DIAMÈTRE ET FORME DU DOIGT
PI que lorsque le bouton est rond, et qu’on les fait tous aujourd’hui ovales ou triangulaires.
L’examen attentif des figures 1, 2 et 3 de la planche huitième suffit à bien faire comprendre la marche et les fonctions du doigt.
Longueur de la fourchette.
717. Le procédé pratique qui sert à trouver la position du doigt donne du même coup la longueur de la fourchette.
Il suffit de tracer l’arc de cercle QT, décrit du centre de l’ancre avec un rayon égal à BI (fig. 2, planche septième) pour avoir la longueur de la fourchette, en comptant du centre de l’ancre à la naissance des fourchons.
718. Voici la règle pratique généralement suivie pour déterminer cette longueur. Cette règle est déduite des opérations et raisonnements qui précèdent.
Pour une levée totale de 40°, on divise la distance des centres (BP, fig. 2, planche septième ) en cinq parties, dont on retranche la première, à compter de P.
Pour une levée de Z|5°, en onze parties, dont on retranche deux. (On peut diviser en cinq parties et demie et en prendre quatre et demie.)
Pour une levée de 50°, en six parties, dont une est retranchée.
Pour une levée de 60° , en sept parties, dont on en garde six.
Ces distances se mesurent avec facilité, soit avec une règle de laiton finement divisée, soit plutôt avec un outil-aux-douzièmes ayant ses petites branches pointues et pouvant servir comme celles d’un compas.
Du diamètre , de la forme du bouton et de la largeur de l’entaille ou ouverture de la fourchette.
719. L’article 71© nous a enseigné le moyen graphique de trouver la position du doigt ou bouton, il ne reste plus qu’à déterminer sa forme et son diamètre.
Le dégagement serait opéré dans les conditions les plus favorables si le flanc de l’entaille de la fourchette, se trouvant sur la ligne des centres (BP, fig. 2, planche septième ), y était attaqué perpendiculairement par le bouton et à frottement sortant (73).
Pour que Y impulsion eût lieu à la tangente et à frottement sortant, il faudrait que le côté postérieur du bouton se trouvât, vers la fin du dé-
ÉCHAPPEMENT A ANCRE. — PRINCIPES
gagement, sur la ligne des centres, où ce bouton recevrait alors le choc perpendiculaire de l’autre flanc de l’entaille.
On sent aisément que ces deux conditions ne sauraient être remplies, puisque le mouvement produit par l’impulsion et le dégagement s’étend sur une surface plus étendue qu’une épaisseur de bouton.
Le dégagement absorbe et décompose une somme de force motrice d’autant plus grande que le contact se fait plus loin de la ligne des centres, et que l’action est plus oblique à cette ligne. Par conséquent, le bouton rencontre d’autant moins de difficulté à opérer le dégagement que le mouvement angulaire de la fourchette est plus court. Il faut donc éviter d’augmenter le mouvement de la fourchette au delà des 10° reconnus nécessaires, et ne pas placer les plots de repos (K, L, fig. 2, planche septième) trop loin, ce qui,, sans nécessité, rend plus forte la résistance éprouvée par le bouton à son entrée en prise.
720. L’examen de la fig. 5 [planche sixième ) suffit à faire voir que plus on donnera une grande largeur à l’entaille de la fourchette , plus on approchera le flanc sn de la ligne des centres PR, et plus, par conséquent, le frottement rentrant sera diminué pendant l’action du dégagement.
721. On sait, par un des articles qui précèdent (705), que, lorsque la roue d’échappement porte des dents pointues, l’impulsion commence quand le milieu de la fourchette arrive sur la ligne des centres, tandis qu’avec des dents à tête large cette action commence 2° environ plus loin. Il en résulte que, dans le premier cas, le flanc de l’entaille se trouve éloigné de la ligne des centres de la moitié de la grosseur du bouton, et de cette même moitié plus 2° dans le second cas. La réduction de la grosseur du bouton, ou, ce qui revient au même, la réduction de la largeur de l’entaille, est donc favorable à l’impulsion.
722. Puisque l’entaille très-large facilite le dégagement, et que l’entaille étroite facilite l’impulsion, il est clair que la largeur de cette entaille devrait être un moyen terme équilibrant autant que possible les résistances des deux actions, si cette largeur n’était pas subordonnée à une troisième et principale condition, et que nous allons exposer.
Grosseur du bouton. — Donnée d’expérience.
