DISPOSITIONS DIVERSES
Les dents de la roue doivent être suffisamment dégagées par derrière et recevoir par devant une inclinaison assez grande pour procurer un tirage qui assure la fixité de la fourchette au repos. Les goupilles plutôt fines que fortes : on peut retrancher la moitié de leur épaisseur, de façon que leur section horizontale soit en demi-cercle. Leurs faces frottantes devraient agir, si l’on voulait une grande précision d’effet, comme des lèvres de cylindre dans l’échappement de ce nom.
En résumé, la simplicité de cette construction est plus apparente que réelle, car elle exige d’assez grands soins d’exécution, autrement ses effets ne sont pas sûrs, et ceux qui ont imaginé de remplacer les chevilles par des rouleaux ou petits galets (Perron l’avait déjà fait en 1798) n’ont fait que la compliquer sans l’améliorer.
Échappements à ancre anglais.
797. Dans l’horlogerie supérieure, l’échappement connu en France et en Suisse sous le nom d’ancre anglais ne diffère guère de ceux représentés dans les planches septième et huitième que par la forme aiguë des dents de sa roue.
Dans la généralité des montres anglaises, l’ancre est à levées couvertes. il est indépendant de la fourchette et se fixe par-dessus. Lafig. 4 ( planche neuvième) nous montre un spécimen du genre, qui lui-même comporte des dispositions de fourchettes différentes.
L’une présente, au lieu du bouton ordinaire, un doigt ou palette, taillée dans le plateau (A, fig. 3, planche neuvième ); l’effet est identique à celui de la disposition adoptée pour l’échappement décrit au paragraphe 799, et offre le même défaut de rapprocher de la ligne des centres le point d’attouchement du dard et du plateau.
L’autre substitue au bouton deux goupilles a, n (fig. 4, planche neuvième) , et implante dans la fourchette, à la place qu’occuperait la pointe du dard., une cheville h , qui en remplit les fonctions.
Ce système donne des facilités dans la fabrication , mais il laisse craindre le dérangement des goupilles par une maladresse d’ouvrier ou par l’effet d’un rebattement un peu violent contre le revers des fourchons. Si l’on emploie des goupilles un peu grosses, il faut un plateau épais, ou bien que les goupilles, reposant sur des portées, soient rivées avec soin, limées par devant, etc., ce qui nécessite un travail équivalent (sinon plus considérable) à celui de l’exécution et de la mise en place d’un bouton triangulaire bien fait.
ÉCHAPPEMENT A ANCRE
Enfin, on pratique encore une troisième combinaison, celle vue en plan en B, fig. 3 (planche neuvième ).
L’extrémité de la fourchette, qui n’est pas entaillée, se termine en dard, avec rouleau correspondant, et sur la fourchette deux chevilles, perpendiculaires à son plan, y tiennent lieu des parois de 1 entaille ordinairement pratiquée. Une palette en queue d’hirondelle, arrondie par devant concentriquement à F axe du balancier, fait l’office du bouton usuel.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces différentes constructions, ni sur quelques autres que l’on rencontre de temps en temps, le lecteur doit être maintenant en mesure d’en porter un jugement éclairé.
Échappement à ancre de M. Cole.
798. Frappé des désordres résultant des secousses qu’amènent dans les montres le rebattement violent du balancier au revers des fourchons, M. J. F. Cole, de Londres, a employé différents moyens d’y remédier.
D’après une description manuscrite dépourvue de figures, nous avions donné de sa disposition, l’interprétation suivante :
La roue d’échappement ayant la forme ordinaire (À, fig. 51), le
Fig. 51.
bras de l’ancre serait taillé comme en o, c’est-à-dire, selon deux plans convergents au point de repos o; os plan de repos, ov plan de répulsion, ou plan ramenant.
Il résulte de cette disposition que, lorsque le bouton vient frapper contre le revers du fourchon, la fourchette cède sous sa pression, le bras o de l’ancre s’enfonce plus profondément, la dent de la roue recule en s’élevant sur le plan ov et quand le bouton a passé outre, cette dent repoussant l’ancre en arrière, revient au point de repos et maintient alors l’ancre dans sa position normale. Les deux plots qui