La piqûre du cylindre provient ordinairement
1° De la présence d’une espèce de sable rongeur formé par le mélange de l’huile et de la poussière, ou de l’absence de l’huile, qui s’est desséchée. Les frottements se font alors à sec ;
2° De l’imperfection du poli. Elle est cause que, les parties frottantes n’étant pas suffisamment unies, les aspérités des métaux se pénètrent et se déchirent, ce qui augmente es frottements et détruit les pièces en contact ;
3° De la mauvaise qualité du métal , qui , pailleux ou peu homogène, n’est pas d’égale dureté dans toutes ses parties et se polit mal ou inégalement ;
4° D’une mauvaise trempe, qui corrompt l’acier si on le chauffe trop, ou qui ne lui donne pas assez de dureté, si on ne le fait pas rougir suffisamment ;
5° De la mauvaise habitude de certains faiseurs d’échappements, qui, pour plus de facilité dans le travail, reviennent jaune paille, ou violet , et même bleu, les lèvres et les repos du cylindre ;
6° D’une roue qui n’est pas trempée ou qui est trop revenue après la trempe.
ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE
Ces défauts seront évités si l’on a le soin de ne pas laisser marcher trop longtemps l’échappement sans renouveler l’huile, de prendre toujours pour sa confection de l’acier de premier choix, de le tremper avec infiniment de précaution et de le laisser dans toute sa dureté au repos et aux lèvres, et seulement jaune aux dents de la roue, enfin d’arrondir légèrement en baguette les plans inclinés et leurs pointes, puis de polir au plus haut degré toutes les surfaces frottantes.
Dépiquer le cylindre.
4M. Si un cylindre n’est pas piqué trop profondément, on reforme ses lèvres. Il est bon d’avoir pour cet usage deux petites limes en pierre, l’une offrant une certaine rudesse et l’autre douce. Ces lèvres doivent être polies au plus haut degré, et l’on repolira également les inclinés qui ont fonctionné contre les lèvres entamées. (Tout cylindre trop ouvert doit être remplacé. Voir pour ce cas, au chapitre vu, l’article Pivotage d’un cylindre .)
On peut polir mécaniquement les lèvres. Nous ferons connaître l’outil destiné à cette opération qui nous paraîtra le meilleur.
Ordinairement, pour dépiquer les lèvres du cylindre, on opère en tenant le balancier entre les doigts de la main gauche. Il est plus commode, quand on a à reformer la grande lèvre, de mettre le cylindre en cire, par le balancier, sur la plaque d’une broche percée, semblable, sauf la moindre épaisseur de la plaque et le cuivrot enlevé, à celle qui est représentée par la figure 34.
Fig. 34.
Quant à la petite lèvre, on retourne le balancier et on met le cylindre en cire, par le dos, à l’extrémité d’une tige, percée d’untroujun peu plus grand que la grosseur du cylindre , et après qu’on a limé cette partie de la tige de façon à enlever la moitié de son diamètre; ce qui met à jour la cavité où se loge le cylindre.
Cette broche peut également, comme l’autre, être garnie d’une rondelle mince , pourvu que l’ouverture soit assez grande pour laisser passer l’assiette.