SUR QUELQUES ÉCHAPPEMENTS A REPOS
57®. Avant de quitter les échappements de cette classe, il nous reste à citer quelques constructions qu’on rencontre encore de temps en temps.
Nous nous bornerons à un court rapport descriptif suivi de quelques citations et observations,
WHAPPEMEST A VIKGCILE.
SB®. Deux échappements de ce nom ont été employés : l’un dit à double virgule, d’une exécution excessivement difficile; aujourd’hui, on ne le rencontre plus qu’à l’état de curiosité, nous n’en parlerons pas;
Fig. 42.
l’autre, dit simplement à virgule, et dont nous allons dire quelques mots.
IFonclions rtc l’cchappemcut.
581. La roue plate porte de longues dents inclinées [i et d, fig. A2), et
dont l’extrémité se relève de champ, sous forme de petites chevilles prismatiques, ou de demi-cylindres. Une coupe horizontale en est indiquée en i et en d (fîg. 42).
La pièce principale, la virgule, ainsi nommée de sa ressemblance avec le signe de ponctuation de ce nom, est vue en plan en h f. Elle fait corps avec l’axe du balancier, tous deux ayant été découpés dans le même morceau d’acier.
Au-dessus de la virgule, cet axe devient fragile, parce qu’on est obligé de l’entailler profondément pour le passage des dents de la roue. La section de la partie réservée de l’axe, ou de la manivelle , est figurée
en Y.
Le repos extérieur de la dent se fait quand la dent s’appuie sur le pourtour du demi-anneau h , formant saillie, afin d’empêcher le frottement de toute la hauteur de la cheville contre la tige du balancier.
Ce repos commence lorsque la virgule, qui de f est allée vers y, s’est éloignée suffisamment dans cette direction au delà de j. Il finit au retour de la virgule revenant de j vers f. La dent se présente alors au bord de la lèvre d’entrée b, et repoussant cette lèvre en arrière produit la petite levée.
Cette première levée se termine par la chute de la dent contre la paroi interne de la petite cavité cylindrique c, où s’opère le second repos ou repos intérieur.
Le balancier ramené par le spiral revient de nouveau sur lui-même, et la virgule arrivant à la position V j, le second repos cesse, et la dent c, entrant en mouvement, opère la grande levée par son action sur toute la longueur du bras i f alors en j. La dent qui suit c commence un nouveau repos et ainsi de suite.
S82. On donnait au bras i f une forme propre à produire l’uniformité de la levée. C’était ordinairement un arc de cercle, tracé avec le rayon de la roue. Cette courbe frottante de la virgule, i f , était décrite d’un centre cherché (un peu plus bas que celui de la roue) de façon que cette courbe, quand commençait la grande levée, comme en V/, coupât la circonférence totale de la roue sous un angle curviligne de 30°. L’auteur moderne qui affirme que cette courbe tracée avec le rayon de la roue ne produirait pas de levée s’est trompé.
Deux méthodes étaient usitées dans la confection des virgules : par l’une, on faisait d’un seul morceau d’acier la virgule, l’axe et ses pivots; la cavité du repos intérieur se pratiquait avec une fraise ; par l’autre méthode, qui vaut mieux, on se servait d’un morceau d’acier, percé dans
ÉCHAPPEMENT A VIRGULE
la longueur de l’axe comprise entre le pivot d’en bas et la manivelle V d’un trou légèrement plus grand que le diamètre d’une cheville, on formait la virgule; on tournait l’axe; on y rapportait un pivot au bas. ou, pour pouvoir lever ce pivot, on ajustait dans le trou un tampon analogue à ceux en usage pour les cylindres.
La longueur totale de la virgule est donnée par 1 intervalle entre deux dents consécutives, sauf le jeu de sûreté.
La levée d’entrée b , devait avoir la forme convenable pour produire un mouvement de 10°, et la grande levée un mouvement de 30°.
Au repos du spiral, une dent doit être en position d’agir sur l’arrondi d’entrée de l’une ou l’autre levée; l’échappement ne devant pas arrêter au doigt. La partie la plus saillante de la face extérieure des chevilles passe par le centre de la virgule.
ISclevés des auteurs.
383. JURGENSEN. — Cet inconvénient (des frottements contre le cylindre) a fait naître l’idée de l’échappement à virgule, où le frottement serait réduit à très-peu de chose, si l’huile pouvait s’y conserver ; mais l’expérience a assez montré que les échappements à virgule ne gardent pas longtemps l’huile aux places frottantes, qu’elle s’écoule au contraire le plus souvent, et qu’ ainsi cet échappement ne peut pas être employé avec succès, malgré les très-bons principes d’après lesquels il est d’ailleurs construit (Y 7).
384. TAVAN (1831). — Les deux levées sont fort différentes l’une de l’autre. La première, celle d’entrée, se fait contre la face oblique d’une lèvre (b, fig. 42, page 346) qu’on pourrait comparer à la lèvre d’entrée du cylindre si on donnait à celle-ci une épaisseur considérable. L’action de la face frottante de la roue contre cette lèvre, qu’elle parcourt dans un sens opposé à celui du mouvement de pirouette de la pièce d’échappement, est une action vicieuse sous le double rapport de la nature de son frottement et de celle de son levier, la force diminuant en se rapprochant du centre, à mesure que la résistance du spiral augmente (304).
Les deux levées se font par des leviers fort inégaux ; les deux repos ont lieu aussi à des distances fort différentes du centre de mouvement du balancier. Il est probable que ce défaut est plus marqué en théorie qu’il n’influe sur la pratique, car avec cet échappement on a fait des montres qui marchent bien.