‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 228 sur 553 · VÉRIFICATION DE L’ ÉC II A PPEM ENT · texte numérisé non relu

VÉRIFICATION DE L’ ÉC II A PPEM ENT

Les inclinés des becs ayant la hauteur convenable, on diminue à volonté rétendue du repos en penchant de plus en plus le plan incliné des dents.

Nous savons que l’incliné des becs est ordinairement d’une hauteur propre à produire un mouvement de 5° à la fourchette. Il est facile de vérifier si cela est quand la dent est pointue; et, quoique la chose paraisse plus compliquée, il est tout aussi facile de s’en assurer quand la dent est large. On fait parcourir dans ce cas toute la longueur du plan incliné du bec par l’angle i du devant de la dent, et sans que cet angle dépasse le bras, c’est-à-dire de façon que l’angle i de cette dent s’arrête en s; ainsi que la chose est indiquée figé 49 (page 427). Le bec a été ainsi repoussé de l’intervalle compris entre les deux arcs d, s , c’est-àdire seulement de la hauteur exacte de l’incliné de l’ancre, et la position de l’index fait connaître en degrés cette hauteur. Si la dent continuait d’avancer, elle chasserait le bras, non plus de la seule hauteur de l’incliné du bec, mais de cette hauteur plus la hauteur de son propre incliné à elle.

Si les chutes extérieures et intérieures sont trop précises, c’est que les becs ou les dents de la roue sont trop larges. Des chutes trop fortes, mais égales dehors et dedans, sont l’indice de levées ou de dents trop étroites.

De grandes chutes en dehors et pas de chutes en dedans indiquent un ancre trop fermé, ou bien encore des bras laissés trop longs; et des chutes fortes en dedans, faibles en dehors, prouvent que l’ancre est trop ouvert s ou que les bras sont trop courts.

Ces défauts peuvent également avoir pour cause un bec qui n’a pas la largeur convenable.

Les corrections faites et la vérification terminée, on trace sur la platine de la montre, et du trou de la roue pour centre, l’arc de cercle sur lequel se trouvera plus tard le centre de l’ancre.

La roue enlevée du compas est remplacée par l’axe du balancier. Cet axe est garni de son plateau et d’un index propre à indiquer la marche de la levée totale sur un second appareil (fig. 30, page 230), ajusté sur l’une des broches qui portent cet axe de balancier.

On fait jouer le bouton dans l’entaille de fourchette, et l’on tourne les appareils des broches de façon que chaque index parcoure autant d’espace avant qu’ après la ligne du centre pendant le mouvement en avant et en arrière du bouton dans l’entaille.

ÉCHAPPEMENT A ANCRE

On pousse la fourchette, conduisant le bouton, jusqu’à ce que l’index (de l’ancre) ait dépassé légèrement les 5° après la ligne du centre, et, cette fourchette, maintenue au repos dans cette position, on s’assure que le bouton peut sortir et rentrer dans l’entaille sans toucher aux cornes, et qu’il attaque, à la rentrée, bien en plein le flanc de l’entaille.

Le jour de sûreté entre le bouton et la corne doit être un peu plus grand que le jour entre le dard et le plateau.

Le dard doit opérer sa rentrée dans l’échancrure du plateau avec une suffisante sûreté.

Le bouton engagé de nouveau dans l’entaille, on ramène la fourchette en arrière, et d’autant de degrés après la ligne du centre qu’elle en a parcouru en avant de cette ligne, et l’on fait une vérification semblable à la première.

Si la levée totale (entre 45° et 55°, 701) est insuffisante, c’est que le bouton a été placé trop loin du centre du balancier: la fourchette est alors trop courte relativement.

Si, au contraire, la levée est trop considérable, c’est que ce bouton a été trop rapproché de l’axe du balancier, et alors la fourchette se trouve être trop longue (718).

On corrige, s’il y a lieu, et dans la limite fixée par les nécessités de la pratique ordinaire. La vérification terminée , on décrit avec le compas, du centre du balancier et sur la platine de la montre, un arc de cercle qui doit se croiser avec l’arc de cercle précédemment tracé du centre de la roue; le point d’intersection est le centre de l’ancre.

Vérification courante de l’échappement en place.

779. Lorsque la platine de la montre n’est ni dorée, ni garnie de ses trous en pierre, on peut faire la vérification à la surface de cette platine, et comme la chose a été pratiquée sur le calibre (762).

Les points de repère, dits points de levée, étant marqués aux places convenables, le grand ressort étant armé, et le balancier gêné par un papier, on fait marcher ce balancier et l’on opère la vérification de la levée totale, de la hauteur des inclinés, de la longueur des repos, des deux tirages, des chutes. L’habitude des vérifications sur le compas suffit pour donner à l’ouvrier une grande justesse de coup d’œil, et qui lui permet d’apprécier ces quantités à la simple vue.

Le balancier arrêté au milieu de sa grande levée, on s’assure que le bouton joue dans l’entaille de fourchette avec un ébat suffisant.

Tout en faisant décrire, en avant et en arrière, un tour entier au ba-

VÉRIFICATION DE l’ É CII APE EM E N T.

lancier, on fait vaciller la fourchette entre le plot où elle se repose et le plateau contre lequel le dard va s’appuyer, afin d’être certain que 1 ejour de sûreté est suffisant et que la fourchette ne peut pas renverser. Dans cette opération, et hormis quand le dard entre dans l’échancrure du plateau, ce dard doit toujours toucher au plateau contre lequel il est poussé ; s’il restait le moindre vide entre deux, ce serait la preuve que le bouton frotterait à la corne.

