TAMPONNER LE CYLINDRE
En essayant les tampons dans les canons , il faut prendre quelques précautions, afin d’éviter qu’en pénétrant vivement dans le cylindre, au cas où ces tampons auraient été trop diminués, ils ne vinssent à le rayer intérieurement vers le repos.
Les tampons polis sur leur face et ajustés de force à la main pour être chassés doivent pénétrer dans les canons , de façon que chaque face soit en retraite des plats de ces canons, et dans un cylindre de hauteur moyenne, d’environ un quart de la hauteur du petit canon et d’un sixième du grand canon. C’est donc de cette quantité qu’ils seront enfoncés au marteau.
Dans un cylindre court, le petit tampon doit rentrer de 1/3 et le grand tampon de l/5me environ.
Du tamponnage.
468. On commence par le petit tampon. On serre le tigeron de ce tampon dans des pinces que l’on met à l’étau, et l’on enfonce le cylindre à petits coups de marteau par le procédé employé pour le chasser dans l’assiette (471). Le bec de l’outil-à-crochet doit être assez mince pour ne pas s’engager dans la coche de renversement, ce qui ferait casser le cylindre.
On opère de même pour le grand tampon.
Parmi les faiseurs de cylindres, les uns mettent l’outil-à-crochet à l’étau, y placent la gorge du cylindre, et, tenant le tigeron avec des brucelles pour maintenir l’aplomb, frappent à petits coups de marteau sur la pointe de ce tigeron. D’autres se servent d’une presse à river les roues de rencontre, dont les bords sont assez minces pour entrer librement dans les coches. Quelques-uns enfoncent simplement le cylindre en appuyant assez fortement sur les plats des canons avec l’extrémité tranchante d’une lime carrelette; le tampon étant maintenu par des pinces serrées à l’étau. Enfin quelques autres, quand le cylindre est placé sur l’outil-àcrochet, enfoncent le tampon au moyen d’un poinçon percé, et dans lequel entre librement la tige de ce tampon.
Mettre rond le cylindre par ses pointes.
469. Un cylindre peut se mettre rond par ses pointes en les déjetant à la lime, comme on fait pour un pignon. Puis on tourne et on roule ces pointes avec beaucoup de précaution, si on veut les avoir fidèles , c’est-àdire en cônes tournant parfaitement ronds
Un grand nombre d’artistes procèdent différemment. Ils placent un cuivrot sur l’assiette et mettent le cylindre au tour, en faisant entrer l’extrémité du canon dans le trou conique d’une broche à lunette, dite aussi broche à chapeau. La pointe du tigeron se trouve alors en l’air. On approche le support très-près, et on tourne ronde cette pointe avec un archet à crin faible et un burin à face allongée, en tirant à soi; c’està-dire en allant de la pointe vers le cylindre, et jamais de l’autre côté : autrement on courrait le risque d’engager le burin sous la pointe. Cette méthode exige beaucoup de dextérité et d’habitude, pour ne pas ébranler et même quelquefois faire sauter le petit tampon ou casser le cylindre. C’est à peu près la seule méthode employée aujourd’hui dans les fabriques.
On doit mettre beaucoup d’huile au trou conique de la broche.
470. Pour plus grande sûreté, quand on fait les pointes, on met le cylindre en cire. Après l’avoir garni intérieurement de petits morceaux de cire d’Espagne ou de gomme laque, on le pince dans le sens de sa longueur, et la gorge tournée en haut, dans des brucelles longues et disposées à cet effet, ou plutôt dans de minces tenailles à rouler les goupilles, et qu’on présente à la flamme, mais assez loin de l’endroit où elles tiennent le cylindre. Quand la cire, en se fondant, a rempli la cavité, on ôte le cylindre des tenailles, pour qu’il ne s’échauffe pas davantage.
Les pointes étant terminées, on fait les creusures, on tourne les tigerons ronds, de grosseur, et en tête du côté du pivot. On peut cependant, pour plus de sûreté, attendre, pour faire ces dernières opérations, que l’assiette ait été mise en place et tournée ronde sur les pointes du cylindre.
L’échappement, débarrassé de cire, se met sur le compas-aux-engrenagespouren faire la vérification (art. 429).
On enlève la cire du cylindre en mettant ce dernier dans de l’espritde-vin suffisamment pur, et que l’on fait bouillir un moment dans une petite cassolette de cuivre rouge mince. Les quartiers de cire qui ne se dissolvent pas assez vite, on les ôte, quand elle est ramollie, avec une pointe de bois. On fait bouillir de nouveau un instant; puis on saisit rapidement le cylindre, que l’on place entre les doigts et qu’on achève de nettoyer avec une brosse demi-rude , que l’on trempe à chaque instant dans l’esprit-de-vin bouillant.
