DETAILS PRATIQUES SUR LE BALANCIER
cernent le spiral des échappements à cylindre et Duplex tout ce qui est applicable au cas présent.
Détails pratiques sur le balancier.
774. On ne pourrait que répéter ici une partie des articles 422, 538 et suivants; nous y renvoyons.
L’échappement à ancre a donné de bons résultats avec le balancier ordinaire, de dimensions convenables; mais il trouve un puissant élément de régularité dans le balancier compensateur.
775. Le poids du balancier de l’échappement à ancre est tenu d’ordinaire un peu supérieur à celui du balancier de l’échappement Duplex, le dégagement de l’ancre exigeant un effort assez considérable, qu’un balancier un peu lourd peut seul produire (423 et 440).
776. On prend pour moyenne de la grandeur du diamètre de ce balancier deux fois le diamètre de la roue d’ancre; mais dans le chronomètre de poche, où la force motrice est abondante et où la roue d’échappement est tenue un peu plus petite que dans les montres ordinaires, on pourra donner à ce balancier, et en moyenne, deux fois et demie le diamètre de la roue (559).
777. On fait battre habituellement à l’échappement 18,000 vibrations par heure pour montre d’homme grandeur moyenne (424).
Dans les montres anglaises, qui ne battent , pour la plupart, que lA-,400 vibrations, la grandeur moyenne du balancier est de deux fois et demie le diamètre de la roue environ.
Toutes ces données, comme celles de l’article précédent, ne sont que des moyennes, obtenues empiriquement, et qu’il faut compléter et rectifier par les articles consacrés spécialement au Spiral, au Balancier, et au Réglage ( Troisième partie).
C’est dans le second de ces articles que sont rassemblées toutes les indications nécessaires à celui qui veut exécuter un balancier compensateur. Aussi ferons-nous seulement, et par anticipation, remarquer que celui-ci ne souffre pas de médiocrité dans l’exécution, et, à moins que cette dernière ne soit parfaite, il ne faut pas couper la lame bimétallique. Avec un mauvais balancier compensateur, le réglage est incertain , et ses variations sont plus considérables que celles que Ton aurait à craindre avec un simple balancier ordinaire bien fait.
Vérification de l’échappement sur le compas.
778. La roue et l’ancre étant placés aux broches d’un compas-aux-
ÉCHAPPEMENT A ANCRE
engrenages, et l’axe de l’ancre étant armé d’une aiguille ou index 1 propre à accuser la marche de la pièce, sur un petit appareil gradué, ajusté à frottement sur la broche, appareil semblable à celui représenté fig. 30 (page 230); on ferme doucement le compas jusqu’à ce que, en faisant tourner la roue, on puisse produire un mouvement de levée totale de 40° à la fourchette.
La ligne du centre de l’appareil doit partager exactement le milieu de ces 10 degrés.
Quand (en conduisant la roue et l’ancre) on fait parcourir à la fourchette l’angle entier de 10°, on remarque que cette levée totale se décompose en deux parties inégales et distinctes. La première comprend toute l’étendue du repos que parcourt la dent pour arriver au bord de l’incliné du bec; la seconde comprend le passage de la dent sur cet incliné. Or, puisque ces deux actions se suivent et remplissent, pour ainsi dire, l’angle total parcouru par la fourchette, il est bien clair que ce que l’une des deux perd, l’autre le gagne, et réciproquement, et qu’en conséquence, si le repos est de 3°, la demi-levée est de 7°, et de toute nécessité elle commence 2° avant la ligne du centre : ce que l’index indique sur l’appareil.
Le repos étant de 2°, la demi-levée commence alors 3° avant le centre, et ainsi de suite.
Si la demi-levée commence trop près de la ligne du centre, c’est que les inclinés des becs, ou ceux des dents de la roue, sont trop bas. Si la demi-levée commence trop loin de la ligne du centre, c’est que les inclinés (soit de l’ancre, soit de la roue) sont trop hauts.
Dans le premier cas, il y a trop de repos, et il en manque dans le deuxième cas.
On vérifie les deux tirages. Le parcours de l’index sur le cercle gradué fait connaître s’ils sont suffisamment égaux. La direction de la pression de la dent doit passer au-dessous du centre de l’ancre pour la levée rentrante, et au-dessus pour l’autre levée (699).
Avec un tirage très-résistant, il faut peu de repos (1° 1/2 à 2°); avec un tirage faible, le repos doit être un peu plus étendu (3° à 4°). C’est à l’expérience et à la sagacité de l’ouvrier de régler la quantité de ce repos, qui, dans tous les cas, doit toujours être bien assuré, mais avec le moins de pénétration possible.
1 On fait porter l’index en fil de laiton, recuit et se courbant à volonté, par un petit cuivrot-à-vis ajusté sur l’axe, et l’on fait fonctionner l’échappement en appuyant légèrement sur le cuivrot.