EXÉCUTER LE CYLINDRE
pour ne pas avoir l’écorce trop forte; car on doit se souvenir qu’elle ne doit pas être épaisse.
3° Pour achever de rendre le trou bien lisse intérieurement, onl’adou cit avec une broche et de la pierre pilée, jusqu’à ce qu’il n’y reste pas de traits. Cette opération donnera une partie du jeu nécessaire à la dent de la roue, et le polissage fera le reste plus tard. La broche étant entrée dans le cylindre, on fait rouler celui-ci sur le doigt ou sur le bord de la paume de la main ; et, tout en le faisant rouler à droite et à gauche, on avance et on retire la broche pour que l’adoucissage se fasse en même temps dans tous les sens. On entre la broche alternativement par un bout et par l’autre, comme on a déjà fait pour l’équarrissoir.
On se sert, pour faire la broche , d’une tige d’acier aux vis, dont on diminue la grosseur à la lime, sur une longueur de 20 à 25 millimètres, de façon à ce que cette partie diminuée entre librement dans le cylindre. Si l’on prenait simplement une broche mince sur toute sa longueur, ou une tige de fil de fer, il arriverait qu’elle céderait en appuyant, et que le cylindre, en s’usant, s’évaserait en tromblon par les deux extrémités.
On peut également se servir, pour adoucir l’intérieur du tube, d’une tige d’acier entrant aisément dans le cylindre, et placée entre les pinces d’un bocfile qui la tend fortement. On fait rouler le cylindre sur la paume de la main, comme il a été dit, et en conduisant le bocfile par son manche1.
â° L’adoucissage intérieur terminé, on met avec la main, mais sans ie chasser, sur un arbre le moins en cheville possible, le cylindre, que l’on tourne, avec un archet à crin et une longue pointe de burin, bien rond, bien uni et bien cylindrique dans toute sa longueur, jusqu’à ce qu’il passe dans les vides de la roue, mais sans jeu entre la pointe d’une dent et le talon suivant. Puis on l’adoucit par-dessus à l’archet avec un fer plat, jusqu’à ce qu’il n’y reste plus de traits. Cet adoucissage donnera une partie du jeu nécessaire en dehors.
1 Les faiseurs de cylindres emploient différents procédés pour l’adoucissage intérieur; quelques-uns remplacent la scie d’un bocfile, placé à l’étau, par une tige d’acier entrant aisément dans le cylindre et , au moyen d’un cuivrot-à-vis placé sur celui-ci, ils l’adoucissent en le faisant tourner à l'archet, ou avec deux archets en sens contraire. Par ce procédé on peut adoucir plusieurs cylindres à la fois (un petit mouvement de vaet-vient serait utile).
D’autres le font rouler sur le doigt avec un cuivrot placé sur l’écorce, etc.; mais ces différents moyens offrent des inconvénients pour qui n’en a pas une grande habitude; il convient donc mieux de s’en tenir aux premiers que nous avons donnés.
ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE
5° Si le cylindre est trop long, on peut le mettre alors de longueur en tournant bien carrément les deux extrémités ; mais il est préférable de faire cette opération quand le cylindre est entaillé. L’on s’assure, auparavant de l’entailler, que l’écorce n’est pas trop épaisse. Dans ce cas, il faut le refaire, si l’on ne peut pas amincir cette écorce en agrandissant le trou.
6° On entaille le cylindre soit avec une lime carrée, soit sur le compasaux-engrenages avec une fraise circulaire mordant bien et conduite avec un archet. L’épaisseur de cette fraise doit être égale à la hauteur de la coche.
Avant l’on a dû ajuster le cylindre sur une broche tournée bien ronde de laiton dur, sur laquelle on le fait entrer, toujours le côté du grand canon le premier. Il doit y tenir assez fortement, afin de ne pas tourner sous la pression de la lime. L’on forme la grande coche. Le cylindre entaillé doit descendre dans la rainure étroite de la filière Jacot, dite filière-aux-cylindres (chapitre viii) , au même degré où le cylindre entier descend dans la plus large rainure. Si l’on se sert d’un micromètre pour mesurer l’ouverture, elle doit avoir pour le vide trèspeu plus de cinq douzièmes du diamètre total, et par conséquent le plein sera de moitié plus un douzième (340).
Le compas-aux-cylindres, décrit au chapitre viii, donnera également une proportion convenable.
Mais Une faut pas oublier que ces dimensions sont celles d’un cylindre entièrement achevé ; or, comme l’ arrondissage, V adoucissage et te polissage des lèvres enlèveront une certaine quantité de matière sur ces lèvres , on doit laisser d’un à deux degrés de la filière en plus, pour le plein, afin que le cylindre terminé ne se trouve pas trop'’ ouvert.
La hauteur de la grande coche ne doit pas dépasser une fois et demie l’épaisseur de la roue, afin que le réservoir d’huile qui se forme dans l’angle supérieur du dedans du cylindre puisse alimenter les frottements des repos.
7° La petite coche doit enlever les trois quarts de l’écorce du cylindre.
8° Les plats des canons doivent être limés bien plats et bien carrément. Pour obtenir ce résultat, on se sert de divers outils dont on trouvera la description ci-après, chapitre vin.
9" Poui- donner aux lèvres la forme qui convient à chacune d’elles, et