‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 150 sur 553 · FAIRE LA MONTURE DITE MANIVELLE · texte numérisé non relu

FAIRE LA MONTURE DITE MANIVELLE

longeant; k jusqu’en u v, et de façon à ce que le trou qui répond à i corresponde au centre de la roue et s’ajuste sur la broche de droite du tourà-finir. Le bras d’appui n doit être allongé suffisamment pour aller s’appuyer à la perche du coulant.

La broche de gauche du tour porte une poulie folle menée par un renvoi, et qui, par l’intermédiaire d’une petite alidade à vis, fait tourner l’arbre sur lequel est ajustée la roue ; cet arbre, étant placé entre les deux broches du tour, le tout se trouve organisé dans les conditions de la fig. h.

Quand une roue de cylindre est rivée sur son pignon, l’usage du touren-l’air est seul possible. On le munit de petits tasseaux semblables à celui indiqué au pointillé en n n' (fig. 3) et percés au centre pour loger l’axe. La roue, centrée par une petite pompe, se fixe sur le tasseau par des vis.

Exécution de la monture d’un cylindre en pierre.

510. Le cylindre en pierre serait une bonne chose quant à la durée, mais comme son exécution, difficile et coûteuse, exige le concours d’un habile pierriste en même temps que d’un très-habile horloger, et que, même construit dans des conditions de succès, il ne procure encore qu’un réglage égal à celui obtenu avec un cylindre en acier, nous avons négligé, dans notre première édition, d’entrer dans des développements sur ce sujet. Et aussi pour la raison qu’il est plus simple, et presque toujours plus avantageux, de remplacer un cylindre en pierre brisé par un bon cylindre ordinaire, avec la précaution, toutefois, de laisser peu de chute en dehors et de faire l’écorce mince (404).

Cependant en faveur de certains cas particuliers, et comme les détails d’exécution de cette pièce peuvent trouver d’utiles applications en horlogerie, nous les donnons ici. Nous suivons dans ce travail la méthode pratiquée chez Perrelet, telle quelle nous est indiquée par une communication de M. Redier.

511. On nomme monture ou manivelle la garniture d’acier d’un cylindre en pierre, et tuile le rubis, ou portion d’écorce cylindrique, enchâssée et collée dans la monture.

Voici comment il convient de s’y prendre pour exécuter une manivelle.

On prend d’abord un bout d’acier carré de quatre millimètres de côté et cinq à six de longueur.

On le perce d’un trou parfaitement uni, presque cylindrique et de la grosseur exacte de l’intérieur du cylindre en pierre.

On le tourne de manière à lui donner la forme du croquis A' (fig. 5, planche cinquième), dont la tête demeure carrée et de la grosseur de l’acier.

L’extérieur de la tige doit être juste de la grosseur extérieure du cylindre en pierre et adouci.

L’arbre pour tourner s’ajuste et entre du côté opposé à la tête de A'.

Avant la trempe, on lime l’extrémité inférieure du tube en bec camard de tourne-vis comme en A, puis on trempe et on affûte le tranchant.

On prépare un second trépan, semblable au premier, mais d’un diamètre intérieur et extérieur sensiblement plus petit et dont les fonctions sont moins importantes et moins précises comme on le verra plus loin. Voici comment on peut se rendre compte de ses dimensions : pour l’extérieur, il suffit qu’il joue très-librement dans un trou où passerait la partie cylindrique du premier outil A; pour l’intérieur, il doit différer du diamètre intérieur de A, de l’épaisseur du rebord intérieur de la rainure où s’emboîte la tuile; en d’autres termes, le trou de ce second trépan a pour diamètre la grosseur du tampon d’en bas.

Tout cela s’expliquera mieux tout à l’heure.

Ces deux outils prêts, on prend de l’acier rond, amplement gros, on le perce d’un trou d’un diamètre égal à celui du trou du second outil, le dernier construit, et l’on ajuste cet acier ainsi préparé sur un arbre.

Du côté de la pointe de l’arbre on fait un épaulement, un pivot i, sur lequel s’ajuste exactement le premier trépan. On a alors trois pièces A, B, G; c’est-à-dire le trépan, la future manivelle et l’arbre, prêts à fonctionner.

On passe le trépan sur la tige i de la manivelle, et l’arbre, mis entre les broches du tour-à-finir, on saisit le trépan par la tête et faisant tourner l’arbre , on forme une rainure cylindrique dont la figure 6 [planche cinquième) donne l’idée. Cette rainure doit être assez profonde pour loger la tuile et le tampon d’en haut et subir les raccourcissements nécessités par le travail subséquent.

On passe les derniers coups de trépan de manière à s’assurer que le fond de la rainure est aussi uni et droit que possible, et on enlève au burin, le pivot directeur du trépan; c’est-à-dire tout ce qui excède la ligne f g (figure 6).

On prend alors le second trépan qui s’ajuste librement, mais sans jeu, sur l’extrémité de l’arbre, et, manœuvrant comme on l’a fait avec le premier, on enlève l’écorce mince intérieure jusqu’à ne laisser qu’un petit filet, et arriver au profil vu au-dessus de la ligne a c, dans la figure 7 ( planche cinquième).

Page 1