POLISSAGE DU CYLINDRE
Soins à prendre dans le polissage.
465. Quand on polit un cylindre entaillé, si on veut le conserver rond i! ne faut pas commencer par le rouler sur le doigt, comme on a fait pour l’adoucir. Il faut polir d’abord le repos intérieur en conduisant la broche en long avec un imperceptible mouvement de côté et d’autre, mais sans lui faire quitter le dos intérieur du cylindre. Quand cette partie est à peu près polie, on achève en faisant rouler sur le doigt.
Quant au polissage du dehors de l’écorce, le cylindre étant enfilé sur un arbre placé entre les pointes du tour, et dont on tient le cuivrot entre deux doigts, afin de lui imprimer un léger mouvement de va-et-vient demi-circulaire, on tire de long le dos du cylindre avec un fer méplat, auquel on donne en même temps un mouvement circulaire pour couper les traits. Puis on achève le polissage à l’archet, ainsi qu’on a fait précédemment pour l’adoucissage.
Si l’on ne prenait pas ces précautions, le cylindre deviendrait ovale, et le bord des lèvres tranchant, parce que , du côté du vide, les canons, offrant une moindre surface, seraient usés avant le dos.
C’est pour la même raison qu’avant d’entailler un cylindre on doit l’adoucir parfaitement dehors et dedans.
On doit tenir le rouge très-propre, en prendre peu à la fois et limer la broche chaque fois qu’il a été séché.
On se souviendra aussi qu’en outre qu’il faut prendre garde de déformer les lèvres, leurs angles vifs doivent être arrondis et polis; et que, du côté de l’entrée de la dent, la courbe de la lèvre doit se fondre avec la courbe du cylindre.
Ce dernier ne doit jamais être serré dans des pinces ni placé sur un arbre qui ne soit pas parfaitement lisse et qui puisse rayer l’intérieur de l’écorce.
Autres méthodes d’adoucissage et de polissage.
466. On peut encore adoucir un cylindre extérieurement et le polir ensuite sur le compas-aux-engrenages.
Deux broches sur la même ligne doivent être solidement reliées l’une à l’autre par un arc de cercle en métal, qui, tenu par une main, permet de donner simultanément aux deux broches un petit mouvement de droite à gauche, et vice versa; ces deux broches auront ainsi une certaine mobilité.
Le cylindre monté sur un arbre parfaitement rond, et cet arbre placé
ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE
entre les deux broches fixes du compas, on place entre les deux autres broches mobiles un rouleau bien cylindrique, également monté sur un arbre. En desserrant le compas on met le rouleau , chargé de pierre broyée à l’huile ou de rouge à polir, en contact avec la surface du cylindre. Puis, tandis qu’une main conduit les deux archets, montés l’un sur l’arbre du cylindre et l’autre sur l’arbre du rouleau, de la main restée libre on donne à celui-ci, par l’arc de cercle en métal, un mouvement latéral de va-et-vient.
Par cette méthode, on peut adoucir ou polir plusieurs cylindres montés sur un même arbre, et sans altérer leur rondeur.
On peut encore polir extérieurement un cylindre sur le lapidaire. Ce cylindre est monté sur un arbre tenu entre deux broches d’un même levier, qu’on rapproche insensiblement du lapidaire au moyen d’une vis.
Faire les tampons.
46 7. Un morceau d’acier aux vis, non pailleux, trempé à l’huile et revenu bleu , sert à faire les tampons. On le tourne rond à son extrémité, et lorsqu’il commence à entrer dans le petit canon, on achève de le mettre de grosseur avec de la pierre pilée à l’huile et un fer à adoucir; c’est-àdire qu’on le diminue ainsi jusqu’à ce qu’il pénètre à peu près aux trois quarts du petit canon.
On tourne plate la face du tampon. On ébauche le tigeron au burin et l’on forme sa pointe.
On polit la face du tampon sur l’outil-aux-tampons (chapitre vin), ou, à son défaut, sur le tour à polir les vis.
On agit de même pour exécuter le grand tampon , avec cette différence qu’il doit être ajusté plus profondément qu’aux trois quarts du canon.
En tournant et en ajustant les tampons, il faut s’assurer fréquemment, avec le micromètre, s’ils sont presque cylindriques. C’est la forme qu’ils doivent avoir; car s’ils se trouvaient en cheville , ils feraient fendre le cylindre.
Cet elfet a aussi quelquefois pour cause, mais plus rarement, un acier brûlé ou pailleux.
L’ajustement des tampons dans les canons doit être parfait. S’ils sont convenablement ajustés, le plus petit coup de marteau, le moindre enfoncement dans le canon, suffira pour les fixer solidement. Dans le cas contraire, le petit tampon, quoique chassé avec une certaine force, sera suietà sc déranger quand on fera, soit des piqûres, soit des pivots, etc.