DE L’IMPULSION A LA TANGENTE
points où l’ancre se dégage du repos ; F et O les points de repos ; AG la levée rentrante et BD la levée sortante (fi g. 44).
Fig. 44.
Il suffit d’un coup d’œil donné au dessin pour reconnaître que :
1° Le dégagement de la levée rentrante a lieu par le levier de résistance le plus court FH, levier qui va s’allongeant jusqu’à être AH ; tandis que l’autre dégagement commence par le plus long levier de résistance HO, pour finir par le levier HB, égal à I1A.
Donc le dégagement du repos BO est celui qui offre la plus grande résistance.
2° La levée rentrante est attaquée par la dent de la roue à l’extrémité du levier AH , qui va se raccourcissant jusqu’à être CH. De plus, le frottement est rentrant. La levée sortante est attaquée par le levier BH, égal à AH, mais qui va s’allongeant jusqu’à être DH, et le frottement est sortant. L’impulsion la plus énergique a lieu sur le plan incliné BD.
D’où résulte cette combinaison : le décrochement le plus résistant (sur O B) est suivi de l’impulsion la plus énergique (sur BD).
/ De l’impulsion à la tangente.
691. Si l’on veut que le milieu de chaque plan d’impulsion soit placé sur la tangente à la roue, le centre de mouvement de l’ancre devra se déplacer, et du point H passer au point N (fig. 44).
11 suffira, comme dans le cas précédent, d’une simple inspection du dessin pour reconnaître que :
1° Les leviers FN et AN étant beaucoup plus longs que les leviers NO, NB, le dégagement de la levée rentrante offre une résistance beaucoup plus grande que celui de la levée sortante ;
2° Le levier AN étant égal à ND, et GN à NB, il en résulte que l’action
sur le plan AG débute dans des conditions un peu plus favorables que
ÉCHAPPEMENT A ANCRE. — PRINCIPES
l’action sur le plan BD ; mais le frottement sur AG étant rentrant, on peut considérer (s’il n’y a ni glissements ni temps perdu) les valeurs des deux impulsions comme sensiblement égales.
D’où résulte cette seconde combinaison : qu’une même force d’impulsion est chargée de vaincre, à droite et à gauche, deux résistances extrêmement inégales.
Sans tenir compte ici de l’influence que peut avoir sur le travail du spiral cette inégalité, il suffit de remarquer que la force motrice décroissant avec le temps beaucoup plus vite que la puissance qui opère le décrochement, le rapport existant au début entre la force motrice et la puissance du balancier se modifiera plus tôt et plus profondément, et cette dernière combinaison exigera un spiral plus rigoureusement approprié que la première.
Conclusion. Le choix du point tangent pour y placer la fin du décrochement offre, on le voit,, des avantages , mais à la condition que les deux tirages assurent également bien la stabilité de l’ancre. Or, un des bras étant alors un peu plus long que l’autre, des constructeurs éprouvent quelques difficultés pour établir convenablement ces deux tirages, et préfèrent employer le mode de construction qui met les points tangents au milieu des plans d’impulsion. En général, cependant, le système des bras inégaux a prévalu.
Tout horloger, nous l’espérons du moins, sera fixé sur ce sujet fort controversé, après lecture faite des articles qui suivent.
Des vices d’exécution peuvent mettre à la suite de l’impulsion faible le dégagement
le moins résistant.
692. Dans notre première édition nous avions conclu, sur l’affirmation de plusieurs notabilités de notre art, que « l’expérience donnait raison, généralement parlant, au principe de l’égalité des impulsions, » ou à la règle qui met sur la tangente le milieu des inclinés. Des faits observés avec soin depuis avaient éveillé le doute dans notre esprit, et le sujet, étudié à fond de nouveau , nous avons été conduit à reconnaître deux choses: 1° les avantages de la méthode qui met le décrochement au point tangent; 2° que notre première conclusion était trop absolue, car elle ne tenait pas suffisamment compte du défaut de la grande inégalité des résistances.
11 ne faudrait cependant pas s’exagérer l’importance de cette inégalité, car dans des effets aussi instantanés il n’est guère possible d’apprécier avec certitude la régularité ou l’irrégularité des mouvements