‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 120 sur 553 · SUR LE SPIRAL · texte numérisé non relu

SUR LE SPIRAL

bons résultats, ont presque toutes des cylindres de diamètre plus petit et des balanciers un peu plus grands et un peu plus lourds que ceux des montres anciennes de mêmes dimensions.

Ajoutons encore un fait : il concerne une montre d’homme de AO millimètres (18 lignes). Elle avait été finie en blanc par un très-habile faiseur de montres pour bagues; soit un effet de l’habitude, soit qu’il pensât bien faire, il avait donné à tous les pivots du rouage une excessive finesse

Durant plusieurs années, cette pièce, d’une exécution vraiment supérieure, eut une marche détestable. Un horloger, qui sans doute soupçonna la cause de ces irrégularités, enleva les quatre rubis des roues moyenne et trotteuse, remplaça leurs pignons et donna aux quatre pivots des dimensions plus fortes, c’est-à-dire dans les proportions communément en usage. Depuis cette réparation, cette montre marche avec régularité.

IK'tails pratiques sur le spiral.

420. Dans nos calibres modernes, le diamètre du spiral est égal au rayon du balancier. Avec une ouverture de compas égale à la moitié de ce rayon, on tire du centre du coq un trait sur le piton et un autre trait sous la tête avancée de la raquette. Ce dernier trait, passant juste entre les deux goupilles de raquette, indique ainsi leur position. Quant au trait sur le piton, il donne la distance où doit être percé le trou qui sert à loger l’extrémité extérieure du spiral.

Sur ce diamètre il présente ordinairement de huit à douze tours de lames, ou spires.

On voit que cette donnée empirique n’offre absolument rien de précis. C’est cependant la règle la plus généralement adoptée dans la pratique.

On a beaucoup discuté sur les spiraux longs et les spiraux courts sans apporter de grandes lumières sur ce sujet; mais on a remarqué qu’avec de trop longs spiraux les échappements à cylindre réglaient moins bien. Un spiral de 8 à 9 tours environ est celui cpii paraît le mieux convenir à la généralité des échappements de ce genre ; et, ainsi que le disait notre première édition, plusieurs artistes distingués, après avoir beaucoup pratiqué cet échappement, ont reconnu qu’avec un spiral plus long il réglait moins bien dans le plus grand nombre des cas.

La longueur d’un spiral adapté à un échappement à cylindre doit être, comme l’a remarqué un de nos bons observateurs modernes, M. A. Vallet, en rapport avec la vitesse et l’étendue de l’arc supplémentaire. Nous ajouterons qu’il y a encore à satisfaire à une autre condition, car l’iso-

chronisme d’un spiral de chronomètre ri est pas l’isochronisme d’un spiral d’échappement à repos frottant.

Cette question sera traitée à sa place : elle ne peut être abordée dans ce chapitre , destiné à réunir les indications sur lesquelles se base le travail des bons praticiens. Nous nous bornerons à rappeler que, pour la plupart des échappements bien construits, il y a une longueur de spiral avec laquelle le réglage est plus précis et se conserve mieux (350).

421. Un spiral mis en place doit être disposé de façon que le balancier parcourt un arc égal d’un côté et de l’autre de son point de repos, pour laisser entrer et sortir une dent.

Quand on veut faire choix d’un spiral on pince dans des brucelles le tour extérieur et l’on engage le premier tour intérieur dans la coche du cylindre, que l’on soulève ainsi avec son balancier. C’est ce que l’on appelle peser un spiral (expression vicieuse) . On reconnaît qu’il est de poids, ou plutôt de force, et qu’il est approximativement en rapport avec les nombres courants de vibrations par heure quand, dans cette position, le cône formé par le spiral est environ de une fois et demie plus haut que sa largeur, et que tous les tours, bien graduellement espacés, sont souples et élastiques sous le balancement procuré au balancier. Mais ici un livre ne peut pas suppléer un bon maître d’apprentissage. D’ailleurs, à ce procédé très-imparfait nous en ajouterons d’autres qui valent mieux, et qu’on trouvera indiqués un peu plus loin à l’article : Régler promptement une montre à cylindre (432 et 43$). Nous donnerons aussi en son lieu la description de l’outil qui sert à mesurer la force d’un spiral.

Un spiral doit être bien rond et bien centré; c’est-à-dire qu’étant fixé au coq par le moyen du piton et son premier tour se trouvant entre les goupilles de raquette, le milieu du trou de la virole, qui occupe le centre du spiral, doit se trouver dans l’axe du trou du pivot.

11 doit être bien d’égale force partout , afin de vibrer sur toute sa longueur, et que tous les tours s’ouvrent et se ferment ensemble sans se toucher. Si cela n’avait pas lieu il y aurait des tours forts et des tours faibles, et le spiral serait à remplacer ; car, ainsi que nous l’avons fait remarquer en traitant de l’échappement à R. de R. ,1 e développement régulier d’un spiral est l’un des meilleurs indices de ses facultés réglantes (ISO).

Il doit rester parfaitement plat en se développant et être bien parallèle au coq, avec lequel il lui faut suffisamment de jour de sûreté, ainsi qu’avec les rayons du balancier. Son premier tour ne doit pas frapper contre le piton ni contre la roue du centre. Il doit être formé selon la

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