‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 231 sur 553 · ÉC TI A P TE ME NT A ANCRE · texte numérisé non relu

ÉC TI A P TE ME NT A ANCRE

Entaille de fourchette trop étroite, — trop large.

787. L’article 784 — 7° nous a montré les inconvénients de l’entaille étroite.

La fourchette , pendant l’impulsion, agit d’autant moins longtemps sur le bouton que la différence entre la largeur de l’entaille et la grosseur de ce bouton est plus grande, et la force du choc entre les deux pièces augmente en raison du jeu laissé au bouton entre les parois de l’entaille.

La trop grande largeur de l’entaille est aussi quelquefois la cause qt^ l’angle de l’échancrure du plateau pousse le dard de l’ancre, ce qu’il faut éviter avec le plus grand soin.

l.e contact d’impulsion de la fourchette trop court.

788. Ce cas provient de ce que les inclinés des bras n’ont pas une suffisante hauteur, ou de ce que le bouton a trop de jeu dans l’entaille de la fourchette; parfois il en résulte que vers la fin de l’impulsion c’est le plateau qui pousse le dard, effet désastreux , et qui rend impossible le réglage de la montre.

Il faut bien se souvenir que le bouton, pendant toute la durée de l’impulsion, c’est-à-dire jusqu’au repos sur le plot, doit être constamment pressé par la même paroi de l’entaille, et que ce bouton ne doit avoir aucun contact avec la corne et la paroi opposées, soit pendant l’impulsion, soit à la sortie de l’entaille.

Inclinés trop élevés, — on trop bas.

789. Avec trop de hauteur aux inclinés, soit ceux des bras de l’ancre, soit ceux des dents de la roue, les repos sur les bras sont réduits à rien. Avec des inclinés trop bas, les repos sont trop profonds et l’impulsion est presque nulle. (La demi-levée réelle ne doit jamais être moindre de 5°, ni plus de 8° du mouvement angulaire de la fourchette.)

La levée totale trop grande, — trop petite.

790. On sait les inconvénients qui résultent d’une levée totale trop grande (784 — 4°).

Quant à une levée totale trop courte, elle est causée, soit par des centres trop éloignés, des inclinés d’ancre trop peu élevés, soit par un bouton placé trop loin du balancier ; c’est l’inverse du cas de trop forte

CAUSES DES ARRÊTS ET VARIATIONS

levée. Si le mouvement angulaire de la fourchette est suffisant, il faut alors changer la position du doigt, c’est-à-dire rapprocher le bouton du centre de l’axe et replanter le balancier à la place convenable (716, etc.)

Trop ou trop peu de tira are.

791. Beaucoup de tirage, surtout s’il se produit sur un long repos, exige un balancier très-lourd et une grande force motrice.

Avec peu de tirage et un court repos, l’ancre se détache facilement du plot, surtout quand le porteur de la montre va à cheval.

Ainsi qu’on l’a vu, si le tirage est très-fort, on borne le repos (1° 1/2 à 2°); si le tirage'est faible, on augmente la longueur de ce repos (3° à 4°); mais il faut se souvenir que, plus le repos est long, et plus l’ancre offre de résistance à l’action du dégagement.

Trop de pénétration sur les repos et trop de tirage sont toujours une cause de perturbation dans la marche de l’échappement.

I^es chutes trop grandes.

792. La grandeur absolue des chutes est en raison du recul et de la longueur des repos; c’est donc en bornant au strict nécessaire ces deux quantités qu’on peut réduire les chutes à être les moindres possibles.

L’ancre trop ouvert ou trop fermé , les becs de l’ancre trop étroits, ainsi que les dents de la roue, augmentent la grandeur des chutes, et, ajoutant à la quantité inévitable due au tirage, forment ces énormes chutes que l’on remarque dans un grand nombre d’échappements qui nous viennent des fabriques.

Quand la chute est forte sur la levée rentrante et qu’elle est nulle sur la levée sortante , c’est que l’ancre est trop fermé; si c’est le contraire qui a lieu, c’est que l’ancre est trop ouvert , etc. (778).

Des chutes trop grandes, mais égales sur les deux levées, sont l’indice que les dents de la roue ou les bras de l’ancre n’ont pas une suffisante largeur.

Des chutes trop fortes seulement d’un côté indiquent aussi parfois qu’un des bras est trop court ou trop étroit, et vice versa.

Les chutes inégales ne peuvent exister que par le fait d’une roue qui n’est pas ronde ou dont la division n’est pas juste.

L’inégalité de l’étendue des repos sur un bras a la même origine.

ÉCHAPPEMENT A ANCRE

Peu ou pas de repos.

793. Si la dent tombe au bord de l’incliné, ou même sur cet incliné, la montre pourra bien ne pas s’arrêter, mais elle ne se réglera pas, et sa destruction sera rapide.

Il faut examiner lequel est le plus avantageux, ou de replanter l’ancre, ou de remplacer les levées par d’autres dont les inclinés seraient différents des premiers, ou simplement de décoller les levées primitives pour les faire avancer un peu; mais il faut auparavant se bien rendre compte du changement que l’opération apportera dans l’étendue du mouvement angulaire de la fourchette.

