SPIRAL ET BALANCIER
courbe que décrivent les goupilles de la raquette quand on fait marcher celle-ci; autrement il arriverait que , dans certaines positions, ces goupilles le feraient brider, et qu’en donnant par la raquette du retard à la montre, on la verrait parfois avancer.
Il doit jouer librement entre les goupilles, qu’il faut toujours avoir le soin de tenir très-sèches, afin d’éviter le collement de la première spire. Ces goupilles ne doivent pas être en acier, qui est susceptible de se rouiller et de s’aimanter.
Le second tour ne doit pas aller frapper à la première goupille de raquette.
Cette raquette sera pourvue du petit tenon, mobile au tournevis, que dans les fabriques on nomme la botte, et dont le bec, très-mince, empêche le spiral de sortir d’entre les goupilles.
Enfin, il faut apporter tous les soins possibles dans le choix et la mise en place d’un spiral , ce ressort ayant une influence considérable sur le réglage.
Dans le rhabillage, s’il est trop faible, on peut le recouper un peu au centre, dont les tours sont plus sensibles que ceux du dehors. S’il est trop fort on peut l’affaiblir, mais il faut le faire également sur toute la longueur, ce qui n’est pas une opération facile, comme on le verra quand nous indiquerons les procédés en usage. Il vaut mieux cependant encore en remettre un autre de force convenable.
Avant de remonter un échappement on s’assure toujours que la virole tient solidement en place et qu’elle occupe bien le centre du spiral. (Consulter l’article particulier consacré à l’étude du Spiral, dans la troisième partie de ce volume.
Détails pratiques sur le balancier.
422. Les ouvriers des fabriques d’horlogerie ont adopté, pour la mesure courante du diamètre du balancier, la largeur du couvercle du barillet quand ce couvercle était placé du côté des dents; ce qui revient à prendre pour la grandeur de ce balancier, à peu près, le diamètre extérieur du tambour du barillet.
On peut adopter cette grandeur, qui dans nos montres modernes (de dimensions moyennes) ne s’éloigne pas beaucoup de la véritable mesure; mais il ne faut le faire que d’après l’expérience de montres bien réglées dans toutes les positions, et semblables à celles que l’on établit ou que l’on répare.
Des artistes, à qui une longue expérience a fait entrevoir qu’un bon réglage est toujours le résultat d’un certain rapport, d’une relation particulière entre le bras de levier ou rayon de la roue (dont la grosseur du cylindre dépend) et celui du balancier, ont adopté pour la grandeur maximum de ce dernier deux fois le diamètre de la roue d’échappement, et pour la grandeur moyenne deux fois moins un dixième. Cette prétendue règle ne peut donner que des résultats inexacts. Nous avons eu déjà l’occasion de le faire remarquer au paragraphe 387 (bis)
Nous reviendrons sur ce sujet dans l’article où nous traiterons des Balanciers annulaires, mais disons tout de suite que dans la recherche de la grandeur d’un balancier, une approximation suffisante sera obtenue par le diamètre qui donnera à l’échappement une suffisante insensibilité aux différences de forces motrices (264).
423. Quant au poids de ce balancier, il doit être proportionné à la force d’impulsion de la roue de cylindre. Or, si nous n’avons encore rien de précis à ce sujet, nous possédons cependant deux moyens d’apprécier la puissance de cette impulsion :
1° Le plus ou moins de facilité de départ, autrement dit la mise en train de l’échappement, sous un degré déterminé de tension du ressort
2° Le temps que met le balancier à atteindre son amplitude moyenne d’oscillation, à compter de sa mise en mouvement par l’action du remontage de la montre. Dans certaines montres, ce n’est guère que vers la quinzième vibration que le balancier atteint son maximum normal et moyen d’oscillation. (Consulter le 440 et l’article général sur les Balanciers).
Un modérateur plutôt lourd que léger, sans excès toutefois, réglant mieux, on tient le balancier, quand il est encore à l’état d’essai, d’abord un peu pesant de la serge, puis on le diminue ensuite, en se guidant pour celte opération sur les résultats obtenus dans la double expérience indiquée aux 1° et 2° ci-dessus, et en se souvenant que :
Un balancier trop léger ne règle jamais bien : il est trop maîtrisé par la force motrice, la résistance de l’air, l’épaississement des huiles, etc. Un balancier trop lourd augmente la rudesse des frottements et les chances de rupture des pivots par une chute. Il exige un spiral plus fort, une force motrice plus grande, et rend dans certains cas la montre plus difficile à régler, surtout du plat au pendu L
i Un balancier pesant rend la montre plus difficile à régler dans les différentes positions. Dans la position horizontale, les pivots du balancier éprouvent un moindre frottement, puisque le frottement n’a lieu que presque contre le bout du pivot qui porte
DES VIBKATIOiN S PAR HEURE,
Le paragraphe 354 a fourni des indications suffisantes quant à la meilleure répartition du poids total dans l’ensemble du balancier.
