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TREMPER LE CYLINDRE

qui est indiquée à l’article De la forme des lèvres (333), on tient le cylindre au bout d’une broche de laiton tourné qui ne doit pas dépasser intérieurement le bord du canon , et en limant on fait grande attention : 1° à ne pas enlever trop de matière sur le dessus des lèvres, ce qui gâterait le cylindre en le rendant trop ouvert; 2° à ne pas pencher la lime du côté de la coche de renversement, en formant la petite lèvre, ce qui arrive assez souvent aux ouvriers qui manquent d’habitude ou d’adresse; 3° à ne pas fausser le cylindre en le limant, en l’ ôtant et le remettant sur la broche de laiton, d’où on le fait sortir en appuyant, avec une queue de lime aiguisée, au-dessus de la partie pleine, c’est-à-dire du dos l.

10° On ôte les bavures extérieures.

11e On passe une broche et de la pierre pilée pour enlever les bavures intérieures , et l’on adoucit les lèvres jusqu’à ce qu’il ne s’y voie plus de traits. Pour l’adoucissage, comme pour le polissage des lèvres, on se sert de tiges d’acier et de composition de bronze dur, appelées à tort zincs à polir (l’acier vaut mieux), auxquelles on donne la même forme et la même largeur qu’aux limes qui ont servi dans les précédentes opérations. Si on éprouve quelque peine à les tenir bien à plat, on courbe leur manche un peu à droite ou à gauche pour trouver l’aplomb cherché. On peut également se servir de limes en rubis.

On doit prendre garde, en adoucissant, d’altérer les courbes des lèvres.

Tremper le cylindre.

12° Pour tremper le cylindre, plusieurs méthodes sont usitées.

L’une consiste à le suspendre à un fin fil de fer formé en crochet a son extrémité. On le présente ensuite, en l’agitant constamment, à une petite flamme de chandelle placée dans un endroit assez sombre, pour mieux distinguer la nuance du rouge. On jette le cylindre dans l’huile aussitôt qu’il est partout au rouge cerise, qu’il ne faut pas dépasser.

1 Quatre limes, adoucies au revers des angles, c’est-à-dire où elles ne doivent pas mordre, sont nécessaires pour les opérations ci-dessus, savoir : 1° une lime carrée très-douce et de même largeur que la grande coche, afin de ne pas courir le risque de creuser la lèvre, ce qui pourrait avoir lieu si cette lime était trop étroite ; 2° une lime à égalir demi-douce, dite lime aux coches de renversement; 3° une lime carrée douce et aiguisée en sifflet à son extrémité. Elle sert à incliner la petite lèvre et doit avoir exactement la largeur de cette lèvre, car si elle est plus large on a de la peine à la tenir d’aplomb ; 4° une petite lime barette douce et tranchante pour couper franc les coins et y former des angles vifs.

ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE

Quelques artistes placent leur cylindre dans un petit tube de laiton, font rougir le tout à la couleur cerise et jettent dans l’huile.

On peut tremper le cylindre, et môme plusieurs à la fois, par les derniers procédés indiqués pour la roue (496 et 497).

lo° Après s’être assuré que le cylindre est trempé dur, on le blanchit avec précaution, vu sa grande fragilité après la trempe, et au besoin on le savonne et on l’essuie bien ; car il doit être très-propre et très-sec pour être revenu.

4/j° Pour le faire revenir, on ajuste à frottement doux, sans forcer, dans chaque canon, une broche ou forte goupille de laiton tiré, allant jusqu’au bord delà coche seulement, mais débordant le cylindre en dehors d’environ 15 à 20 millimètres. On pince la gorge avec des brucelles de la largeur de la petite lèvre, et l’on présente à la flamme l’extrémité de la goupille du petit canon, jusqu’à ce que ce canon soit revenu bleu gris. Puis l’on présente l’autre goupille à la flamme, et l’on revient également bleu gris le grand canon.

On voit que la portion du cylindre où se font les repos reste trempée à blanc. Les artistes qui font revenir jaune paille plus ou moins foncé les repos des cylindres ont tort; car les lèvres se piqueront beaucoup plus vite. Quant à ceux qui les mettent partout à la couleur bleue, et ils sont encore assez nombreux , nous n’en dirons rien , sinon que ce sont des ouvriers ignorants ou maladroits, ou qui ne sont pas suffisamment rétribués.

15° Le cylindre étant revenu, on le tient au bout d’une broche de laiton, pour blanchir à la pierre pilée l’intérieur de la coche de renversement et les plats des canons. Il faut le savonner et l’essuyer avec beaucoup de soin, pour le débarrasser complètement de la pierre pilée après ce dernier adoucissage.

16° On polit au rouge rude le dedans du cylindre, et ensuite le dehors, après avoir tourné légèrement conique le dessus du grand canon, où doit s’ajuster l’assiette. Puis on polit les lèvres, que l’on achève de suite au rouge fin et au brunissoir. Les lèvres terminées, on finit au rouge fin le dedans et le dehors du cylindre.

Plusieurs de ces opérations peuvent être faites avec de petites limes de rubis ou de saphir, comme il a été dit.

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