Gomme l’esprit-de-vin est sujet à s’enflammer, il ne faut pas le tenir trop près du visage, et quand il est en feu, ne pas souffler dessus pour l’éteindre, mais enlever la coupe, que l’on place sous la planche de l’é-
riVOTAGE d’un cylindre.
abli en l’appuyant contre; la flamme, ainsi étouffée, s’éteint d’ellemême.
De Passiettc.
471. L’assiette, faite de laiton assez écroui, doit être ébauchée sur un arbre, et à peu près de hauteur et de grosseur convenables, sauf à la rivure, où, par précaution, on laisse un excès de hauteur.
Le cylindre étant ajusté dans l’assiette, suffisamment pour qu’on soit obligé de le chasser d’environ la moitié de l’épaisseur de celle-ci, on place cette assiette sur l’outil-à-trous, dans un trou où elle entre sans jeu, mais libre et reposée bien à plat sur une de ses portées. On appuie sur le plat intérieur du grand canon le bec de l’outil-à-crochet, dit aussi clmsse-tampon (C, fig. 35, page 252), et l’on pousse le cylindre dans l’assiette à petits coups de marteau.
Le cylindre mis ensuite entre les broches du tour, on tourne l’assiette droite, ronde, de hauteur et de grosseur partout, excepté à la rivure, où on laisse un petit surcroît, qu’on enlèvera en tournant sur les pivots ou sur les cônes des tigerons, afin d’avoir le balancier parfaitement droit, rond et à la hauteur convenable.
Le cylindre alors est prêt pour le pivotage.
Pivoter mi cylindre.
Mise en place avec le balancier.
472. Les planteurs d’échappement des fabriques travaillent sur des modèles constamment les mêmes; ils peuvent agrandir les trous et y faire passer les tiges, non pivotées, des mobiles; aussi n’éprouvent-ils aucune difficulté pour la mise en place d’un échappement. Les horlogers s’occupant de la réparation des montres font ce travail dans des conditions beaucoup plus désavantageuses, parce que la position de leur mobile est rigoureusement fixée par les pierres.
Voici comment ils peuvent s’y prendre :
473. Pour lever les pivots il faut d’abord marquer sur chaque tigeron l’endroit où se trouvera l’extrémité du pivot, puisque, le cylindre roulant entre deux plaques, cette extrémité est invariable.
On prend les mesures sur le cylindre que l’on remplace, en réunissant ses parties, s’il est brisé, avec de la cire d’Espagne.
Si l’on n’a pas cette pièce, on peut, au moyen d’un cylindre à tige rentrante, ou delà petite pompe à équerre mobile, décrits à l’article
270 ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE
suivant, et représentés en D et C, fig. 37, déterminer facilement la place de chaque pivot et celle du balancier.
A défaut de l’ancien cylindre et de ces petits outils, on aura recours a la petite règle de laiton que l’on a préparée en commençant à exécuter un cylindre (A, fig. 37).
On se souvient que la distance ia représente l'intervalle compris entre la face du petit tampon et la face intérieure du rubis du char.
On tient debout sur le rubis du char, détaché de la platine, la petite règle en laiton, et l’on prend avec un calibre-à-pignon, à pointes minces et tranchantes, la distance entre le bas de l’encoche [i) et le dehors du rubis.
L’un des becs du calibre-à-pignon étant appuyé sur la face du tampon d’en bas (B, fig. 37), l’autre bec indique l’extrémité du pivot. On marque cette extrémité à la lime tranchante, et l’on vérifie avec une sc r« i puleuse attention.
Fig. 37.
Cela fait, et le char, ainsi que le coq, étant fixé sur la platine, on mesure avec le compas-aux-épaisseurs, ou avec une ouverture de calibre-à-pignon, la distance des rubis du coq et du char, dépourvus de leurs contre-pivots et mesurés l’un et l’autre par-dessus. Ensuite on appuie un des becs du calibre-à-pignon dans la marque faite au tigeron d’en bas (B, fig. 37), et l’autre bec, garni de rouge, indique, en touchant le tigeron d’en haut, où il doit être coupé.
La hauteur du balancier se trouve au moyen d’un morceau de laiton qui, étant placé sous la roue de centre, conserve avec elle un jour égal à l’épaisseur du balancier, plus le jour nécessaire entre ce balancier et cette roue.
Ce laiton ainsi préparé et posé sur le dessus de la platine, au-dessus