Peut provenir
1° Du manque de force motrice à l’échappement par l’effet d’un vice de construction dans ce dernier, des mauvais engrenages , des frottements nuisibles entre les pièces qui ne doivent pas se toucher, d’un ressort trop faible, etc. ;
2° D’un échappement portant un incliné trop haut (surtout si cet incliné est droit) ou dont on a forcé la levée, ou bien dont les inclinés trop bas buttent sur les repos au lieu de se présenter sur les lèvres. ;
ÉCIIAri’EME N T A CYLINDRE.
3° Des pivots du balancier, qui peuvent être faussés ou qui roulent dans des trous justes ;
4° D’un cylindre mal poli, ainsi que les inclinés et les pointes des dents ;
5° D’un balancier trop pesant relativement à la force motrice trop faible;
6° D’une rebarbe laissée au talon de la dent;
7° Enfin , la dent reste quelquefois dans le cylindre sans pouvoir le faire repartir, parce que cette dent, dont l’angle est trop aigu et mal poli, butte contre l’extrémité intérieure de l’incliné de la petite lèvre, qui n’a pas été assez arrondie, assez fondue avec la circonférence intérieure de l’écorce (407).
Nous ne comprenons pas dans les causes de l’arrêt-au-doigt celles provenant de l’épaississement des huiles et de la piqûre des lèvres du cylindre.
Il n’y a pas d’horloger qui, avec un peu d’attention, ne puisse découvrir et ne sache corriger les causes de l’arrêt-au-doigt, que plusieurs de ces causes se trouvent réunies ou qu’elles soient isolées.
Une roue d’échappement mal plantée.
447 . Si elle penche en avant, ou si elle est trop basse dans la petite coche, elle frottera sur le tampon d’en bas et quelquefois sur la roue trotteuse.
Si elle penche en arrière ou si elle est trop élevée dans cette même coche, le dessous de la petite lèvre frottera sur le bras des U, ce qui donnera du recul à la roue, et il pourra encore arriver que cette roue ait un frottement sur la roue trotteuse.
On corrige en mettant la roue droite en place par les pieds du pont, et si ce pont est sujet à se déranger par l’effet du serrage de la vis, on y place un troisième pied quand la roue est droite.
S’il est impossible de changer la position d’une roue trop haute ou trop basse en place , on fait monter ou descendre le cylindre de manière à ce que le fond de la roue partage bien par le milieu la coche de renversement.
Les défauts que nous venons de signaler peuvent être causés aussi par une roue d’échappement rivée mal droite, ou dont le fond n’est pas d’égale épaisseur partout.
On corrige ce dernier défaut sur un liège et avec un fer plat chargé de pierre broyée.
Voir roue mal droite, etc., page 255.
CAUSES DES ARRÊTS ET VARIATIONS
Houe trop épaisse.— Houe faussée*
448. La roue peut avoir une trop grande épaisseur totale, ou simple ment le fond trop épais.
Le premier cas est rare, mais se rencontre cependant dans des montre: un peu plates. On dérive la roue et on l’amincit en la frottant à plat sur une glace chargée de pierre broyée.
Quand le fond seul est trop épais, on augmente la hauteur de la petite coche du cylindre au moyen d’une petite lime plate en rubis (433).
On redresse une roue faussée par le procédé indiqué au chapitre vu, à propos de la trempe de la roue.
Trop peu de profondeur au passage du pont d’échappeiueut.
449. S’il y a frottement des dents de la roue dans le passage, il y aura arrêt et irrégularité dans la marche. Si seulement le dessus des dents n’a pas un grand jour avec le pont, l’huile se répand dans le passage et nuit à l’exactitude du réglage.
La poussière et les petits filaments attirés par l’huile ne feront pas arrêter si le passage est grand.
Une roue qui penche en place, ou qui a été rivée mal droite, des trous trop grands, un pont courbé du bas en haut, occasionnent parfois les défauts qui résultent d’un passage trop peu profond. On peut s’assurer, quand il y a doute, en mettant du rouge à polir sur les plats des dents, si elles passent avec toute sécurité.
Le rouge doit être délayé un peu épais, car s’il s’étale, sa couche étant très-mince, l’indication est insuffisante.
On remet la roue droite en place, soit par les pieds du pont, soit, si l’on ne peut faire autrement, en forgeant par-dessous un peu le pont pour l’allonger. On se sert pour cet effet d’un poinçon large et formé en panne de marteau.
Une opération analogue peut, au besoin, faire avancer le trou d’en bas; maison doit craindre la rupture des pierres, et il faut se souvenir que ce moyen ne doit s’employer qu’avec circonspection, et quand il y a impossibilité absolue d’obtenir la réparation autrement.
