un échappement ainsi construit, éloigner un peu la roue du cylindre, et l’on voit qu’ alors, le milieu du plan incliné ne passant plus au centre, les chutes extérieures seront augmentées, tandis que celles du dedans deviendront plus précises.

Mesure de l'ouverture ou grande coche.

40 7. Nous avons vu précédemment que lorsque l’on entaille un cylindre, on enlève très-peu plus de cinq douzièmes du diamètre, c’est-àdire que lorsque le cylindre est fini il doit avoir conservé pour le plein un peu moins de sept douzièmes, ou la moitié plus un douzième faible.

Quant à la hauteur de cette grande coche, on lui donne environ une /ois et demie l’épaisseur totale de la roue mesurée du bas des colonnes au-dessus des dents. (Fin du G0, art. : Faire un cylindre , chapitre vu.)

Les lèvres et les repos du cylindre doivent être très-bien polis. Il faut avoir grand soin de n’y pas laisser d’angle (dit bavure ou rebarbe), et surtout à V extrémité intérieure de l’incliné de la petite lèvre; cette bavure est une cause d’arrêt peu soupçonnée.

On trouvera dans le chapitre vm la description des outils a mesurer l’ouverture.

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