DES PROPORTIONS ADOPTÉES A DIFFÉRENTES ÉPOQUES
144. THIOUT. — Julien Le Roy et Sully ont donné, dans l’ouvrage de Thiout1, les proportions que leur longue expérience leur avait fait adopter, ainsi qu’une prétendue démonstration de l’échappement. Le paragraphe qui suit est extrait de leur article :
« L’action des dents de la roue d’échappement est ce qui exige le plus de jugement dans la théorie et le plus de délicatesse et de soins dans l’exécution. Trois choses principales, dans cet échappement, doivent avoir de justes proportions entre elles, savoir î la profondeur de l’engrenage des dents de la roue avec les palettes, la forme de ces dents et l’ouverture d’angle des palettes entre elles. »
Puis ce paragraphe est accompagné d’une suite de raisonnements abstraits (quelques-uns peu intelligibles et contenant de notables erreurs) qui sont apportés comme preuves à l’appui du choix des proportions suivantes, que Le Roy et Sully regardaient comme les milieux les plus convenables et les plus propres à éviter les inconvénients des extrêmes.
Inclinaison des dents avec l’axe de la roue, 25° à 27®;
Ouverture des palettes, entre 95° et 100° ;
Profondeur de l’engrenage de l’échappement, 2/3 de la largeur de la palette;
Epaisseur des palettes, moitié du diamètre de la tige de la verge. Elles étaient ainsi entaillées jusqu’au centre de l’axe;
Largeur des palettes, 6/10es de la distance d’une dent à l’autre (ou, plus exactement, 180/302es).
045. FERDINAND BERTHOUD. — « L’échappement à roue de rencontre est le plus propre à mesurer le temps avec précision. (On sait assez le contraire.)
« 11 faut à la roue d’échappement des dents petites et peu distantes entre elles, ce qui réduira la traînée sur la palette et par conséquent le frottement.
« Pour diminuer le recul, il faut mettre peu de dents à la roue de rencontre. Le corps de la verge n’ayant pas changé, les arcs de levée
1. Thiout l’aîné, horloger du due d’Orléans, a publié dans l’année 1741 un Traité d’horlogerie en deux forts volumes. Voici le jugement qu’en porte Moinet :
a L’ouvrage de Thiout est très-mal rédigé, sans doute, et plus détestablement imprimé : les fautes d’orthographe et de ponctuation y produisent de fréquents contre-sens; cependant les connaisseurs peuvent encore y distinguer des idées utiles et quelques jugements assez sains. Les divers défauts de cet ouvrage tiennent en grande partie à son époque. »