DE LA LEVÉE ET DE LA MENÉE
tration de la dent sur la face de repos, reste plus longtemps sensiblement le même (il est bien entendu que cette pénétration doit être suffisante pour que les fonctions soient parfaitement sûres).
830. Dans la pratique, pour donner à la surface du repos l’inclinaison voulue, on fixe la détente sur une plaque disposée à cet effet, et portant une broche perpendiculaire qui sert à centrer la détente dans la position convenable. Le rubis mis en place et la gomme encore chaude, une petite pince qui s’adapte à la broche sert à faire tourner le rubis de la quantité qu’on veut et qui est marquée par un long index que cette pince porte dans le prolongement de sa face appuyée contre la face du repos en rubis. L’extrémité de l’index répond à un arc de cercle gradué.
De l’angle de la levée.
831. La levée dans l’échappement à détente s’opère exactement comme dans l’échappement Duplex. L’ouverture de l’angle est soumise aux conditions énumérées aux articles 96 et suite, 700, 701; on devra les revoir, car nous ne pourrions que nous répéter.
Dans les constructions modernes, supérieures aux anciennes parce qu’une plus parfaite harmonie de l’ensemble a pu être réalisée, l’angle de levée a subi une notable diminution. Il est borné aujourd’hui en moyenne à 45°.
Cette diminution de l’arc de levée , ayant produit une action moins oblique à la ligne des centres, elle a amélioré la menée et le frottement, et a rendu l’échappement moins sensible à l’engourdissement qui provient de l’épaississement des huiles, surtout quand les contacts sont graissés ou que l’huile a gagné ces contacts.
De la menée.
Formes et inclinaison des faces frottantes des dents et de3 palettes d’impulsion.
832. La roue d’Arnold avait ses dents relevées du champ et arrondies de façon à agir sur une palette rectiligne et visant au centre de l’axe, comme une roue d’engrenage ordinaire.
L. Berthoud et Motel employaient la roue à dents aiguës et inclinées; mais la face de la palette, tout en se dirigeant au centre de l’axe, était formée, quant à sa partie frottante, selon une courbe cherchée et d’un assez grand rayon (figure 10, planche neuvième) .
La roue d’Earnshaw est la même que celle de L. Berthoud; seule-
ÉCHAPPEMENT A DÉTENTE. — PRINCIPES
ment, la face des dents est beaucoup plus inclinée, parce que le plan de sa palette prend une direction très-oblique et qui coupe par le milieu l’intervalle entre le bord et le centre de son disque.
Tous les quatre faisaient lever 60° environ.
En supposant le même diamètre extérieur aux roues, nous remarquons, si nous cherchons à connaître leurs mérites respectifs : |
Que la dent d’Arnold s’appuie au repos par un rayon plus court et avec une plus forte pression. L’arrondissage de cette dent fait perdre quelques degrés sur la menée (il faudrait pour produire une même levée un peu plus de grandeur à la roue). On doit avoir une impulsion moins énergique sur le balancier, et il y a à surmonter, pour opérer le dégagement , une résistance plus grande.
La roue de Berthoud agit , sur sa palette légèrement courbe à sa naissance, avec moins de chute à l’entrée en prise, et une vitesse un peu plus grande à la fin de la menée, comparativement à l’action de la roue d’Earnshaw sur sa palette rectiligne très-inclinée. Cette dernière roue tombe avec un peu moins de force sur le repos, mais elle occasionne sur la levée une sorte de tirage qui augmente la pression latérale des pivots du balancier. En outre, la dent ne peut jamais être assez inclinée pour agir par sa pointe ; aussi rencontre-t-on fréquemment des roues de cette espèce dont les faces des dents sont piquées.
833. Les dispositions de L. Berthoud et d’Earnshaw sont considérées, avec raison, comme équivalentes; elles sont supérieures à celles d’Arnold parce que, un peu moins de force étant perdue pour l’effet utile, elles permettent l’emploi d’un balancier plus puissant, et l’arrêt-audoigt est moins à craindre avec ce balancier, puisque le dégagement exige moins de force.
Chacune des deux, à côté de quelques inconvénients, présente des avantages sérieux. Aussi les artistes modernes ont-ils choisi une combinaison mixte, qui concilie aussi bien que possible les deux systèmes. Ils ont adopté assez généralement la palette d’impulsion rectiligne, dirigée de façon à couper perpendiculairement le rayon du plateau vers le quart de la longueur environ (figures 5 et 13, planche neuvième ).
834. L’inclinaison du devant des dents doit augmenter comme l’inclinaison de la palette. Dans la pratique la plus générale, le devant de la dent fait avec le rayon de la roue un angle (A k z. figure 5, planche neuvième) d’environ 27°.
Afin d’augmenter la légèreté de la roue et de laisser aux surfaces frottantes des dimensions suffisantes («i), on creuse la roue de chaque