723. La fourchette étant supposée appuyée au repos contre le plotL (fig. 5, planche sixième ), si on donnait à son entaille la largeur ea, puis la largeur ?nn, triple de la première, on voit que dans le premier cas l’épaisseur utile du bouton serait un peu moindre que l’intervalle cornons
FORME DU DOIGT D’iMPULSION.
entre les deux arcs de cercle B et G, tandis que dans le second cas elle serait presque égale à la distance du cercle A au cercle D. Avec l’entaille étroite, le doigt devrait être extrêmement aminci, afin de ne pas accrocher sur l’angle e, et la surface du flanc de l’entaille ia, sur laquelle ce doigt agirait, se réduisant presque à rien, le jeu des pièces ne serait pas sûr. Avec l’entaille de triple largeur mn, la surface sn, sur laquelle ce bouton opère, présentant déjà une grande largeur, le jeu des deux pièces offrirait toute la sûreté possible, même en laissant un assez grand jour entre le devant du bouton et l’angle m. Cet exemple démontre que le jeu du doigt et de la fourchette est d’autant mieux assuré que l’entaille est plus large, et que, par suite, le diamètre du bouton est plus grand.
L’expérience pouvait seule décider à quelle limite il fallait borner la grandeur du diamètre du bouton; car on vient de voir (721) quels sont les inconvénients qui proviennent d’un bouton trop gros. Elle enseigne que dans l’échappement de montre ordinaire, où les bras et les dents ont à peu près même largeur, la largeur du bouton, ou son plus grand diamètre, puisque ce bouton est ovale, ou triangulaire, doit être un peu supérieur à l’épaisseur d’un bras d’ancre , c’est-à-dire que ce bouton doit avoir pour diamètre une étendue d’environ le tiers de la distance de deux pointes de dents de la roue. L’ouvrier intelligent saura voir quand il y aura avantage à le tenir un peu plus petit.
De la forme du bouton.
724. Le bouton ne doit pas être rond. Quand on en rencontre de cette forme, il faut l’aplatir par devant et le faire un peu avancer, ou piutôt en refaire un de forme convenable.
Le constructeur qui emploie un bouton rond se met dans la nécessité d’augmenter le mouvement de la fourchette, afin d’éviter que cette partie conservée, H, fig. 6 (planche septième ), ne touche sur l’angle de la fourchette. Tout accroissement dans le mouvement angulaire de la fourchette offre l'inconvénient d’augmenter l’âpreté du frottement à la rentrée du bouton dans l’entaille, et, autre inconvénient, si l’ouverture de la fourchette est disposée pour produire un mouvement moindre, il arrive qu’à la fin de la levée ce n’est pas la fourchette qui pousse le doigt, mais c’est le doigt qui entraîne la fourchette à sa suite, effet extrêmement pernicieux.
Avec le doigt aplati par devant, les jours de sûreté sont beaucoup plus
ÉCHAPPEMENT A ANCRE. — PRINCIPES
considérables que si le doigt est rond, mais ce n’est pas encore la meilleure forme à lui donner.
Dans notre première édition de ce Traité, nous recommandions le bouton en olive , c’est-à-dire en ovale très-aplati , surtout par devant, afin qu’il ne pût agir que par une surface de faible étendue , et partout arrondie.
Un grand nombre de boutons triangulaires étaient alors taillés dans de simples boutons cylindriques; ce qui était cause que dans beaucoup d’échappements la paroi de l’ouverture de la fourchette était attaquée, dans l’acte du décrochement, par une surface à peu près plate, et qui pouvait donner lieu à des collements. En outre, au commencement de la levée, la fourchette elle-même attaquait le bouton sur un angle.
Aujourd’hui, généralement, le triangle est découpé dans un bouton originairement ovale, ce qui fait disparaître les deux inconvénients signalés plus haut.
11 serait bon que le constructeur fît un tracé en grand représentant le bouton et l’ouverture de la fourchette dans leurs positions successives.
L’ouverture évasée par le bas,, et dite en queue d'hirondelle, diminue l’ébat du bouton, mais demande une exécution irréprochable.
De la distance du centre de la roue au centre «lu balancier. —
Des fourchettes longues ou courtes.
TSo. 11 paraît indifférent, au premier abord, de placer le centre du balancier un peu plus près ou un peu plus loin du centre de l’ancre, c’est-à-dire d’avoir une fourchette courte ou une fourchette longue, puisque, l’éloignement du bouton au centre du balancier étant proportionnel à la grandeur de la fourchette, le rapport des leviers ne change pas, et, par conséquent, la puissance et la résistance restant entre elles dans les mêmes conditions, relativement aux deux leviers, les résultats sembleraient devoir être équivalents.
Mais il faut remarquer qu’avec une fourchette très-grande, 1° l’ancre devenant plus lourd, non-seulement par le surcroît de matière ajouté pour allonger la fourchette, mais encore par le contre-poids dont l’arrière de l’ancre doit être chargé pour être maintenu en équilibre, l’inertie de cet ancre, et, par suite, sa résistance au mouvement, se trouvent beaucoup augmentées; 2° les frottements s’exercent sur une plus grande étendue; .°>° une plus longue fourchette oblige à employer un grand plateau. Ce grand plateau, en chargeant d’un poids superflu le centre du balancier, met dans la nécessité de charger également le limbe de cc