La matière préférable pour l’exécution de cette pièce est celle qui présente, avec une solidité suffisante, le plus grand poids sous le moindre volume. L’acier doit être rejeté , quoique par la trempe il acquière plus de solidité que tout autre métal ; car, outre qu’il est sujet à la rouille, il est susceptible d’aimantation ; et , sous un même volume , il est plus léger que le laiton.
Un balancier doit avoir été écroui avec soin, être bien libre, parfaitement d’équilibre, et avoir la forme la plus convenable pour fendre l’air avec facilité. 11 doit tourner rond et droit, avoir presque tout son poids dans sa circonférence, car les rayons et le centre doivent être peu chargés de matière. Il lui faut assez de jour de sûreté avec le coq, la roue de centre, la tête du piton, les goupilles de raquette, le spiral, etc. Du côté du char, il doit être assez éloigné de la barette ou pont d’échappement et de la platine. On fait attention, en le rivant, qu’un de ses bras ou rayons soit bien en face du dos du cylindre, afin qu’au besoin on puisse mettre l’échappement sur le compas d’engrenage.
En faisant connaître les usages du Tour aux balanciers, nousindiquerons les soins à prendre dans l’exécution d’un balancier.
iVomlire «les vibrations par heure.
424. L’amplitude de l’oscillation d’un balancier de montre à cylindre est ordinairement de trois quarts de tour (270°), parce que, les grandes vibrations réglant mieux, il n’y a de limite à leur étendue que la sûreté suffisante pour éviter le rebattement de la goupille de renversement.
On fait battre à cet échappement 18,000 vibrations par heure (5 par seconde). Ce nombre de vibrations réglant bien, on ne fait d’exception (à part les montres pour courriers) que pour les montres très-grandes ou pour les petites montres au-dessous de 29 millimètres de diamètre
ls balancier ; si la montre était réglée dans la position verticale, elle avancerait dans la position horizontale; dans la position verticale, au contraire, le frottement aux pivots du balancier augmente, puisque les pivots frottent suivant toute leur longueur conti e les parois des trous, et la montre, supposée réglée dans la position horizontale, retardera dans celle verticale.
Cette variation dans le frottement des pivots du balancier, suivant les différentes positions, est toujours en raison de la pesanteur du balancier, comme on le sent aisément. (, Jurgensen .)
Tout ceci est vrai dans les cas les plus ordinaires, mais avec des trous bien faits, convenablement bercés , on peut rendre le frottement des pivots égal dans les deux positions. On Deut aussi modifier l’avance ou le retard par un spiral mieux approprié,
(13 lignes). Ces petites pièces, en raison de la faiblesse de leur force motrice, étant très-influencées par le porter et par les variations de température, doivent battre de 19,000 à 21,000 et même jusqu’à 24,000, suivant leur petitesse. Elles ne s’useront pas davantage.
Voici les nombres d’oscillations que, dans la fabrique de Genève, on fait battre aux montres, suivant leur grandeur :
Dimension de la montre. Nombre des vibrations.
De 45 à 29 mill. (20 à 13 lig.) ... de 17,000 à 18,000.
27 mill. (12 lig.) . 18,000 à 19,000.
22 à 23 mill. (10 lig.) . 19,000 à 20,000.
20 à 13 mill. (9 à 6 lig.) . 20,000 à 24,000.
Les grandes montres de 45 millimètres (20 lignes) se règlent trèsoien à 18,000 vibrations; mais à une condition, qui, sans être absolue, est cependant presque toujours réalisée dans la pratique : c’est que leur balancier soit moins grand que le diamètre du tambour ou virole du barillet, lorsque ce barillet occupe, comme dans les calibres modernes, tout l’espace qui sépare le pignon du centre du bord de la platine.
L’horloger bien pénétré des principes de la mécanique en saisira facilement la raison.
Du renversement du balancier.
Placer la goupille et le plot de renversement.
423. Le balancier de l'échappement à cylindre peut parcourir un tour entier.
Si on voulait lui faire faire de plus grandes vibrations, il arriverait que, lorsqu’il tournerait de la droite vers la gauche J, le fond de la petite coche du cylindre, indiqué par la ligne pointillée od (A, fig. 29), viendrait rebattre rudement contre le bras de l’U, et la dent, débordant alors la grande lèvre, accrocherait dessus, et, retenant le cylindre immobile, l’empêcherait d’être ramené par le spiral; position qui est indiquée par le dessin À.
C’est ce qu’on appelle le renversement.
Le renversement aurait également lieu si le cylindre tournait trop de la gauche vers la droite : lorsque la dent ne serait plus appuyée sur le repos, elle tomberait tout entière dans le cylindre; le bras de l’U irait se jeter contre le fond de la petite coche, et quand le cylindre serait ra-
» Ou du côté opposé, si la roue d’écbaypement tournait à rebours.