Si l’on fait avancer un peu les levées, on peut au besoin en changer la forme, les incliner plus ou moins, et les repolir ensuite en employant de la poudre de diamant. On trouvera les indications nécessaires pour ce travail délicat dans les articles de l’outillage et du travail des pierres.

Forme défectueuse de l’intérieur des cornes.

794. On rencontre des échappements où la courbe intérieure des cornes est tracée du centre du balancier. Cette forme, que quelques fabricants adoptent afin de pouvoir polir avec un disque, et d’une seule opération, l’intérieur des cornes, est très-défectueuse. Elle présente en saillie l’angle v (fig. 3, planche huitième), qui peut être effleuré par le bouton sans qu’il soit facile de s’assurer si ce défaut existe. Un contact entre cet angle et le devant du bouton peut arrêter net l’échappement.

La courbe des fourchons, nous l’avons déjà dit, doit être telle que, lorsque la fou. chette est dans la position indiquée par la fig. 3 ( planche huitième ), cette courbe soit presque parallèle à la circonférence décrite par le devant du bouton.

Quelques constructeurs la font tout à fait parallèle à cette circonférence et de même rayon (il doit être légèrement plus grand) ; mais il faut alors arrondir, du dedans au dehors, l’extrémité du fourchon, afin que le doigt ne puisse pas, par suite d’un défaut dans le plateau, venir frapper sur pointe de ce fourchon.

Résumé des autres causes d’arrêts et de variations.

795. Les autres causes d’arrêts ou de variations, en outre de celles déjà signalées, soit dans le cours de ce chapitre, soit dans les trois précédents, sont :

Un ancre frottant dans sa creusure, ou ayant si peu de jour entre deux que l’huile des levées s’y glisse.

CAUSES DES ARRÊTS ET VARIATIONS

L’absence de tigeron a l’ancre : l’huile du pivot coule entre l’ancre et le pont.

Les dents de la roue effleurant le centre de l’ancre : elles y laissent de leur huile.

Un ancre qui n’est pas en équilibre sur son axe.

Des dents de roue mal polies, et dont les angles grattent.

Le bouton trop long, frottant au fond de la creusure; trop court, et s’engageant parfois sur la corne par suite de la flexion de la fourchette ou du jeu des pivots.

Le bouton maladroitement collé et penchant en avant, ce qui le fait toucher aux cornes; ou penchant de côté, ce qui est cause que la fourchette chasse l’échancrure du plateau plus loin d’un côté que de l’autre.

Le bouton et les levées gommés peu solidement et remuant en place.

Un plateau placé en biais sur son axe, ce qui arrive assez souvent aux plateaux auxquels on n’a pas conservé un petit canon d’ajustement.

Un mauvais balancier compensateur, et dont les bras, en se contournant, dérangent l’équilibre.

Un balancier compensateur touchant quelque part quand ses bras s’ouvrent pendant les grandes vibrations et par l’effet de l’élasticité de ces bras et de la force centrifuge.

Un spiral dont quelques spires se heurtent par les grandes vibrations.

Un spiral d’inégale force, et qui s’est rendu ou déformé par des vibrations trop étendues.

Une fourchette qui, rapportée sur l’ancre, n’y tient pas solidement.

Une insuffisante largeur a la creusure ou est logée la fourchette, l’épaississement de l’huile, le moindre grain de poussière qui s’interpose entre la fourchette et la paroi de la creusure où s’appuie cette fourchette, suffisent pour arrêter ou gêner la marche.

Il est mieux de faire reposer la fourchette sur deux plots ou goupilles.

L’échancrure du plateau trop grande ou trop petite. Trop petite, elle est cause que le plateau touche ou effleure le coin à la rentrée du bouton; trop grande, il peut arriver qu’une secousse dérange la fourchette avant que le bouton ait pénétré dans l’entaille; il y a contact alors entre le bouton et l’intérieur d’une corne.

Les cornes trop faibles de la base : elles peuvent être faussées par un brusque rebattement du balancier.

ÉCHAPPEMENT A ANCRE

Une fourchette longue et flexible, avec ses plots d’appui mal placés. Elle fléchit par les rebattements un peu violents. Ce défaut acquiert une certaine gravité quand l’ancre prend son point d’appui sur l’axe de la roue (683).

L’huile, qui en coulant le long de la tige de roue d’ancre y produit le collement des bras de la fourchette (X, X;, fig. 1, planche huitièine).

L’aimantation, soit de la roue et des bras d’acier de l’ancre, soit des bras de fourchette et de la tige de la roue, soit de la fourchette d’acier, dans laquelle fonctionne un bouton également d’acier.

Dans les échappements anglais, où l’entaille de la fourchette est remplacée par deux goupilles sur lesquelles agit un doigt-de-levée , il suffit quelquefois de brosser l’ancre d’un mouvement un peu brusque pour fausser ces goupilles et changer toutes les conditions de l’échappement.

Un rebattement violent, quand le balancier est lourd et que les goupilles sont frêles, peut produire un effet identique au précédent, etc. , etc.

On relèvera, dans les causes d’arrêts et de variations des échappements à cylindre, Duplex, etc., les cas applicables àl’échappementàancre.

On fera de même quant aux outils ou procédés pratiques qui peuvent être utilisés pour cet échappement, et qui sont décrits dans la Troisième partie.

NOTES

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