FAIRE LA MONTURE DITE MANIVELLE
Dans la feuillure s’ajustera la tuile, au-dessus d’elle le gros tampon, qui fait assiette et porte le balancier. Dans le trou du bas s’ajustera le tampon inférieur.
Ceci fait, et si on ne l’a préalablement ébauché, ce qui est plus prudent, l’on tourne le bas de la manivelle extérieurement suivant le profil sca (fig. 7) et l’on a soin de finir au rouge fin toute la partie extérieure, la portée surtout.
Avant d’aller plus loin il faut faire, ou se procurer, un jeu de limes étroites et déliées pour faire les entailles. On commence par la grande entaille qui dépasse sensiblement le centre (figure 8, planche cinquième ).
On fait ensuite l’entaille de la tuile et enfin la petite entaille ou coche de renversement, et l’on a alors la figure 9.
Enfin, pour dégager les entrées, on fait un large biseau aux angles saillants o, h (fig. 9) et la manivelle quia acquis la forme bhdo (fig. 10) est prête à tremper si, bien entendu, tout ce travail a été exécuté sans fausser la pièce.
On trempe par les procédés indiqués pour les pièces de faibles dimensions.
On peut faire revenir bleu et même un peu au delà, puisqu’ aucune des parties de la pièce n’agit directement.
Si la manivelle est faussée, on la redresse par les moyens décrits à la fin de cet article.
Le polissage de la manivelle est un des ouvrages les plus délicats de l’horlogerie, sinon le plus délicat. Il nous reste à indiquer les précautions à prendre pour ce travail et pour la pose des tampons.
Après qu’on a nettoyé le mieux possible toutes les parties intérieures, on adoucit le trou central où s’ajustera le petit tampon, et on passe dedans un arbre qui traverse le tout.
On remplit de cire ou de gomme laque toutes les parties enlevées à la lime, de manière à rétablir l’aspect l s (fig. 7), en tournant délicatement la cire.
Sur la tête de la manivelle on monte parfaitement droit un disque en laiton qui doit venir à fleur de la portée ; il guidera la lime à polir pour faire le bas de la manivelle et le segment de portée qui est resté. Ce poli doit être réussi rapidement, ainsi que tous les autres d’ailleurs, si on ne veut pas émousser les formes.
Enfin, on polit le pourtour supérieur et on enlève la cire. Toutes les petites surfaces sont alors amenées à un poli net. La pratique seule donne la perfection.
ECHAPPEMENT A CYLINDRE.
Le tampon inférieur T' (fig. 10) est un tampon ordinaire.
Le tampon supérieur T a un double épaulement et fait assiette. Le petit anneau circulaire retranché à sa base forme avec la paroi du grand canon, dans lequel ce tampon sera enfoncé, la rainure qui reçoit et emboîte le haut de la tuile.
La partie de ce tampon qui entre à force dans la manivelle est nécessairement un peu plus forte que le cylindre, représenté ici par le plus grand diamètre de la tuile, ou portion d’écorce cylindrique. Le dernier épaulement est comme le diamètre intérieur du cylindre.
il est bien entendu qu’il faut assez amincir la partie o (fig. 10), pour qu’elle passe librement entre le fond de la roue de cylindre et le dessous des inclinés ; aussi faut-il des roues plus hautes de colonnes qu’on ne les emploie pour le cylindre ordinaire.
Le tampon tient à force dans sa couronne, mais la tuile est collée à la gomme. On chasse le tampon pendant que la gomme est encore chaude, ce qui n’empêche pas de déplacer d’une petite quantité la tuile (i c s, fig. 10), si elle ne se trouve pas exactement à sa place.
312. Si une manivelle est faussée, voici comment on s’y prend communément pour la redresser.
Si le cylindre est nu, on commence par ajuster sur le grand canon un disque mince et large, tournant bien droit et faisant tout à fait l’effet du balancier.
Cette préparation achevée, on fixe avec solidité le petit canon bien perpendiculairement dans un trou juste d’une plaque horizontale, et l’on introduit dans la coche dont la colonne est faussée une barre en cuivre rouge, limée à l’extrémité en forme de tournevis. L’on chauffe la petite barre, et quand la colonne commence à revenir, on fait levier avec cette barre. L’on suit l’effet par le mouvement du disque tenant la place du balancier ; et en l’amenant d’abord à être parallèle à la plaque, puis en le renversant un peu en arrière ; car il faut faire un peu plus que le redressement, la partie faussée se contractant un peu sur elle-même quand on enlève le levier. Cette opération est fort délicate.
Quelques horlogers sont assez adroits pour redresser un cylindre par cette méthode, en maintenant simplement son balancier sur une plaque ou entre leurs doigts, mais plus d’un de leurs imitateurs ne réussit qu’à le casser.
ÉCHAPPEMENT DUPLEX