Si l’horloger sait poser les pierres (voir leurs articles), il lui est facile d’enlever celle qui est mal plantée, d’agrandir le trou où elle était logée et de le reboucher en y sertissant solidement une petite plaque de laiton, dans laquelle la pierre sera replantée avec soin et sertie.
Le passage se recreuse sur le tour-en-l’air, où le pont a été préalable-
ÉCIIArPEMEM A CYLINDRE,
ment mis en cire, ou, ce qui vaut mieux, sur le tour-universel, dont on conduit la plate-forme avec le plat de la main droite, pendant que l’on approche avec la main gauche le burin fixe doucement et juste assez pour enlever un peu de matière. Quand ce burin a parcouru tout le passage, en le recreusant légèrement, on ramène la plate-forme en arrière et l’on avance de nouveau le burin, mais de très-peu; après quoi l’on fait revenir la plate-forme en avant pour opérer un nouveau creusage , et ainsi de suite, et toujours sans se servir de la manivelle ou de l’archet.
Si le pont était trop mince, ou que, pour toute autre raison, on ne pût pas recreuser le passage, il faudrait élever ce pont et recourber un peu en dessous la partie comprise entre le rubis et la creusure. Mais ce moyen est de ceux qu’on n’emploie qu’au pis-aller.
ïï’rop peu de chute ou les chutes inégales.
430. S’il n’y a pas de chute intérieurement, la dent frottera au cylindre par la pointe et le talon en même temps. S’il manque de chute en dehors, ce cylindre frottera à la pointe d’une dent et au talon de la dent qui précède. Dans le premier cas, l’arrêt aura lieu, une dent étant engagée dans le cylindre; dans le second cas, ce sera le cylindre qui sera engagé entre deux dents. Si ce double frottement n’était pas assez considérable pour faire arrêter la montre, il nuirait toujours beaucoup au réglage. On corrige ces défauts en usant un peu les pointes des dents; mais il faut s’assurer auparavant s’il n’est pas préférable de remplacer tout de suite le cylindre, qui peut bien ne pas être fait selon les principes, plutôt que de courir le risque de gâter une bonne roue pour faire servir un mauvais cylindre. (Relire avec attention l’article de la chute, 410).
Si les chutes sont inégales et que quelques-unes soient trop précises, il arrive, comme dans le cas précédent, des arrêts quelquefois et des variations de marche toujours : la montre ne peut être maintenue réglée, elle retarde constamment. Pour reconnaître ce défaut on dépose un peu de rouge au bord du balancier, ce qui permet de mieux observer les oscillations; si ces oscillations sont d’inégale étendue et si quelques-unes hésitent à revenir au même point que les autres, il y a grande probabilité que le défaut en question existe.
Si l’hésitation se fait remarquer du côté du piton (ou côté de la grande lèvre), le défaut provient des chutes intérieures. 11 faut alors égaliser toutes les dents de la roue sur la mesure de la plus courte, et en se servant d’une étroite filière à trous, comme il a été dit art. 402.
Si l’hésitation a lieu du côté opposé, le défaut provient des chutes
CAUSES DES ARRÊTS ET VARIATIONS
extérieures. Il faut alors vérifier tous les vides, et, faute d’un outil spécial, avec un arbre lisse, et les égaliser sur le plus grand.
On peut, plus rapidement, tâter toutes les chutes, marquer avec du rouge les dents qui manquent d’ébat et retoucher seulement ces dents
L’inégalité des chutes peut être occasionnée par des dents faussées, soit par l’effet de la trempe, soit par toute autre cause.
On se souviendra, en règle générale, qu’une inégalité marquée dans l’étendue des vibrations qui se suivent est, presque toujours, l’indice ou de l’inégalité des chutes ou de dents qui lèvent plus les unes que les autres.
Les chutes bruyantes et peu d’ébat dans le cylindre.
4SI. Ont pour cause un talon rugueux qui accroche sur la lèvre, ou un incliné d’une courbe trop prononcée. Quand la roue est mince, il y a parfois rebondissement du talon contre la paroi opposée , surtout quand le cylindre est mal poli. En polissant le talon ou en redressant un peu l’incliné, le bruit des chutes diminue très-sensiblement.
Um cylindre trop bas ou trop haut en place.
432. Les causes d’arrêt et variations seront les mêmes qu’avec une roue trop haute ou trop basse en place. On corrige par le coq et le char, et, selon le besoin, en faisant monter ou descendre le cylindre jusqu’à ce que le fond de la roue soit au milieu de la coche de renversement. Si, après cette opération, le balancier touche au. pont d’échappement, on relève le champ en faisant plier les rayons près du centre. Si , au contraire, le jour de sûreté manque par-dessus, on fait baisser le champ par le même procédé.
