II U I L E. — E F F E T S I) E G A P I L I, V II 1 T E
grande à mesure que la distance entre les deux plans diminue, jusqu’à l’angle d’intersection où elle atteint son maximum d’élévation.
Une goutte liquide introduite entre deux surfaces disposées comme en m, finit par gagner l’angle de jonction quand elle n’en est pas trop éloignée. En donnant une certaine inclinaison à ces surfaces, le liquide reste stationnaire, parce qu’alors il est sollicité en sens contraire, et également, par l’attraction de l’angle et par la pesanteur terrestre.
Quand l’angle formé par les deux surfaces est un peu ouvert, son attraction capillaire ne s’exerce qu’à une très-faible distance du sommet de l’angle.
§6. Une goutte d’huile adhérente à deux surfaces, toutes deux convexes, ou bien l’une plane, l’autre convexe, et telles que les choses sont indiquées en g, gagne le point du plus grand rapprochement des deux corps, s’arrondit autour de ce point n, et y demeure d’autant plus facilement, que l’intervalle entre les deux corps est plus étroit.
ST. De l’huile déposée sur une surface dure et bien polie s’élargit peu et n’adhère pas très-for! ement. Mais si cette surface est adoucie en brisant les traits, l’huile y tient mieux. Sur un métal fraîchement limé, c’est-à-dire rayé par les dents de la lime, le liquide s’étend avec facilité, parce que chaque sillon n’est en réalité qu’une section longitudinale de tube capillaire. Ajoutons que pour une même étendue en longueur et en largeur, plus une surface est couverte de sillons ou de rugosités, plus elle offre à l’huile de nombreux points de contact. Nous apprenons dans ce qui précède pourquoi les creusures ou gourges faites au tour universel dans un voisinage immédiat des trous de pivots, se remplissent aux dépens de ces pivots d’une certaine quantité d’huile, qui demeure et se dessèche dans une creusure mal placée, et sans profit pour la montre.
88. Le mouvement centrifuge , ou autre, peut vaincre la force de cohésion. La chaleur la diminue.
Cette remarque explique l’observation pratique qu’une même huile a pu se maintenir aux contacts d’une montre, tandis qu’à une autre montre soumise à une température plus élevée et à des agitations, elle s’est extravasée ou a coulé le long des axes.
89. Pour que l’attraction capillaire se produise, une condition essentielle doit être remplie : il faut que le liquide mouille le corps qui îe touche. Dans le cas contraire il y a répulsion, et le liquide, au lieu de se soulever contre la paroi du vase qui le contient, se déprime sur tout le contour, et dans un fin tube il reste au-dessous du niveau de la masse
TRAITÉ DES ÉCHAPPEMENTS
liquide. C’est ce qui a lieu notamment entre le mercure et le verre. Une goutte de mercure jetée sur une glace ne la mouille pas, mais se forme en petits globules, doués d’une grande mobilité par la moindre inclinaison donnée à la glace.
90. L’action capillaire n’est sensible qu’à des distances extrêmement faibles, et elle s’exerce non-seulement entre les solides et les liquides, mais aussi entre les solides entre eux. Plus le rapprochement des surfaces est intime et plus l’effet est puissant.
Nous trouvons là l’explication des adhérences à nu de superficies parfaitement sèches et propres, rapportées au paragraphe 35.
La résistance à la séparation que présentent deux surfaces huilées superposées est d’autant plus énergique, que ces surfaces s’appliquent plus exactement l’une sur l’autre.
Application.
91. Les lois de la physique, dont nous venons d’étudier quelques effets, établiront très-clairement que la présence de l’huile aux points frottants est assurée :
Pour les pivots: — Quand on a la précaution de laisser les réservoirs assez profonds, les figerons des axes assez longs et dans la forme dite en tête, les faces intérieures des trous où repose la portée de l’axe et les faces extérieures quand ces trous sont pourvus de contre-pivot, arrondies en goutte de suif, avec un jour imperceptible entre le dessous du trou et le contre-pivot. Par ces dispositions, l’huile, si elle n’est pas mise en trop grande quantité, ne coulera pas, ne montera pas à l’axe, mais restera partie dans le réservoir et partie suspendue autour de la portée de l’axe; et quant aux trous à contre-pivot , à mesure que l’huile du pivot diminuera, celle répandue sur ce contre-pivot rentrera dans le trou par un effet de capillarité.
La plupart des creusures circulaires que les ouvriers pratiquent autour des trous sont faites sans aucune intelligence du sujet, et sont nuisibles, parce qu’elles attirent et gardent l’huile. Il faut ou n’en pas faire ou les disposer de façon à maintenir le liquide à proximité de l’axe, qui alors le pompe, pour ainsi dire, au fur et à mesure de ses besoins. Unejudicieusc application des lois de l’hydrostatique et l’observation en apprendront plus à l’horloger que les quelques exemples que l’on pourrait rapporter ici.
Pour les dents des roues d’échappement: — En tenant ces dents