CHAPITRE PREMIER
Préliminaires .
141. L’échappement à roue de rencontre appartient h la classe des échappements à recul , comme on l’a vu au paragraphe 4. C’est un mécanisme qui tend de plus en plus à disparaître. Aussi plusieurs de nos confrères nous avaient-ils engagés à supprimer son article dans cette seconde édition ; mais nous n’avons pas dû nous rendre à leur désir par la raison que, encore aujourd’hui, les montres pourvues de cet échappement, qu’on ne fait plus, étant répandues en nombre prodigieux dans beaucoup de provinces, les horlogers seront pendant longtemps dans la nécessité de les réparer.
Quelques auteurs lui donnent une origine allemande , d’autres une origine arabe. Pierre Dubois, dans son Histoire de l'horlogerie' , le réclame comme une invention française, afribuée au pape Sylvestre II, savant remarquable qui florissait vers l’an 1000. Sans essayer de concilier ces différentes opinions, qui ne sont pas sérieusement appuyées, nous dirons seulement que ce que Ton sait de positif, c’est que ce fut le seul échappement employé dans les horloges jusqu’au temps de Huyghens (xvne siècle).
A l’origine il était disposé comme le représente la figure 9. La roue agissait sur deux palettes d’un axe vertical suspendu à un cordon. Une règle en métal, dentelée comme une scie, et placée en croix avec l’axe, portait deux petits poids dits régules ou réglants. On les éloignait ou on les rapprochait du centre de rotation, selon que l’on voulait accélérer ou retarder le mouvement de l’horloge. Ce dispositif portait le nom d’échappement à folliot.
Les perfectionnements que l’échappement à roue de rencontre a subis dans le siècle dernier furent le produit de la pratique seule ; car, sauf de prétendues démonstrations de principes, obscures et peu concluan-
1 P. Dubois est l’auteur d’ouvrages fort estimables dans leur partie historique. La mort récente de cet écrivain élégant et facile est doublement à regretter : si elle ne l’eût surpris, il aurait fait, sans doute, disparaître de ses publications des erreurs techniques et scientifiques, dont plusieurs sont renouvelées d’un autre temps.