L’arrêt-au-doigt provient d’une des causes suivantes
1° Force motrice trop faible; défaut qui a sa source, soit dans des engrenages défectueux, soit dans le peu de force du ressort moteur.
Ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, à moins d'une bonne force motrice., l’échappement à ancre ne réussit pas très-bien.
'•2° Les surfaces frottantes des bras de l’ancre et des dents de la roue mal polies. Ces défauts nuisent beaucoup à l’étendue des vibrations du balancier.
3° Le tirage trop considérable, soit sur un seul bras, soit sur les deux.
A0 La levée totale trop étendue. L’action de la fourchette se faisant dans une direction de plus en plus oblique à celle du bouton, la force dont cette fourchette est animée se perd par décomposition; et plus la levée est grande, plus l’action efficace sur le bouton devient faible, tandis que la résistance de celui-ci augmente. Avec 60° de levée, la résistance du bouton est déjà grande vers la fin de cette levée.
5° Des plans inclinés (soit ceux des becs de l’ancre, soit ceux des dents de la roue), ayant une hauteur insuffisante. La dent butte sur le repos au lieu de se présenter sur le plan incliné du bras.
Cet arrêt-au-doigt peut ne se produire que sur un des bras de l’ancre et avoir pour cause un spiral dont le piton aurait été mal repéré. -
6° L’entaille de fourchette mal polie; le doigt frotte alors avec beaucoup de rudesse.
7° L’entaille de fourchette trop étroite et où le doigt est gêné, ce qu peut également provenir d’un doigt collé en biais ou d’un doigt trop gros.
8° L’ensemble de l’échappement, roue, ancre, fourchette, plateau, et surtout balancier trop massif et trop lourd ; ce défaut est malheureusement très-commun dans les ouvrages de plusieurs fabriques suisses.
Ont été omises les causes d’arrêt provenant, soit de l’absence de l’huile aux points de contact où sa présence est nécessaire, soit de l’épaississement ou de la trop grande abondance de cette huile.
Plateau trop grand,— trop petit, — mal rond,— mal poli.
785. Le plateau trop grand ne laisse pas un jour de sûreté suffisant entre le rebord et le dard.
3 AU SES DES ARRÊTS ET VARIATIONS
Avec le plateau trop petit, lorsque l’ancre, par l’effet d’une secousse, se détache de son plot d’appui, la fourchette renverse et passe de l’autre côté ; ou, si le plateau ne permet pas tout à fait à la fourchette de renverser, le contact du dard et du rebord du plateau se fait tellement près de la ligne des centres qu’il donne naissance à un frottement très-dur, et qui peut très-bien faire arrêter la montre de temps en temps.
Le plateau mal rond présente à certains endroits les inconvénients du plateau trop grand, et à d’autres les inconvénients du plateau trop petit.
Le rebord du plateau, s’il est carré ou mal poli, occasionne, par les contacts accidentels, un frottement assez âpre pour produire l’arrêt de la machine de temps à autre.
La présence de l’huile au bord du plateau, et par suite au^îard, suffit pour dérégler une montre.
Dard trop long,— trop court,— trop évasé.
7 86. Fréquemment, ce n’est pas le plateau qui est trop grand ou trop petit, mais bien le dard qui est trop long ou trop court.
S’il est trop long, on le raccourcit avec précaution , c’est-à-dire en conservant son angle bien au milieu de l’entaille delà fourchette; autrement, quand l’ancre s’appuierait sur ses plots, ce dard serait éloigné du plateau plus d’un côté que de l’autre.
L’angle du dard et ses deux faces latérales doivent être parfaitement polis et toujours très-secs.
Si le dard (comme celui vu en F, fig. 2, planche septième) est trop court et qu’on ne puisse refaire le plateau, on enlève le sommet de l’angle pour lui substituer une goupille fine, assez solide, et suffisamment avancée vers le plateau pour ne laisser entre eux deux que le jour nécessaire.
Quelques rhabilleurs, après avoir détrempé la fourchette, et au moyen d’ une lime à fendre les vis, fendent le coin en travers vers sa base, c’està-dire en séparant le sommet du triangle de la base, et jusqu’aux trois quarts de l’épaisseur totale; puis, en frappant sur un tournevis entré aux deux tiers de la fente, ils poussent un peu en avant le sommet de l’angle. Ce moyen est dangereux.
Le dard ne doit pas être évasé, c’est-à-dire trop large; il ne doit jamais toucher que par son extrémité au contour du plateau.
S’il a la forme vue en r, figure 2 ( planche huitième), on peut l’allonger en le forgeant avec un petit noinçon en panne de marteau.