OBSERVATIONS
5S&. L’échappement à virgule bien compris et bien exécuté, conformément aux lois de la théorie des échappements à repos frottant, se règle aussi bien qu’un échappement à cylindre ordinaire; mais ce résultat, seulement équivalent, n’est obtenu qu’avec beaucoup plus de soin et de difficulté, et c’est avec raison que l’on a remplacé le premier de ces deux échappements par le second.
Deux causes principales, comme on le sait, ont fait abandonner l’échappement à virgule :
/° Il s’usait assez vite ;
2° La marche devenait irrégulière avec le temps.
Le fait de l’usure provenait de ce que la plupart des virgules ne gardaient pas l’huile, qui, en trop petite quantité aux chevilles, se desséchait promptement (92) .
ÉCHAPPEMENT A CYLINDRE BREGTüET.
La marche irrégulière tenait à la rupture, par l’augmentation du frottement, des rapports entre les divers éléments du mécanisme (364), et à l’application de cette fausse théorie qui faisait rechercher, pour les leviers d’impulsion, la forme procurant l’uniformité de la levée; forme qui, dans le plus grand nombre des cas, augmentait considérablement la puissance de la chute (242), et mettait la virgule, par exemple, dans les conditions défavorables d’un échappement à cylindre à inclinés trop courbes.
On aurait pu remédier à ces défauts : l°en donnant à chaque levée une forme propre à retenir l’huile et qui ne permît pas à la roue un mouvement trop accéléré ; 2° en disposant les chevilles comme le faisait l’habile horloger Henry Savoye, neveu de A. Breguet.
Sur chaque dent de la roue, il chaussait successivement une fraise creuse, ou tige percée analogue à un poinçon-à-river, délicatement taillée en lime à l’intérieur de la cavité à la profondeur convenable. Cette fraise recevait un double mouvement : l’un de rotation sur elle-même, l’autre de berçage, comme on le pratique pour évaser les extrémités des trous percés dans le rubis, De ce double mouvement il résultait que la cheville, vue en élévation et de face par sa plus grande largeur, prenait la forme ou profil n (fig. 42, page 346). Le point de contact de la virgule était en n.
Quand l’huile était mise avec quelques précautions, elle se conservait très-bien à ce point de contact (91). Plusieurs échappements ainsi disposés par Henry Savoye ont marché plus de vingt ans sans qu’on y remarquât des traces d’usure.
Résumons en quelques mots tout ce chapitre.
L’échappement à virgule exécuté par un ouvrier adroit et instruit donne des résultats satisfaisants pour l’usage civil. Tant qu’il n’a été fait qu’à Paris ou à Fcrney, chez Lépine, il a réussi assez bien ; mais quand il est tombé dans le domaine des fabriques, en quelques années il a perdu sa réputation.
On ne saurait le mettre au rang de l’échappement à cylindre. Même médiocrement exécuté, ce dernier soutient un réglage au moins égal; et il offre sur la virgule les sérieuses qualités : d’être plus solide, plus facile à faire, d’exiger moins de précision, ce qui permet de l’établir en fabrique à des prix très-bas, et enfin il peut recevoir l’huile avec une certaine abondance.