Si le vacillement a trop d’étendue, ce qui provient d’un plateau trop petit ou d’un plot placé trop loin, on court le risque, dans le dernier cas, de voir le bouton attaquer la fourchette par l’angle qui termine la corne et même par la corne; et dans le premier cas, quand le dard est poussé contre le plateau, de voir la dent abandonner le repos et se présenter au bord de l’incliné du bec, ou même s’avancer un peu sur cet incliné. Ce défaut est extrêmement grave, et nécessite le changement du plateau. (Nous avons vu que ce défaut peut aussi avoir pour cause des inclinés trop élevés en hauteur ou des repos trop courts.)

L’on s’assure dent par dent de la sûreté des repos, et l’on examine, lorsqu’un bec effectue sa rentrée dans un vide de la roue, si l’angle de ce bec passe devant le talon de la dent avec un petit jour entre deux

La fourchette, appuyée alternativement sur chacun de ses plots, on ramène en arrière la dent qui vient de décrocher, afin de vérifier s’il existe un jour suffisant entre l’extrémité du bec et le talon de la dent.

Dans toutes les montres à ancre, il serait utile de découper au-dessous de l’échappement une lanterne qui permît à l’œil de suivre et d’étudier le jeu du bouton ; car ce n’est que difficilement qu’on acquiert la certitude que ce bouton attaque franchement le flanc de l’entaille et qu’il ne frotte pas aux fourchons. Le vacillement de la fourchette prouve bien que le bouton ne touche pas aux fourchons quand la fourchette est appuyée au plot, mais il n’est pas une preuve que ce bouton ne frotte pas sur la courbe intérieure du fourchon dans le même temps que le dard frotte au plateau, c’est-à-dire quand une secousse a chassé la fourchette de son plot d’appui. On comprend combien ce double frottement est pernicieux.

En regardant avec une forte loupe par l’échancrure du plateau, tout en conduisant le balancier avec les doigts, il est presque toujours facile de s’assurer que le bouton prend bien (à sa rentrée) sur le flanc de l’entaille; mais il y a plus de difficulté à obtenir la certitude qu’il n’effleure pas les cornes. L’emploi du rouge à polir, pas trop liquide et mis en couche mince (d’abord sur le flanc du bouton, puis, dans une seconde

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ÉCHAPPEMENT A ANCRE

opération, sur le devant de ce bouton) , est un moyen dont on peut user à défaut d’autres, mais il peut aisément tromper s’il n’est employé avec beaucoup de précaution et de sagacité.

Cette dernière vérification peut être faite avec facilité à l’aide d’un petit instrument très-simple, et que tout horloger peut construire luimême d’après la description qui suit.

Compas à doigt de levée.

780. Il se compose d’une tige ronde emmanchée et terminée par un pivot creusé en cône à son extrémité [ab, fig. 1, planche neuvième), sur laquelle est chaussé à frottement ferme, mais pouvant glisser sous la poussée de l’ongle, un tube C, terminé vers le bas par un appendice. Sur cet appendice est montée une petite équerre d, qu’on fait avancer ou rétrograder au moyen d’une petite vis de rappel fixée dans l’appendice. La direction dans un plan vertical de l’équerre est assurée par la présence de la cheville n et de la glissière ij, qui embrasse le tube par ses deux fourchons.

Le bras en retour d’équerre s reçoit un doigt, qu’on remplace par un autre au besoin, et qu’on fixe par une petite vis de pression.

Le lecteur a sans doute déjà compris l’usage de ce petit appareil.

Après qu’il a fixé en s un bouton de dimensions semblables à celui de l’échappement dont il veut vérifier les fonctions, il présente le pivot du balancier au creux de l’extrémité de a, et, les deux pivots tenus ainsi bout à bout, il devient facile d’obtenir, par la vis d, la parfaite correspondance du doigt du balancier et du doigt de l’outil.

Le reste de l’opération s’explique par le simple examen de l’outil : le pivot a, reposant au centre de la petite creusure, dit ehuÜier, du trou du pivot du balancier, et la tige ab maintenue bien perpendiculaire à la platine de la montre, on fait manœuvrer l’ancre en tournant cette tige, tout comme le ferait le bouton du balancier.

La tige ab ne doit pas être trop courte: on ne pourrait alors vérifier que difficilement la parfaite perpendicularité de l’outil, qu’il faut léger et construit avec précision.

Plantage de l’échappement.

781. Le pivotage et la mise en place n’olïrent d’autre difficulté que de bien déterminer la position des portées ou des extrémités des pivots. On y parvient sans peine en se conformant aux indications contenues dans les articles 473 et 474, etc.

CAUSES DES ARRÊTS ET VARIATIONS

ï* églage du plat au pendu.

782. Dans le travail courant, les instructions de l’article 431 suffiront; et pour régler en quelques heures, on consultera le n° 432 et les suivants.

Quant au réglage des montres de qualité supérieure, voir l’article qui traite particulièrement du réglage, dans la Troisième partie de cet ouvrage.

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