Une petite coche trop large ou trop étroite.
433. Si la petite coche est trop large ou limée en queue d’hirondelle en arrière, et que la roue soit placée trop basse en cage, ou bien encore que cette roue n’ait pas une suffisante épaisseur totale , il arrive que la pointe de la dent, pendant le repos, frotte tellement près du bord de la petite coche qu’elle court le risque de s’engager par-dessous ce bord quand elle se trouve à l’endroit où la coche a sa plus grande largeur. Si ce cas se présente, le cylindre est alors arrêté comme par un renversement.
Il faut mettre la petite coche d’égale largeur partout, avec le secours de la lime en rubis, puis élever un peu la roue ou descendre le cylindre,
ÉCIIAPFE MENT A CYLINDRE.
et ne laisser à ces deux mobiles que le jeu strictement nécessaire en hauteur.
Si la petite coche est trop étroite , on met le cylindre fortement en cire au bout d’une broche percée, analogue à celle indiquée pour l’adoucissage d’une roue (444), et avec une mince lime en rubis on attaque la coche au-dessous du repos.
lies bras des U touchés par le fond de la coche.
454. Le rebattement du fond de la petite coche contre le bras des U fait varier la montre. Il donne du recul à la roue. On a vu comment on s’assure de l’existence de ce défaut, et comment on le corrige par le déplacement de la goupille du balancier, à l’article du renversement
Dans le cas où la petite coche n’aurait pas une suffisante profondeur, deux goupilles seraient nécessaires; mais il vaudrait mieux se résoudre à attaquer le fond de la coche : opération fort délicate, et qui se fait avec une lime plate en rubis, et en mettant le cylindre fortement en cire au bout d’une broche, comme il est indiqué à l’article précédent.
Un pô'ot cassé. — Un tampon à remplacer.
455. Un pivot cassé nécessite le remplacement du tampon. Voici comment on déchâsse l’ancien :
Fig. 35.
On met à l’étau un morceau de laiton B percé d’un trou où le tigeron resté au tampon puisse passer librement , et l’on évase ce trou avec un ébiseloirà pointe allongée, afin que, le cylindre étant placé dedans, il n’y ait que le bord du canon qui porte. A l’aide du poinçon à crochet A
CAUSES DES ARRÊTS ET VARIATIONS
(fig. 35), qu’on entre dans la gorge du cylindre, on déchâsse un peu le tampon. Cette opération faite, le tampon déborde le canon. On fait entrer cette partie qui déborde dans un trou d’outil-à-trous , où elle doit s’ajuster presque sans jeu, afin que le canon soit appuyé tout autour, et l’on achève de déchâsser le tampon avec un poinçon à crochet ayant le bec assez long.
Le tampon enlevé se remplace par un autre, auquel on a réservé un tigeron de longueur suffisante pour y lever le pivot. (Consulter les articles des tampons et du tamponnage, au vif chapitre. )
Quelques ouvriers, après avoir mis le cylindre fortement en cire, percent le tampon, puis y ajustent une petite tige, sur laquelle ils lèvent le pivot ; il est préférable plutôt que d’employer cette méthode, bonne pour quelques cas particuliers, de refaire le tampon d’une seule pièce.
Un tampon enfoncé dans le cylindre.
456. Après avoir fait un repère au bord du cylindre et du tampon pour retrouver exactement la position de celui-ci, on le déchâsse comme il vient d’être indiqué (435), puis on le met en cire au bout d’une tige de laiton percée laissant entrer très-librement le tigeron et son pivot. Cela fait, avec une lime barette tranchante on fait des traits circulaires tout autour du tampon, en le faisant rouler sur une surface de laiton ou de bois dur. On peut encore se servir d’une pointe de burin pour y faire des traits croisés en plusieurs sens. Quelques ouvriers roulent le tampon tenu au bout de la broche sur de la pierre broyée, en appuyant fortement avec un fer, de façon à incruster une certaine quantité de pierre dans la surface circulaire du tampon ; mais de bons horlogers réprouvent ce moyen , par la crainte que des parcelles de la pierre broyée, restées entre les surfaces mal jointes, ne se mêlent plus tard à l’huile nécessaire aux frottements du cylindre. Si, après l’une de ces opérations, le tampon ne tient pas encore avec assez de force, il faut refouler très-légèrement le bord de sa ereusure , en se servant pour cet effet d’un poinçon arrondi, trempé, poli et percé d’un trou laissant entrer librement le tigeron.
Quant aux ouvriers qui recollent leurs tampons à la gomme laque, ils devraient remarquer que, le canon d’en bas ayant ordinairement fort peu de hauteur, les tampons collés n’y tiennent pas très-bien, et qu’en outre la gomme laque se dissout dans l’esprit-de-vin.